Al-Ahram Hebdo,Arts | Alexandrines réincarnées
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 Semaine du 2 au 8 avril 2008, numéro 708

 

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Arts

Expositions. A travers ses performances et ses peintures, Racha Ragab dégage un cachet très féminin, s’inspirant des œuvres du maître, Mahmoud Saïd (1897-1964). 

Alexandrines réincarnées 

Un beau mélange de musiques, tiré du CD Mozart l’Egyptien. Des compositions de l’Alexandrin Sayed Darwich. Et des improvisations de Hamza Alaeddine. C’est ce qui attire au prime abord vers la salle Al-Hussein Fawzi, au centre Al-Guézira des arts. Dans le couloir permettant d’accéder à la salle, sont étalées des photos-portraits de la jeune artiste Racha Ragab, habillée en Alexandrine traditionnelle. Les postures aussi ne sont pas sans rappeler les toiles de Mahmoud Saïd (1897-1964) : Les Alexandrines, Les filles aux boucles de perle, Femme au mouchoir bleu et surtout Nabawiya. Une performance de 12 minutes, animée par la jeune artiste d’origine nubienne Racha Ragab, ressuscite l’intérieur d’une maison alexandrine à Bahari habitée par les trois modèles-muses de Saïd. On nous fait plonger avec le décor et les lumières feutrées dans les années 1930. « Il s’agit de portraits de femmes ayant marqué le monde féminin. Ce sont leurs accessoires qui sont à la mode de nos jours : turban, boucles d’oreille ... La seule différence, c’est qu’autrefois on était plus romantique. Actuellement, les femmes se ressemblent toutes », explique Racha Ragab, ajoutant : « C’est mon mentor, le chorégraphe Walid Aouni, qui m’a conseillé de ralentir le pas, pour refléter une plus grande douceur et sensualité féminines. Il m’a appris à prendre mon temps. Pour lui, une performance n’a rien à voir avec le théâtre, le cinéma ou la danse moderne. Ce n’est pas une histoire, mais un état, une vision. Elle ne doit pas dépasser les 12 minutes pour écarter toute monotonie ».

Une musique légère fait place aux mouvements onctueux de l’artiste. A un moment donné, on n’entend que le déversement de l’eau dans la cuvette, on respire. La performance s’achève sur Nabawiya, interprétée par Racha Ragab, qui avec un geste de la main lâche son mouchoir et son collier. C’est la fin d’un monde. Parallèlement aux performances, l’artiste-peintre convie les visiteurs à découvrir ses toiles assez féminines, mêlant ancienneté et modernité.

S’inspirant toujours de Mahmoud Saïd, elle agence spontanément des objets collés sur la large surface des toiles. Ces objets esthétiques jouent le rôle « d’accessoires féminins » à l’ancienne : pâtes, papiers dorés ressemblant à des icônes. Ceux-ci rompent avec la monochromie paisible des peintures, usant du jaune, rouge, orange et bleu. L’interaction des couleurs et des ornementations révèle une certaine audace paisible, propre à l’artiste.

Névine Lameï

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Jusqu’au 5 avril, de 10h à 14h et de 17h à 21h (sauf le vendredi), au centre Al-Guézira des arts, 1, rue Al-Cheikh Al-Marsafi, Zamalek.

Tél. : 2737 3298

(performance Live, le 5 avril, à19h30)

 

 




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