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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 12 à 18 avril 2006, numéro 606

 

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Environnement
Déchets Hospitaliers. Longtemps jetés comme les détritus ordinaires, ils sont maintenant gérés rigoureusement grâce à une coopération avec le Danemark. Reportage au Caire, à l’hôpital de Qasr Al-Aïni. 

Une plaie moins béante  

« Unité des incinérateurs ». L’énorme pancarte est accrochée à l’un des portails en fer forgé de l’hôpital Qasr Al-Aïni au Caire, situé au bord du Nil, non loin du quartier de Manial. C’est là l’une des unités les plus importantes de cet hôpital fondé en 1828 à l’époque de Mohamad Ali, avec l’aide de Claude bey, le fameux médecin français. En pénétrant dans cette unité, on découvre sur la droite deux incinérateurs dont la capacité unitaire et quotidienne de traitement des déchets est de 150 kg/heure, soit 3 tonnes par jour. « Le fonctionnement des incinérateurs passe par plusieurs étapes : la 1re consiste à incinérer les déchets solides et dans ce cas les fours fonctionnent à une température de 800°. La seconde consiste à réduire les cendres à une température de 1 000°. Une fois ces deux opérations terminées, la troisième étape commence à une température de 170° dans le but de rafraîchir le contenu des incinérateurs », déclare l’ingénieur Abdel-Raouf, responsable à l’unité.

Toujours à l’entrée de l’unité, mais à gauche, des camions sur lesquels sont chargés des conteneurs jaunes remplis de sacs en plastique rouge et noir provenant de différents départements de l’hôpital. Chaque sac est solidement fermé. « Les déchets dangereux susceptibles de nuire à la santé et à l’environnement (coton, compresses polluées …) sont collectés par le personnel de propreté et déposés dans les sacs rouges. Tandis que les déchets ordinaires (papier, feuilles, kleenex …) sont déposés dans les sacs noirs », indique un des employés en transférant les déchets vers l’incinérateur. Le Dr Bahira Lotfi, vice-directrice de l’unité, souligne cependant que l’idée d’installer des incinérateurs n’est apparue qu’en 1996. « Avant et quelques années après cette date, le personnel de nettoyage et de propreté de l’hôpital collectait les déchets à la main. C’est pourquoi nous avons découvert que nombre de ces personnes étaient contaminées par le virus de l’hépatite C et autres maladies contagieuses. En plus, il était fréquent de trouver les déchets hospitaliers dangereux traîner dans les rues », se rappelle-t-elle. Pour mettre fin au problème de ces déchets hospitaliers, les ministères de l’Environnement et de la Santé, en coopération avec une assistance danoise, ont élaboré une étude en 1997, et se sont mis d’accord pour implanter en 2000 deux incinérateurs à l’hôpital Qasr Al-Aïni. « Début 1999, on a envoyé une équipe de médecins et d’infirmiers de l’hôpital Qasr Al-Aïni au Danemark pour une formation de deux semaines », ajoute le Dr Bahira.

 

2 L.E./kilo pour incinérer les déchets

Depuis, la politique de gestion des déchets hospitaliers se développe dans cet hôpital qui compte 4 800 lits produisant chacun entre 0,2 et 0,4 kg de déchets par jour. « Une équipe d’agents de nettoyage est chargée de récupérer et d’envoyer par un ascenseur spécial les sacs rouges dans une grande salle au deuxième étage avant de les incinérer. Les sacs noirs sont remis aux éboueurs », explique le Dr Mohamad Al-Batanoni, directeur de l’unité, tout en ajoutant que les aiguilles et les seringues sont détruites dans un appareil spécial. Mais les incinérateurs de Qasr Al-Aïni traitent aussi les déchets de nombreux autres hôpitaux et cliniques. « La récupération des déchets coûte pour les cliniques 250 L.E. la 1re année, et 150 L.E. les années suivantes. Pour les hôpitaux, les centres médicaux ou les laboratoires, ce sont 500 L.E. pour la 1re année, et 300 L.E. pour les suivantes. En outre, il faut compter 2 L.E./kilo pour incinérer les déchets », selon l’ingénieur Abdel-Raouf. En fait, la capacité de l’Unité d’incinération de Qasr Al-Aïni s’élève à 40 tonnes par mois. Son camion spécialisé fait sa tournée deux fois par jour pour collecter les déchets dangereux des différents hôpitaux. Selon Atef Yaacoub, responsable du département d’inspection au sein de l’Agence Egyptienne pour les Affaires de l’Environnement (AEAE), une tournée d’inspection mensuelle est aussi effectuée par l’AEAE pour s’assurer que le processus d’incinération est respectueux des normes environnementales : « Nous utilisons des équipements modernes pour mesurer les échappements des incinérateurs et s’ils sont conformes ou pas aux normes de la loi sur l’environnement numéro 4 de l’année 1994. Si ce n’est pas le cas, nous demandons que le problème soit résolu immédiatement », assure Atef Yaacoub.

Manar Attiya

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3 questions à
Hicham Eissa,
directeur du Fonds de protection de l’environnement.

Al-Ahram Hebdo : Grâce à un projet financé par l’Agence Danoise pour le Développement Internationale (DANIDA), des hôpitaux ont été équipés d’incinérateurs. Avez-vous plus de détails ?

Hicham Eissa : Pour mettre fin au problème des déchets hospitaliers, l’Agence Egyptienne des Affaires de l’Environnement (AEAE), le ministère de la Santé en coopération avec DANIDA ont fait une étude en 1997 et se sont mis d’accord pour verser une somme de 5 millions de L.E. au Fonds de protection de l’environnement en vue de fournir des incinérateurs à tous les hôpitaux dépendant du ministère de la Santé dans les différents gouvernorats, afin de les aider à se débarrasser sainement de leurs déchets dangereux. A travers ce projet, 28 incinérateurs dont le coût unitaire s’élève à 170 000 L.E. ont été fournis aux hôpitaux. Ces derniers sont répandus dans différents gouvernorats dont Le Caire, Alexandrie, Assouan, Charqiya, Assiout et d’autres …

Quel est exactement le rôle joué par le ministère de l’Environnement dans ce projet ?

— Avant d’installer un incinérateur, le ministère forme deux comités : l’un avec des représentants du ministère de la Santé et l’autre avec des représentants de l’AEAE. Car, l’une des conditions nécessaires est de se mettre d’accord sur le lieu où serait installé cet incinérateur, qui doit être loin des malades. Le comité doit aussi suivre de près les phases préparatoires à l’installation d’un incinérateur, car cela peut avoir des effets nuisibles sur la santé ou l’environnement.

Les incinérateurs déjà en place depuis près de 8 ans répondent-ils à vos attentes initiales ?

— Ces incinérateurs répondaient à nos ambitions à un moment donné. Mais on a pensé faire évoluer les choses en nous orientant vers l’installation d’une unité d’incinérateurs complète, c’est-à-dire là où l’on peut collecter, stocker, incinérer, transporter les déchets et enfin les enterrer dans des décharges spécialisées. On a réussi à appliquer ce nouveau système dans le gouvernorat de Béni-Souef, en coopération avec le projet danois pour un coût de 2,5 millions de L.E. Nous sommes en train d’en installer un autre dans le gouvernorat d’Ismaïliya avec le même coût.

Propos recueillis par M. A.

 

 




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