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 Semaine du 2 au 8 avril 2008, numéro 708

 

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Arts

Expositions. Farghali Abdel-Hafiz peint des femmes dont il apprécie la force, la sérénité et la tolérance. Des mythes vivants ou disparus qui mélangent passé et présent. 

Une féminité aux couleurs du pays

Ce ne sont guère les formes séduisantes ou la plastique des femmes qui l’intéressent en premier lieu, mais l’image que ces Egyptiennes ont reflétée au fil du temps. Sans vouloir être provocateur ni chercher à déclencher l’ire des conservateurs en déclarant que le port du voile constitue « un retour en arrière », comme l’a fait le ministre de la Culture il y a quelque temps, le peintre trouve quand même le moyen de le dire. Il est évident que pour Farghali Abdel-Hafiz, le mythe de l’émancipation des femmes égyptiennes a été disloqué. Les femmes y sont pour beaucoup. Toujours avec de l’acrylique et du sable sur canevas, l’artiste originaire de Daïrout (en Haute-Egypte) exploite ces trois dimensions picturales pour interroger l’histoire du pays. Cette fois-ci, il le fait à travers la thématique des femmes, leur passé et présent.

On est bien loin de l’époque où les premiers Grecs à visiter l’Egypte furent choqués par l’autonomie accordée aux femmes. En peignant la ville d’Alexandrie, dans une exposition d’il y a quelques années, l’artiste l’avait exprimé en montrant une dame en noir couverte de la tête au pied tournant le dos aux baigneurs. On voyait déjà que ce n’était plus son Egypte. L’image affriolante de la chanteuse Ruby en mini jupe n’est pas non plus pour Abdel-Hafiz la jolie incarnation de la descendante des pharaons.

Ses modèles de femmes, il les puise plutôt dans la vie de tous les jours comme dans les bouquins d’Histoire. C’est un hommage à Cléopâtre, à Néfertiti, à Hatchepsout, à Oum Kolsoum (la diva de l’Orient) qu’il rend avec ses tableaux. Mais jouxtant ces dernières, il y a aussi cette bonne femme simple préparant le thé avec un petit sourire tendre sur les lèvres illuminant son visage. Un peu plus loin, l’on aperçoit l’épouse du pêcheur ramant à ses côtés au quotidien. « Ce n’est pas la femme-objet qui m’inspire. Certains artistes ont peint les femmes qu’ils ont jugées belles, on dirait du bonbon au caramel. Mahmoud Saïd et Mahmoud Mokhtar constituent une exception, car ils étaient très égyptiens dans l’âme. Leurs femmes portaient l’esprit du pays et allaient au-delà de l’esthétisme du corps », indique Farghali Abdel-Hafiz lequel a plongé depuis l’an dernier dans le monde des mythes féminins pour en savoir plus.

La gloire et la chute de Cléopâtre le fascinent. « Cette souveraine ptolémée était beaucoup plus qu’une reine séduisante et avide de pouvoir. Elle était éprise de la culture égyptienne et voulait la répandre partout », dit-il. Néfertiti, avec son long visage, dégage une force spirituelle, elle a instauré avec son époux Akhenaton le culte du Dieu unique. Néfertari prêtait conseil à Ramsès II et prenait la gestion des affaires lorsqu’il s’absentait ou partait en guerre. Hoda Chaarawi est la première à avoir ôté son voile et revendiqué ses droits au début du siècle passé. Oum Kolsoum ralliait les Arabes par sa voix beaucoup plus efficacement que les politiciens. C’est cette force tranquille des femmes qui l’obsède, des femmes qu’il peint souvent avec des clés de la vie (Ankh) dans la prunelle des yeux.

Dalia Chams

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Jusqu’au 16 avril, à la galerie Zamalek.

11, rue Brésil, Zamalek.

Tél. : 2735 1240.

De 10h30 à 21h (sauf le vendredi).

 

 




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