Tennis.
La défaite de l’Egypte (0-5) face à l’Ukraine en match
comptant pour le groupe II de la zone euro-africaine de la
Coupe Davis, du 11 au 13 avril, reflète les insuffisances du
tennis égyptien.
Si loin du monde ...
Dimanche,
13 avril, au club de tennis de Selena, à Cherkasy (Ukraine),
l’Egypte s’incline en groupe II de la zone euro-africaine de
la Coupe Davis. Les 4 joueurs égyptiens passent à côté du
rendez-vous et perdent la totalité de leurs rencontres pour
concéder à l’Ukraine le score sans appel de 0-5. Face à la
sélection ukrainienne, qui regroupe des tennismen de bon
niveau soutenus par Sergily Stakhovsky, numéro 126 ATP
(Association professionnelle de tennis), l’Egypte n’a pu
aligner que Chérif Sabri, 490e au classement ATP ...
L’absence du meilleur tennisman égyptien, Mohamad Maamoun
(n°272 ATP), blessé, a sans doute affecté le niveau de la
sélection nationale. Mais ce n’est pas la seule raison de
cette débandade. L’Ukraine, qui connaît bien les Egyptiens,
et sait notamment qu’ils préfèrent la terre battue, a choisi
pour l’occasion une surface dure et couverte afin
d’augmenter ses chances face aux Egyptiens. « Sur les courts
durs, la vitesse de la balle augmente et couverts, ils
augmentent le son de la balle, et les Egyptiens ne sont pas
habitués à cela », explique Mohamad Maamoun, qui est resté
en Egypte à cause de sa blessure.
Après cette défaite, la sélection égyptienne doit disputer
un match de repêchage contre l’Irlande. Le vainqueur restera
en groupe II tandis que le perdant jouera la saison
prochaine en groupe III. L’Egypte n’a toujours pas réussi à
atteindre le 1er groupe euro-africain. La meilleure
performance de l’Egypte remonte à 1995, lors des quarts de
finale du groupe II face à l’Angleterre, à Wimbledon. Une
victoire sur l’équipe anglaise aurait alors suffi à
propulser les Egyptiens dans le groupe I euro-africain. Mais
face aux Anglais, la mission était presque impossible.
En effet, la situation du tennis en Egypte n’est pas des
plus glorieuses. Le niveau des Egyptiens se situe toujours
entre les groupes II et III euro-africains. Il faut dire que
cet état de choses n’est pas étonnant, puisque le nombre de
tennismen inscrits à la Fédération égyptienne n’est que de
800. Un chiffre minime qui n’aide pas au développement de ce
sport. La raison de ce manque d’intérêt pour le tennis est
que ce sport coûte cher, tant du point de vue équipement
qu’entraînement. « C’est le manque de moyens financiers qui
est à l’origine de tous les problèmes. Le manque de courts
de tennis en Egypte joue également un grand rôle, notamment
les surfaces dures. Mais aussi manque d’entraîneurs
qualifiés », déplore Moustapha Maamoun, responsable des
médias à la Fédération égyptienne. Les paroles de ce dernier
contredisent cependant la tendance de ces dernières années
qui veut que les hommes d’affaires s’impliquent dans le
développement de cette discipline. Quatre académies privées
ont été crées en Egypte. Aujourd’hui, il existe les clubs
Smash, Wadi Degla, Palm Hills et Ahmad Al-Gamal Camp. Ces 4
clubs sont à l’origine des académies de tennis fondées par
des hommes d’affaires. « Le club Smash qui est le plus
ancien ne nous a offert aucun joueur de tennis de talent. Et
aucun de ces clubs ne sponsorise un tennisman de la
sélection nationale », déclare Moustapha Maamoun. Ces clubs
qui, un temps, ont alimenté l’espoir de voir naître une
nouvelle génération de tennismen talentueux, n’ont au final
rien apporté.
Les hommes d’affaires semblent donc rechigner à verser de
l’argent à une discipline qui n’en rapporte pas, et qui
n’est par ailleurs pas populaire en Egypte. Ces clubs se
sont donc cantonnés à l’élite qui pratique ce sport pour le
plaisir. « Nous pourrions améliorer le niveau du tennis
égyptien en organisant des tournois en Egypte. La Fédération
internationale peut offrir à l’Egypte un nombre infini de
tournois Futur et nous pourrions bénéficier du climat
égyptien hivernal et organiser des tournois dans nos
nombreuses stations balnéaires. En fait, j’ai réalisé une
étude et j’en ai conclu que les hommes d’affaires, en
coopération avec le ministère du Tourisme, pourraient gagner
de l’argent en organisant ces tournois », propose Moustapha
Maamoun.
Aujourd’hui, la Fédération égyptienne organise 5 tournois
Futur durant l’année pour les hommes, dotés de 10 000 ou 15
000 L.E., et 3 pour les dames, dotés de 10 000 L.E. Mais la
fédération n’envoie à l’étranger que 2 ou 3 joueurs pour
participer à près de 10 tournois internationaux. Un nombre
de compétitions qui n’est pas suffisant pour que les joueurs
gagnent leur vie. Le seul égyptien qui vit du tennis est
Mohamad Maamoun (n°272 ATP). « J’ai l’ambition de me classer
dans le top 200, ce classement pourra me permettre de gagner
plus d’argent et par la suite améliorer mon niveau », confie
le jeune homme. De la 300e place ATP l’année dernière, il
est arrivé à la 272e place grâce à un stage de préparation
en Espagne où il s’est entraîné avec un bon entraîneur. Deux
joueurs égyptiens, Mohamad et Karim Maamoun, peuvent encore
faire la différence, si on leur en donne les moyens.
Doaa
Badr