Yémen.
Simple et agréable à lire, Quarante visites et mille
histoires du Yémen et son peuple raconte
les multiples facettes d’un pays souvent méconnu.
Civilisation et politique, art et coutumes, Youssef
Al-Chérif en fait un tour d’horizon enthousiasmé.
Le « Pays frère » redécouvert
A
l’âme des martyrs yéménites et des martyrs de l’armée
égyptienne qui ont écrit par leur sang la plus honorable
épopée de défense de la Révolution du Yémen, Youssef
Al-Chérif dédie « Quarante visites et mille histoires du
Yémen et son peuple ». Pourquoi un nouveau livre sur le
Yémen ? L’objectif de l’auteur est en premier lieu de jeter
la lumière sur le vrai rôle joué par l’Egypte, qui
constituait le facteur décisif dans le déclenchement de la
Révolution yéménite en 1962 et qui a contribué à tirer
définitivement le rideau sur une colonisation britannique
commencée depuis 1839. Ce rôle égyptien, célébré par la
génération yéménite de la révolution, a également profité
aux ennemis du « nationalisme arabe », qui ont « assassiné
implicitement la réputation de Gamal Abdel-Nasser », pour
reprendre les termes de l’auteur.
Journaliste qui a assisté à la couverture de tous les
sommets et de toutes les guerres arabes depuis la guerre du
Yémen, passant par les deux guerres de 1967 et 1973, jusqu’à
la guerre d’Iraq, Youssef Al-Chérif est également l’auteur
entre autres de « Le Soudan et son peuple, les secrets de la
politique et de la société », et « Des histoires d’Egypte ».
A travers ses quelque 40 visites en tant que journaliste,
Al-Chérif longe le Yémen du nord au sud pour raconter mille
histoires depuis le royaume de la reine de Saba jusqu’à la
réunification du Nord et du Sud du Yémen. Remontant dans
l’histoire antique, il évoque les racines des liens
économiques et sécuritaires entre l’Egypte et le Yémen, les
deux gardiens stratégiques du nord et du sud de la mer
Rouge. Il signale également des monuments, des statues et
des témoignages assurant l’existence des relations entre la
civilisation pharaonique et yéménite,
avant de jeter la lumière sur le rôle joué par l’Egypte
au Yémen (par l’intermédiaire entre autres d’Amine Al-Raféi,
les Frères musulmans, etc.), puis la visite de Hussein
Al-Chaféi, Anouar Al-Sadate et Salah Salem, les enseignants
aux écoles du Yémen, et la « décision courageuse de l’ancien
président Gamal Abdel-Nasser de soutenir la révolution
yéménite, qui a marqué l’histoire de la nation arabe à
jamais ».
Youssef Al-Chérif ne laisse échapper aucun détail de la vie
au Yémen : Sanaa, ses marchés, ses bâtiments, Aden,
Hadramaout, le romancier Bakathir, la femme yéménite et son
rôle, l’artisanat en argent et les costumes, les émigrés,
les tribus, les armes, le qat, etc. Il a interviewé des
politiques, des romanciers, des artistes, et même le
président Ali Abdallah Saleh.
En un amoureux passionné, il a chanté la vie à « l’Arabie
heureuse ». Comme le dit l’ex-premier ministre yéménite,
Mohsen Al-Aini, dans la préface du livre : « Si l’Egypte est
son premier amour, le Soudan son deuxième, le Yémen est sans
doute son troisième amour ».
Dira
Maurice.