Palestine.
La visite de la secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza
Rice, cette semaine en Israël n’a donné lieu qu’à de timides
mesures israéliennes. Rien de conséquent face au drame
palestinien.
De la poudre aux yeux
Sous forte pression américaine, Israël a accepté de retirer
près de 50 barrages routiers en Cisjordanie. Une décision
qualifiée par la secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza
Rice, de « très bon début » pour améliorer la vie
quotidienne des Palestiniens. « Israël va retirer près de 50
barrages pour permettre les mouvements de véhicules entre
les villes de Jénine, Tulkarem, Qalqilya et Ramallah », a
indiqué le ministère israélien de la Défense dans un
communiqué. L’Etat hébreu a également annoncé qu’il
étudierait la possibilité de lever d’ici le mois de mai des
barrages supplémentaires, sur les quelque 500 barricades et
points de contrôle déployés en Cisjordanie. Commentant cette
décision, le premier ministre palestinien Salam Fayyad a
déclaré : « Nous acceptons ces mesures comme autant d’actes
visant à améliorer la vie du peuple et à renforcer la
possibilité de travailler et de construire notre Etat ».
Pour sa part, le président Mahmoud Abbass a accusé samedi
dernier Israël, à l’ouverture du sommet arabe de Damas, de
morceler les territoires palestiniens en cantons isolés pour
empêcher la création d’un Etat. « Les négociations ne
peuvent pas progresser, et ne peuvent même pas continuer, si
les bulldozers israéliens continuent de spolier nos terres
pour y construire des colonies ou si les opérations
militaires israéliennes se poursuivent ». La communauté
internationale doit assumer ses responsabilités et sauver le
processus de paix et réaliser que si Israël continue à saper
les négociations, cela aura des conséquences catastrophiques
sur la région et la paix mondiale. « Les prochains mois
seront décisifs. Arriver à la fin de l’année sans parvenir à
un accord de paix augurera une nouvelle ère de tensions dans
la région », a jugé Mahmoud Abbass.
Par ailleurs, le communiqué du ministère israélien a indiqué
que les forces de sécurité palestiniennes fidèles au
président Mahmoud Abbass déploieraient 700 policiers dans la
zone de Jénine (nord-est de la Cisjordanie), précisant
toutefois que la responsabilité globale de la sécurité
resterait entre les mains d’Israël. L’Etat hébreu a
également accepté d’atténuer les restrictions de déplacement
imposées à 1 500 Palestiniens et d’augmenter le nombre de
permis de travail pour les Palestiniens en Israël, afin de
rééquilibrer l’économie palestinienne. Le ministre israélien
de la défense, Ehud Barak, a également annoncé son intention
d’autoriser la livraison de 25 véhicules blindés russes à
l’Autorité palestinienne, pour renforcer les services de
sécurité du président Mahmoud Abbass face aux islamistes du
Hamas, qui ont pris le pouvoir par la force en juin 2007
dans la bande de Gaza. Les habitants de cette bande sont
soumis depuis la mi-janvier à un blocus d’Israël, en
représailles aux tirs de roquettes sur l’Etat hébreu. A cet
égard, Mme Rice avait indiqué avant son arrivée en Israël
qu’elle souhaitait cette fois-ci faciliter la circulation de
marchandises et de personnes en Cisjordanie pour y améliorer
la situation économique, au moment où de récents sondages
montrent que le soutien au processus de paix s’affaiblit
aussi bien dans la population palestinienne que parmi les
Israéliens.
En effet, la secrétaire d’Etat américaine Rice est arrivée
en Israël pour sa seconde visite depuis le début du mois de
mars afin de relancer la roue des négociations entre le
premier ministre israélien, Ehud Olmert, et le président
palestinien, Mahmoud Abbass, suspendues depuis le début du
mois de mars. « Je suis convaincue que ce qu’il nous faut,
ce sont des progrès tangibles vers une vie meilleure pour
les Palestiniens, au moment même où nous avançons vers la
création d’un Etat », a affirmé Mme Rice.
Mais les décisions israéliennes ont donné un faible espoir
pour relancer les négociations. D’autant plus que se
poursuit la construction dans les colonies juives en
Cisjordanie occupée, qui constitue la principale pierre
d’achoppement des négociations relancées fin novembre à la
conférence internationale d’Annapolis aux Etats-Unis. Ces
négociations font du sur-place également en raison des
violences meurtrières israélo-palestiniennes fin février et
en mars. L’Europe et les Etats-Unis ont pressé Israël
d’ordonner un gel de la colonisation durant ces
négociations, ce que M. Olmert a refusé.
Maha
Salem