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Déchets Hospitaliers.
Longtemps jetés comme les détritus ordinaires, ils sont
maintenant gérés rigoureusement grâce à une coopération avec le
Danemark. Reportage au Caire, à l’hôpital de Qasr Al-Aïni.
Une plaie moins béante
« Unité des
incinérateurs ». L’énorme pancarte est accrochée à l’un des
portails en fer forgé de l’hôpital Qasr Al-Aïni au Caire,
situé au bord du Nil, non loin du quartier de Manial. C’est
là l’une des unités les plus importantes de cet hôpital
fondé en 1828 à l’époque de Mohamad Ali, avec l’aide de
Claude bey, le fameux médecin français. En pénétrant dans
cette unité, on découvre sur la droite deux incinérateurs
dont la capacité unitaire et quotidienne de traitement des
déchets est de 150 kg/heure, soit 3 tonnes par jour. « Le
fonctionnement des incinérateurs passe par plusieurs étapes
: la 1re consiste à incinérer les déchets solides et dans ce
cas les fours fonctionnent à une température de 800°. La
seconde consiste à réduire les cendres à une température de
1 000°. Une fois ces deux opérations terminées, la troisième
étape commence à une température de 170° dans le but de
rafraîchir le contenu des incinérateurs », déclare
l’ingénieur Abdel-Raouf, responsable à l’unité.
Toujours à l’entrée de l’unité, mais à gauche, des camions
sur lesquels sont chargés des conteneurs jaunes remplis de
sacs en plastique rouge et noir provenant de différents
départements de l’hôpital. Chaque sac est solidement fermé.
« Les déchets dangereux susceptibles de nuire à la santé et
à l’environnement (coton, compresses polluées …) sont
collectés par le personnel de propreté et déposés dans les
sacs rouges. Tandis que les déchets ordinaires (papier,
feuilles, kleenex …) sont déposés dans les sacs noirs »,
indique un des employés en transférant les déchets vers
l’incinérateur. Le Dr Bahira Lotfi, vice-directrice de
l’unité, souligne cependant que l’idée d’installer des
incinérateurs n’est apparue qu’en 1996. « Avant et quelques
années après cette date, le personnel de nettoyage et de
propreté de l’hôpital collectait les déchets à la main.
C’est pourquoi nous avons découvert que nombre de ces
personnes étaient contaminées par le virus de l’hépatite C
et autres maladies contagieuses. En plus, il était fréquent
de trouver les déchets hospitaliers dangereux traîner dans
les rues », se rappelle-t-elle. Pour mettre fin au problème
de ces déchets hospitaliers, les ministères de
l’Environnement et de la Santé, en coopération avec une
assistance danoise, ont élaboré une étude en 1997, et se
sont mis d’accord pour implanter en 2000 deux incinérateurs
à l’hôpital Qasr Al-Aïni. « Début 1999, on a envoyé une
équipe de médecins et d’infirmiers de l’hôpital Qasr Al-Aïni
au Danemark pour une formation de deux semaines », ajoute le
Dr Bahira.
2 L.E./kilo pour incinérer les déchets
Depuis, la politique de gestion des déchets hospitaliers se
développe dans cet hôpital qui compte 4 800 lits produisant
chacun entre 0,2 et 0,4 kg de déchets par jour. « Une équipe
d’agents de nettoyage est chargée de récupérer et d’envoyer
par un ascenseur spécial les sacs rouges dans une grande
salle au deuxième étage avant de les incinérer. Les sacs
noirs sont remis aux éboueurs », explique le Dr Mohamad
Al-Batanoni, directeur de l’unité, tout en ajoutant que les
aiguilles et les seringues sont détruites dans un appareil
spécial. Mais les incinérateurs de Qasr Al-Aïni traitent
aussi les déchets de nombreux autres hôpitaux et cliniques.
« La récupération des déchets coûte pour les cliniques 250
L.E. la 1re année, et 150 L.E. les années suivantes. Pour
les hôpitaux, les centres médicaux ou les laboratoires, ce
sont 500 L.E. pour la 1re année, et 300 L.E. pour les
suivantes. En outre, il faut compter 2 L.E./kilo pour
incinérer les déchets », selon l’ingénieur Abdel-Raouf. En
fait, la capacité de l’Unité d’incinération de Qasr Al-Aïni
s’élève à 40 tonnes par mois. Son camion spécialisé fait sa
tournée deux fois par jour pour collecter les déchets
dangereux des différents hôpitaux. Selon Atef Yaacoub,
responsable du département d’inspection au sein de l’Agence
Egyptienne pour les Affaires de l’Environnement (AEAE), une
tournée d’inspection mensuelle est aussi effectuée par l’AEAE
pour s’assurer que le processus d’incinération est
respectueux des normes environnementales : « Nous utilisons
des équipements modernes pour mesurer les échappements des
incinérateurs et s’ils sont conformes ou pas aux normes de
la loi sur l’environnement numéro 4 de l’année 1994. Si ce
n’est pas le cas, nous demandons que le problème soit résolu
immédiatement », assure Atef Yaacoub.
Manar
Attiya |