Vues sur l’Iraq
Que changera-t-il en Iraq après la présidentielle
américaine en novembre prochain ? Presque rien, si le
candidat républicain, John McCain, remportait le
scrutin. Le sénateur de l’Arizona s’est inscrit dans la
continuité de la politique de George W. Bush, en
endossant pleinement la responsabilité de la guerre en
Iraq. Il réaffirme la nécessité de rester en Iraq
jusqu’au « succès » (sic) de la mission américaine,
défini en des termes particulièrement ambitieux,
prévenant contre tout retrait précipité des troupes
américaines.
M. McCain, se présentant comme un « idéaliste réaliste
», estime que les Etats-Unis doivent payer le prix de la
guerre pour éviter de payer encore plus cher plus tard.
Cet ancien de la marine, fils et petit-fils d’amiral,
père d’un marine déployé en Iraq, souligne la nature «
transcendante » de la menace islamiste pour soutenir sa
thèse. Il répondait ainsi à la position développée par
le candidat à l’investiture démocrate, Barack Obama, qui
réclame la fin de l’intervention américaine en Iraq pour
mieux combattre l’organisation terroriste d’Al-Qaëda,
dont la présence dans l’ancienne Mésopotamie est une
conséquence de l’invasion américaine.
Contrairement à M. McCain, les deux candidats à
l’investiture démocrate, Barack Obama et Hillary
Clinton, sont d’accord sur une chose : ils promettent un
désengagement en Iraq s’ils sont élus. Mais c’est M.
Obama qui est en rupture sur de nombreux points avec la
politique étrangère américaine classique. Ses positions
représentent la critique la plus radicale de la
politique suivie depuis des décennies par un candidat
sérieux au poste de président. Défendant l’idée d’un
retrait des soldats américains d’Iraq dans un délai de
16 mois, il suggère de ne laisser sur place qu’un
contingent chargé de protéger les civils américains et
de lutter contre Al-Qaëda.
M. Obama ne se contente pas de réclamer un retrait des
troupes américaines d’Iraq. « Je ne veux pas simplement
mettre fin à la guerre. Je veux mettre fin à l’état
d’esprit qui nous conduit d’abord à choisir la guerre »,
a-t-il dit. Mais la fermeté des convictions de M. Obama
a été mise en doute après la « gaffe » d’une de ses
conseillères en politique étrangère — qui a démissionné
depuis — et qui avait affirmé qu’en Iraq le retrait ne
pourrait peut-être pas être aussi rapide qu’annoncé.