Poésie.
Dans son dernier recueil, la jeune écrivaine
Hanane Moufid Fawzi
accompagne ses vers en arabe égyptien de photos de
stars du cinéma égyptien. Un voisinage original.
Complaintes désabusées
Qui
parmi nous ne connaît pas les contes traditionnellement
racontés aux enfants ? De belles histoires comme Cendrillon,
Aladin, Sindbad entre autres. Pas un seul foyer égyptien qui
ne connaisse l’histoire folklorique d’Al-Chater Hassan (le
brave Hassan) où Hassan, ce prince charmant, courageux et
protecteur, conquit le cœur de Set Al-Hosn Wal Gamal (la
plus belle des filles) et se marie avec elle pour
l’éternité. Cependant, ces belles histoires d’amour et ce
côté romantique de la vie n’existent plus dans le monde
d’aujourd’hui selon la journaliste et l’écrivaine Hanane
Moufid Fawzi. « Al-Chater mech Hassan » (le brave n’est pas
Hassan) est le titre du premier recueil de poèmes qu’elle a
écrit en arabe égyptien, mais le cinquième sur la liste de
sa production littéraire, entamée en 2002. « Aujourd’hui le
brave c’est celui qui sait mentir, c’est l’hypocrite. Il se
fait rare de trouver des Hassan », explique-t-elle. Dans ce
recueil, qui reflète un regard assez pessimiste, Hanan
Moufid Fawzi partage avec les lecteurs les amours perdues,
ou les expériences humaines des gens proches d’elle.
D’ailleurs, le deuxième poème dans le livre concerne sa
mère, Amal Al-Omda, et est intitulé « La fille de Omda ».
L’écrivaine, dans ce livre, cherche non seulement l’amour,
le romantisme, mais surtout les valeurs humaines
d’autan. Un travail qui a mis presque trois ans avant de
voir le jour. Mélange de poèmes et de photos en couleurs ou
en noir et blanc des anciens films égyptiens, l’écrivaine
adopte un style différent. « D’un côté, je veux attirer le
regard du lecteur d’où l’utilisation des photos, mais de
l’autre, je veux faire travailler son imagination d’où
l’utilisation des mots à double sens », explique-t-elle.
Hanane Moufid Fawzi, qui a fait des études universitaires de
psychologie en Egypte, puis
obtenu un diplôme en astrologie au Canada, clôture ce
recueil avec des vers assez humoristiques sur les douze
signes du zodiaque.
Shérine
Mounib