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 Semaine du 16 au 22 avril 2008, numéro 710

 

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Sports

Tennis. La défaite de l’Egypte (0-5) face à l’Ukraine en match comptant pour le groupe II de la zone euro-africaine de la Coupe Davis, du 11 au 13 avril, reflète les insuffisances du tennis égyptien.

Si loin du monde ...

Dimanche, 13 avril, au club de tennis de Selena, à Cherkasy (Ukraine), l’Egypte s’incline en groupe II de la zone euro-africaine de la Coupe Davis. Les 4 joueurs égyptiens passent à côté du rendez-vous et perdent la totalité de leurs rencontres pour concéder à l’Ukraine le score sans appel de 0-5. Face à la sélection ukrainienne, qui regroupe des tennismen de bon niveau soutenus par Sergily Stakhovsky, numéro 126 ATP (Association professionnelle de tennis), l’Egypte n’a pu aligner que Chérif Sabri, 490e au classement ATP ... L’absence du meilleur tennisman égyptien, Mohamad Maamoun (n°272 ATP), blessé, a sans doute affecté le niveau de la sélection nationale. Mais ce n’est pas la seule raison de cette débandade. L’Ukraine, qui connaît bien les Egyptiens, et sait notamment qu’ils préfèrent la terre battue, a choisi pour l’occasion une surface dure et couverte afin d’augmenter ses chances face aux Egyptiens. « Sur les courts durs, la vitesse de la balle augmente et couverts, ils augmentent le son de la balle, et les Egyptiens ne sont pas habitués à cela », explique Mohamad Maamoun, qui est resté en Egypte à cause de sa blessure.

Après cette défaite, la sélection égyptienne doit disputer un match de repêchage contre l’Irlande. Le vainqueur restera en groupe II tandis que le perdant jouera la saison prochaine en groupe III. L’Egypte n’a toujours pas réussi à atteindre le 1er groupe euro-africain. La meilleure performance de l’Egypte remonte à 1995, lors des quarts de finale du groupe II face à l’Angleterre, à Wimbledon. Une victoire sur l’équipe anglaise aurait alors suffi à propulser les Egyptiens dans le groupe I euro-africain. Mais face aux Anglais, la mission était presque impossible.

En effet, la situation du tennis en Egypte n’est pas des plus glorieuses. Le niveau des Egyptiens se situe toujours entre les groupes II et III euro-africains. Il faut dire que cet état de choses n’est pas étonnant, puisque le nombre de tennismen inscrits à la Fédération égyptienne n’est que de 800. Un chiffre minime qui n’aide pas au développement de ce sport. La raison de ce manque d’intérêt pour le tennis est que ce sport coûte cher, tant du point de vue équipement qu’entraînement. « C’est le manque de moyens financiers qui est à l’origine de tous les problèmes. Le manque de courts de tennis en Egypte joue également un grand rôle, notamment les surfaces dures. Mais aussi manque d’entraîneurs qualifiés », déplore Moustapha Maamoun, responsable des médias à la Fédération égyptienne. Les paroles de ce dernier contredisent cependant la tendance de ces dernières années qui veut que les hommes d’affaires s’impliquent dans le développement de cette discipline. Quatre académies privées ont été crées en Egypte. Aujourd’hui, il existe les clubs Smash, Wadi Degla, Palm Hills et Ahmad Al-Gamal Camp. Ces 4 clubs sont à l’origine des académies de tennis fondées par des hommes d’affaires. « Le club Smash qui est le plus ancien ne nous a offert aucun joueur de tennis de talent. Et aucun de ces clubs ne sponsorise un tennisman de la sélection nationale », déclare Moustapha Maamoun. Ces clubs qui, un temps, ont alimenté l’espoir de voir naître une nouvelle génération de tennismen talentueux, n’ont au final rien apporté.

Les hommes d’affaires semblent donc rechigner à verser de l’argent à une discipline qui n’en rapporte pas, et qui n’est par ailleurs pas populaire en Egypte. Ces clubs se sont donc cantonnés à l’élite qui pratique ce sport pour le plaisir. « Nous pourrions améliorer le niveau du tennis égyptien en organisant des tournois en Egypte. La Fédération internationale peut offrir à l’Egypte un nombre infini de tournois Futur et nous pourrions bénéficier du climat égyptien hivernal et organiser des tournois dans nos nombreuses stations balnéaires. En fait, j’ai réalisé une étude et j’en ai conclu que les hommes d’affaires, en coopération avec le ministère du Tourisme, pourraient gagner de l’argent en organisant ces tournois », propose Moustapha Maamoun.

Aujourd’hui, la Fédération égyptienne organise 5 tournois Futur durant l’année pour les hommes, dotés de 10 000 ou 15 000 L.E., et 3 pour les dames, dotés de 10 000 L.E. Mais la fédération n’envoie à l’étranger que 2 ou 3 joueurs pour participer à près de 10 tournois internationaux. Un nombre de compétitions qui n’est pas suffisant pour que les joueurs gagnent leur vie. Le seul égyptien qui vit du tennis est Mohamad Maamoun (n°272 ATP). « J’ai l’ambition de me classer dans le top 200, ce classement pourra me permettre de gagner plus d’argent et par la suite améliorer mon niveau », confie le jeune homme. De la 300e place ATP l’année dernière, il est arrivé à la 272e place grâce à un stage de préparation en Espagne où il s’est entraîné avec un bon entraîneur. Deux joueurs égyptiens, Mohamad et Karim Maamoun, peuvent encore faire la différence, si on leur en donne les moyens.

Doaa Badr

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