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 Semaine du 2 au 8 avril 2008, numéro 708

 

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Grèves. Un de nos lecteurs s’exprime sur le phénomène qui prend de l’ampleur dans toutes les catégories professionnelles d’Egypte et s’étonne qu’en réponse, seules des sanctions sont promises.  

Creuse liberté 

Les ouvriers des usines de tissage de Mahalla, les employés de l’Organisme des impôts, les conducteurs de métro, les ingénieurs, les médecins et dernièrement les professeurs d’université. Toutes ces catégories professionnelles ont choisi la grève comme moyen de revendiquer leurs droits. En fait, ces dernières années, cela est devenu courant d’apprendre qu’une catégorie socio-profesionnelle s’est mise en grève. Les employés de l’Organisme des impôts ont même choisi de vivre et de dormir dans la rue jusqu’à ce que le gouvernement accepte d’améliorer leurs statuts financiers. Certainement, la hausse des prix et les faibles salaires de ceux travaillant dans le secteur public sont les facteurs qui ont poussé ces gens à laisser éclater leur fureur et demander de meilleurs droits. Le discours général d’instauration de la démocratie et de la liberté d’expression a aussi un grand rôle dans ces affaires.

Les ouvriers des usines de tissage à Mahalla ont fait pression sur le gouvernement grâce à leur grand nombre et à leur bonne organisation. Le succès des ouvriers de Mahalla en a encouragé d’autres à prendre le même chemin, mais malheureusement sans recueillir les mêmes résultats. Dans la plupart des cas, l’Etat n’a que deux moyens pour faire face aux grèves : faire des promesses sans les tenir ou menacer les leaders de chaque mouvement. Avec les employés des impôts, le gouvernement a été obligé de répondre à leurs demandes, mais on voit qu’aujourd’hui il ne les exécute pas. Les médecins ont été menacés de sanctions si jamais ils se mettaient en grève et le président de leur syndicat a été menacé de perdre son siège au Parlement. Dans le monde entier, la grève est un moyen légal pour revendiquer des droits. L’Etat doit donc laisser la population s’exprimer et trouver des solutions à ses problèmes. Sinon, qu’il abandonne ses annonces de liberté.

Ahmad Hassan, Le Caire.  

 

Normalisation ou subvention ?  

J’ai été choqué en lisant un article du journaliste Magdi Al-Gallad, rédacteur en chef du quotidien indépendant Al-Masri Al-Yom, sur l’exportation du gaz égyptien vers Israël. Le choc ne vient pas du fait que l’Egypte vend à Israël du Gaz naturel car je sais bien que le principe de normalisation des relations est appliqué par certains responsables et hommes d’affaires en Egypte, mais c’est le fait de vendre le gaz naturel à Israël à des prix beaucoup moins élevés que les prix mondiaux, et ceci pendant 15 ans sans augmentation. Donc je me demande avec Magdi Al-Gallad : est-ce que ce pays a besoin d’une telle réduction ou plutôt devrions-nous dire subvention ? Je sais qu’Israël dépense des milliers pour acheter des armes avec lesquelles il tue les Palestiniens et détruit leurs maisons. Il est vrai aussi que ce contrat a été signé par une compagnie privée, mais l’un de ses actionnaires est la Compagnie nationale égyptienne du pétrole et du gaz, qui possède 10 % du capital de la société. J’espère que ces informations seront fausses ou qu’au moins elles ont été exagérées, et je voudrais que les responsables des instances concernées par cette affaire nous informent de leur authenticité ou non, et si elles sont vraies, j’aimerais savoir ce qui les a poussés à commettre cette faute.

Sabri Ali, Le Caire.  

 

Que manque-t-il à Zamalek ?  

En vérité, tous les amateurs de foot se demandent quels sont les éléments de victoire qui manquent actuellement à la Citadelle blanche ? En apparence, rien ne manque et tout est là : le financement, l’histoire, les fidèles supporters et les joueurs de talent. Mais avec un regard examinateur, on voit que quelque chose ne va pas. Le problème n’est pas technique, le problème est dans les joueurs eux-mêmes. Ces derniers forment une équipe, mais ils ne jouent plus en équipe. Le moral et l’esprit d’équipe leur manquent tellement. Aussi, ils sont devenus de plus en plus égoïstes, et vraiment certains d’entre eux ne méritent ni de porter le maillot blanc ni les cris encourageants des supporters. De plus, ils ont joué leurs derniers matchs avec une indolence étonnante, cachant si mal leur nonchalance et leur insouciance, et récemment ils ont couronné le parcours de leur club au Championnat égyptien par une défaite méritée contre les Rouges (l’équipe Ahli), occupant par excellence la 5e place au classement, tandis que les fans zamalkaouis insatisfaits dans les gradins du stade brûlent de colère et de honte.

Maintenant que toutes les voies sont préparées vers la Coupe d’Egypte, après que Zamalek l’eut emporté sur Haras Al-Hodoud en demi-finales par deux buts à un lors d’un match qui, malgré la victoire, était très médiocre de la part des Blancs. Tout le monde sait que la coupe est le seul championnat qui est à la portée de Zamalek à présent. Vraiment, notre confiance dans l’équipe a tellement baissé. Oui, on a très peur de perdre encore ce titre, parce que ce serait sans doute l’effondrement de nos espérances.

Enfin, j’espère et je souhaite cordialement que tous ceux qui représentent cette grande entité : joueurs, entraîneurs et conseil d’administration finissent vite cette farce et qu’ils ne cherchent que l’intérêt commun de ce club sincèrement et avec enthousiasme, pour qu’il puisse récupérer son prestige et sa position très bientôt parmi les autres et afin de chasser le chagrin et la déception régnant dans les cœurs des millions qui l’adorent en Egypte et dans tout le monde arabe.

Notre amour envers ce club ne cessera jamais, malgré ses échecs et ses longues crises. Parfois, on me demande pourquoi j’aime Zamalek. Quelle question ! C’est comme si on me demandait pourquoi je respire !

Saleh Karam Saleh, Le Caire

 

L’école de droit français du Caire est en deuil 

L’Institut de Droit des Affaires Internationales (IDAI) au sein de l’Université du Caire a perdu le professeur Joël-Pascal Biays, son ancien coordonateur, parti dans la soirée du 13 mars 2008 à l’âge de 55 ans. En dépit de sa relative discrétion dans les débats agitant la presse juridique, peu d’universitaires auront fait autant que lui pour le rayonnement du droit public français dans le monde francophone.

Joël-Pascal Biays, laisse ses bataillons d’anciens et actuels étudiants, parmi lesquels plusieurs étaient devenus des amis. Ils ont été tous fiers d’avoir un tel tribun à leur tête. Il a encouragé beaucoup d’entre nous. Nous aurons à cœur de faire vivre son absence, que l’admiration et la gratitude ne pourront hélas combler. Il avait de la sensibilité envers les autres et son exigence lui donnait toujours confiance . Il nous disait toujours qu’il faut être conscient de ce que l’on peut apporter et de ce que l’on peut partager. Aujourd’hui, nos cœurs sont au paroxysme de ses larmes, mais ce Monsieur, qui est pour nous comme un Père et une marque sacrée qui ne peut effacer son nom et son patrimoine pédagogique, nous reste indélébile. Mais comment oublier ses anecdotes et la manière dont il présentait les professeurs et surtout sa petite expression : « entrez dans mon bureau sans frapper, faites comme si vous étiez dans un moulin » ? Toujours disponible pour écouter les étudiants et les aider à surmonter quantités de difficultés éducatives et sociales, personnellement, je n’oublierai jamais vos emails quand au lieu de me dire que je suis votre étudiant vous me disiez que je suis votre meilleur ami.

Au cours des quatre années qu’il a passées au Caire, Joël-Pascal Biays a redonné à « l’Ecole française de droit du Caire » une belle image. Il y fit venir les meilleurs universitaires français, et prit lui-même en charge nombre d’enseignements. Je l’ai surnommé le gros et grand baobab en droit public, car il nous disait être un chevalier blanc du service public et grand défenseur du droit public. Hélas, ce champion de droit public nous a dit adieux, paix à son âme donc. Nous sommes à Dieu e à Lui nous retournerons. C’est pourquoi je vous rends hommage de cette manière : Mon cher ami et professeur, vous étiez pour moi un présent qui rassure, guérissant mes mauvaises notes d’un seul murmure. Votre départ a l’âcre senteur du malheur. Ami, professeur de ma douleur, de ma peur, vous serez pour moi toujours vivant et jamais je n’oublierai vos conseils, vos belles histoires. Certainement, vous êtes pour moi le meilleur pédagogue que je n’ai jamais eu.

Said Djae Omar, Le Caire.

 




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