Al-Ahram Hebdo, Arts | Briser les carcans
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 Semaine du 2 au 8 avril 2008, numéro 708

 

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Arts

Expositions. Six Egyptiens et Syriens exposent sous le titre « Hors cercle » à Damas, capitale de la culture arabe 2008. 

Briser les carcans 

Découvrir l’autre, aller à sa recherche est aussi une manière de se redécouvrir. Chacun des six plasticiens, prenant part à cette exposition collective, tente de mettre en lumière ses particularités, mais aussi ce qu’il a en commun avec l’autre. L’interaction entre le Même et l’Autre permet aux deux côtés de s’exprimer et d’exister. Sculptures, peintures, vidéos, les styles et les disciplines se confondent dans « Hors cercle », regroupant d’Egypte Asmaa Al-Nawawy (peinture), Hayssam Nawwar (dessin), Ahmad Abdel-Fattah (sculpture) et de la Syrie Nesrine Al-Bokhary (sculpture), Chahine Abdallah (peinture) et Ziyad Halabi (vidéo).

Ce projet, organisé par trois jeunes animateurs culturels (à savoir Elham Khattab, Mohamad Abdel-Dayem et Abir Al-Bokhary), vise à mener un vrai dialogue entre les participants, allant au-delà de l’événement lui-même. Sur ce, un atelier de dix jours a précédé l’exposition. « Hors cercle signifie rompre avec notre entourage. En visitant la Syrie le mois dernier, j’ai remarqué que dans ce pays, il y a pas mal d’artistes et de jeunes talents que l’on ignore. Les nouvelles générations d’artistes égyptiens ne sont pas bien représentées là-bas. La Syrie, un pays plus proche de la Palestine ou de l’Iraq en crise, fait que ces artistes ont une approche différente, une autre manière de voir. Cette initiative aspire en premier lieu à faire sortir les artistes de leurs cercles habituels pour découvrir autre chose », explique Elham Khattab.

Tenue au palais de la culture Bureau Anbar, dans l’ancienne ville, l’exposition montre 45 œuvres, outre les créations résultant de l’atelier. Les tableaux d’Asmaa Al-Nawawy se caractérisent par une touche féminine, celle de la jeune fille égyptienne moderne : les traits du visage, la forme du corps, les détails vestimentaires … En gros, elle dégage une couleur très locale.

Les sculptures abstraites d’Ahmad Abdallah reflètent un rapport d’équilibre, de communication, de conflit, d’harmonie. Un rapport de va-et-vient entre soi-même et les autres.

Quant à Hayssam Nawwar, ils présentent comme d’habitude des personnes égarées. Lithographies ou dessins à crayon, avec un homme accroupi, un autre effrayé, etc. C’est la perte et la dépression des jeunes dans le monde arabe qu’il cherche sans doute à exprimer. Partant encore de cette idée, mais sous un angle plus révolutionnaire, les sculptures de la Syrienne Nesrine Al-Bokhary et les peintures d’Abdallah Chahine mettent en avant des personnages aux traits mutilés. Les sculptures en bronze paraissent alors sans détails. Chez Chahine, l’absence du visage et de quelques parties du corps accentue cet état d’âme.

Les œuvres de Ziyad Halabi mélangent les médias et les matériaux, avec des collages, acryliques, photographies, etc. Il suit la tendance de l’art conceptuel. En septembre prochain, ce sont les artistes syriens qui viendront en Egypte, à leur tour, afin de réaliser d’autres œuvres pour une deuxième exposition prévue au Caire. Une manière d’élargir le cercle ou de déserrer l’étau.

May Sélim

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Du 3 au 10 avril, de 12h à 20h (vernissage à 19h), au palais de la culture, Bureau Anbar à Damas.

 




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