Al-Ahram Hebdo, Sports | En mal d’inspiration
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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 16 au 22 avril 2008, numéro 710

 

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Sports

Football. Petrojet, puissance montante de la saison dernière, accuse une baisse de niveau qui l’a fait chuter à la sixième place de l’actuel championnat. Les hommes de Mokhtar Mokhtar subissent notamment l’absence de leur attaquant Alaa Ibrahim.

En mal d’inspiration

Deuxième avec 29 points à la fin des 15 journées des matchs aller, Petrojet a chuté à la sixième place du classement, n’ayant récolté que 7 points en 8 journées après la reprise. La défaite face à Ahli jeudi dernier, 1-3, lors de la 23e journée, est la cinquième dans le dernier tour où ils n’ont arraché que deux victoires et concédé un nul. Une terrible dégringolade pour cette équipe qui était en pleine montée la saison dernière et que l’on qualifiait déjà prétendant aux premières places du championnat. « La grande pause du championnat national qui s’est étendue sur presque deux mois nous a énormément affectés. Nous étions en grande forme et en pleine lancée avant que cette grande rupture ne nous ramène à la case zéro », explique Mokhtar Mokhtar, l’entraîneur du club.

En effet, la compétition locale a été interrompue le 19 décembre dernier et n’a repris ses droits que le 18 février. Et depuis, l’équipe semble être sur une pente descendante avec un médiocre bilan en championnat sans compter son élimination des quarts de finale de la Coupe d’Egypte par Haras Al-Hodoud. L’administration a décidé de bloquer tous les paiements des joueurs et de leur imposer de lourdes sanctions pécuniaires dans l’objectif de les motiver et de remettre l’équipe sur les rails. L’entraîneur adjoint Mahmoud Saleh admet que ses joueurs sont en perte de forme, mais évoque d’autres circonstances aussi. « Nous n’avions pas été si mauvais dans ce deuxième tour, mais la chance nous a manqué. Il y a plusieurs matchs que l’on méritait de gagner, mais finalement on en ressortait avec rien. Par ailleurs, plusieurs joueurs sont perturbés par les nombreuses négociations des autres clubs notamment Ahli, Zamalek et Ismaïli qui sont à la chasse de nos meilleurs atouts ». Les milieux Hussein Ali, Walid Soliman, Ahmad Chaabane, Mohamad Coffi, le latéral Ossama Mohamad, le défenseur Hicham Al-Noubi et bien sûr l’attaquant-vedette de l’équipe Alaa Ibrahim sont sur les tablettes de plusieurs équipes. L’absence de ce dernier a d’ailleurs été fatale à l’équipe. Ibrahim, 32 ans, est le buteur de l’équipe et du championnat avec 14 buts. L’ancien attaquant d’Ahli est hors d’action depuis la reprise du championnat pour une série de blessures, et son remplaçant l’Ivoirien, Zica Gouri, n’arrive pas à combler le vide. Sans lui, Petrojet n’a pu marquer que 5 buts lors des 7 derniers matchs alors qu’il maintenait une moyenne de 2,2 buts par match lors des rencontres du premier tour. « Alaa nous manque beaucoup. C’est un attaquant de grande qualité et il possède aussi une large expérience pour regrouper ses coéquipiers dans ce genre de situation », ajoute Saleh. Le staff technique a d’ailleurs pressé son retour à plusieurs reprises, ce qui a aggravé ses blessures et prolongé son absence.

Et contrairement à son attaque qui est la plus forte du championnat jusqu’à présent avec 41 buts, tout comme le leader Ahli, le compartiment défensif souffre de plusieurs lacunes. Petrojet a encaissé 30 buts en 23 rencontres, ce qui ne convient pas du tout à sa position dans le classement. L’équipe joue un football à tendance trop offensive laissant beaucoup d’espaces en défense qui ne possède d’ailleurs pas d’éléments de gros calibres pour résister à la pression. Leurs résultats varient entre victoires et défaites, vu qu’ils n’ont encaissé que trois nuls seulement affichant le plus petit taux du classement égyptien. « Petrojet joue un football esthétique. Je peux même dire que c’est l’équipe qui fournit le plus de spectacle dans le championnat. Mais malheureusement cela ne suffit pas pour remporter des titres et concurrencer avec des puissances expérimentées. Sa défense est trop perméable et l’attaque n’arrive plus à remonter le déficit notamment en l’absence de Alaa Ibrahim », explique Taha Ismaïl, ancien sélectionneur national et actuel directeur du projet Goal, pour le développement du football en Afrique. « Au premier tour, ils ont réalisé un bon impact mais ils n’ont pas changé de stratégie au second tour. Toutes les équipes maintenant ont leurs calculs, il y a celles qui se battent au sommet et d’autres au fond et donc toutes les équipes sont devenues plus prudentes, ce qui a beaucoup limité leur efficacité offensive. Elles devaient aussi mettre leur priorité et changer de stratégie pour réaliser leur objectif », ajoute-t-il.

Il n’est jamais trop tard, les hommes de Mokhtar peuvent encore se ressaisir lors des sept dernières journées du championnat, lorsqu’ils retrouveront leurs meilleurs éléments Alaa Ibrahim et le milieu international Ahmad Chaabane. Bien que sixième, Petrojet compte 36 points et n’est qu’à quatre longueurs d’Ismaïli qui occupe la deuxième place. La formation pétrolière espère récupérer la place du dauphin, derrière le leader Ahli qui est hors de portée avec ses 61 points, pour participer à la prochaine édition de la Ligue des champions d’Afrique mais pas moins que la troisième place pour jouer la Coupe de la CAF.

Karim Farouk

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3 questions à
Alaa Ibrahim, le buteur de Petrojet et du championnat.

« L’équipe souffre d’une grande lacune, la faiblesse de son banc de touche »

Al-Ahram Hebdo : Après un excellent parcours lors des matchs aller du championnat, qui a conduit Petrojet à la première place durant plusieurs journées, Petrojet recule à la 6e place. Comment expliquez-vous cette dégringolade ?

Alaa Ibrahim : Cette dégringolade était prévue. Il est vrai qu’on a réalisé un excellent premier tour. Mais il ne faut pas oublier que cette saison est la deuxième de l’équipe en première division. Et la majorité des joueurs de l’équipe ne possède pas encore l’expérience nécessaire de maintenir leur rythme tout au long du championnat. De même, l’équipe souffre d’une grande lacune, à savoir la faiblesse de son banc de touche. L’équipe ne possède pas de remplaçants à la hauteur des titulaires. Ce qui était clair dans les derniers matchs, où l’équipe a beaucoup souffert de l’absence de certains titulaires pour des raisons différentes, notamment les blessures et les suspensions. Et les remplaçants n’ont pas réussi à combler le vide laissé par l’absence des titulaires. Par ailleurs, après notre excellente performance lors du premier tour, les clubs ont constaté notre puissance et ils sont devenus plus féroces contre nous. Ce qui n’était pas le cas dans le premier tour. 

Malgré ce manque d’effectifs, le club n’a pas beaucoup profité du dernier mercato, ne recrutant qu’un seul joueur, à savoir l’attaquant Tamer Adel. Ne trouvez-vous pas cela étrange de la part d’un club qui possède les moyens financiers nécessaires pour faire un bon recrutement ?

— Cela concerne l’administration du club et je ne suis pas autorisé à juger ses décisions. Mais il faut préciser que le recrutement des bons joueurs dans le mercato est une mission très difficile. Le marché des joueurs en Egypte est assez pauvre et le nombre de joueurs talentueux est très limité. En conséquence, les clubs préfèrent conserver leurs stars et n’acceptent le transfert de ces joueurs que sous les pressions de grands clubs tels Ahli et Zamalek, comme dans le cas de Mahmoud Samir, le milieu de Tersana, et Hani Al-Egueizi, l’attaquant de Baladiyet Al-Mahalla, qui ont été transférés à Ahli en janvier dernier.

En tant que club qui rivalise pour le sommet du championnat, on a besoin de recruter des joueurs du calibre de Samir et Al-Egueizi. Mais, il est très difficile de convaincre un joueur qui possède une offre de transfert pour Ahli de rejoindre Petrojet ...

Mokhtar Mokhtar, le directeur technique de l’équipe, a critiqué les négociations des grands clubs avec ces joueurs et a fait porter la responsabilité du recul de l’équipe à ces négociations. Etes-vous du même avis ?

— Oui, il a complètement raison. Les négociations des grands clubs avec nos joueurs et surtout le trio Ossama Mohamad, Walid Soliman et Ahmad Chaabane, ont beaucoup affecté la concentration des joueurs qui sont apparus complètement déconcentrés durant les entraînements et les rencontres. On peut faire une comparaison entre la performance de ces joueurs lors du premier tour et celle du second tour, la différence est flagrante. Mais à mon avis, ces joueurs ne sont pas fautifs. Ils étaient la proie des pressions. Evoluer dans les rangs d’Ahli et de Zamalek est le rêve de n’importe quel joueur égyptien. Moi même, j’ai subi la même pression quand j’étais joueur à Minya, et je ne pourrai pas décrire ma joie quand Ahli a exprimé son désir de me recruter.

Mais je demande à ces clubs de respecter les contrats des joueurs et d’arrêter leurs négociations tant que ces joueurs sont sous contrat avec Petrojet. D’autant plus que l’administration du club a déclaré qu’elle n’a aucunement l’intention de vendre aucun joueur.

Propos recueillis par
Mohamad
Mosselhi

 




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