|
|
| |
|
Football.
Petrojet, puissance montante de la saison dernière, accuse une
baisse de niveau qui l’a fait chuter à la sixième place de
l’actuel championnat. Les hommes de Mokhtar Mokhtar subissent
notamment l’absence de leur attaquant Alaa Ibrahim.
En
mal d’inspiration |
Deuxième avec 29 points à la fin des 15 journées des matchs
aller, Petrojet a chuté à la sixième place du classement,
n’ayant récolté que 7 points en 8 journées après la reprise.
La défaite face à Ahli jeudi dernier, 1-3, lors de la 23e
journée, est la cinquième dans le dernier tour où ils n’ont
arraché que deux victoires et concédé un nul. Une terrible
dégringolade pour cette équipe qui était en pleine montée la
saison dernière et que l’on qualifiait déjà prétendant aux
premières places du championnat. « La grande pause du
championnat national qui s’est étendue sur presque deux mois
nous a énormément affectés. Nous étions en grande forme et
en pleine lancée avant que cette grande rupture ne nous
ramène à la case zéro », explique Mokhtar Mokhtar,
l’entraîneur du club.
En effet, la compétition locale a été interrompue le 19
décembre dernier et n’a repris ses droits que le 18 février.
Et depuis, l’équipe semble être sur une pente descendante
avec un médiocre bilan en championnat sans compter son
élimination des quarts de finale de la Coupe d’Egypte par
Haras Al-Hodoud. L’administration a décidé de bloquer tous
les paiements des joueurs et de leur imposer de lourdes
sanctions pécuniaires dans l’objectif de les motiver et de
remettre l’équipe sur les rails. L’entraîneur adjoint
Mahmoud Saleh admet que ses joueurs sont en perte de forme,
mais évoque d’autres circonstances aussi. « Nous n’avions
pas été si mauvais dans ce deuxième tour, mais la chance
nous a manqué. Il y a plusieurs matchs que l’on méritait de
gagner, mais finalement on en ressortait avec rien. Par
ailleurs, plusieurs joueurs sont perturbés par les
nombreuses négociations des autres clubs notamment Ahli,
Zamalek et Ismaïli qui sont à la chasse de nos meilleurs
atouts ». Les milieux Hussein Ali, Walid Soliman, Ahmad
Chaabane, Mohamad Coffi, le latéral Ossama Mohamad, le
défenseur Hicham Al-Noubi et bien sûr l’attaquant-vedette de
l’équipe Alaa Ibrahim sont sur les tablettes de plusieurs
équipes. L’absence de ce dernier a d’ailleurs été fatale à
l’équipe. Ibrahim, 32 ans, est le buteur de l’équipe et du
championnat avec 14 buts. L’ancien attaquant d’Ahli est hors
d’action depuis la reprise du championnat pour une série de
blessures, et son remplaçant l’Ivoirien, Zica Gouri,
n’arrive pas à combler le vide. Sans lui, Petrojet n’a pu
marquer que 5 buts lors des 7 derniers matchs alors qu’il
maintenait une moyenne de 2,2 buts par match lors des
rencontres du premier tour. « Alaa nous manque beaucoup.
C’est un attaquant de grande qualité et il possède aussi une
large expérience pour regrouper ses coéquipiers dans ce
genre de situation », ajoute Saleh. Le staff technique a
d’ailleurs pressé son retour à plusieurs reprises, ce qui a
aggravé ses blessures et prolongé son absence.
Et contrairement à son attaque qui est la plus forte du
championnat jusqu’à présent avec 41 buts, tout comme le
leader Ahli, le compartiment défensif souffre de plusieurs
lacunes. Petrojet a encaissé 30 buts en 23 rencontres, ce
qui ne convient pas du tout à sa position dans le
classement. L’équipe joue un football à tendance trop
offensive laissant beaucoup d’espaces en défense qui ne
possède d’ailleurs pas d’éléments de gros calibres pour
résister à la pression. Leurs résultats varient entre
victoires et défaites, vu qu’ils n’ont encaissé que trois
nuls seulement affichant le plus petit taux du classement
égyptien. « Petrojet joue un football esthétique. Je peux
même dire que c’est l’équipe qui fournit le plus de
spectacle dans le championnat. Mais malheureusement cela ne
suffit pas pour remporter des titres et concurrencer avec
des puissances expérimentées. Sa défense est trop perméable
et l’attaque n’arrive plus à remonter le déficit notamment
en l’absence de Alaa Ibrahim », explique Taha Ismaïl, ancien
sélectionneur national et actuel directeur du projet Goal,
pour le développement du football en Afrique. « Au premier
tour, ils ont réalisé un bon impact mais ils n’ont pas
changé de stratégie au second tour. Toutes les équipes
maintenant ont leurs calculs, il y a celles qui se battent
au sommet et d’autres au fond et donc toutes les équipes
sont devenues plus prudentes, ce qui a beaucoup limité leur
efficacité offensive. Elles devaient aussi mettre leur
priorité et changer de stratégie pour réaliser leur objectif
», ajoute-t-il.
Il n’est jamais trop tard, les hommes de Mokhtar peuvent
encore se ressaisir lors des sept dernières journées du
championnat, lorsqu’ils retrouveront leurs meilleurs
éléments Alaa Ibrahim et le milieu international Ahmad
Chaabane. Bien que sixième, Petrojet compte 36 points et
n’est qu’à quatre longueurs d’Ismaïli qui occupe la deuxième
place. La formation pétrolière espère récupérer la place du
dauphin, derrière le leader Ahli qui est hors de portée avec
ses 61 points, pour participer à la prochaine édition de la
Ligue des champions d’Afrique mais pas moins que la
troisième place pour jouer la Coupe de la CAF.
Karim
Farouk
|
|

|
 |
|
3 questions à
Alaa Ibrahim, le buteur de
Petrojet et du championnat.
« L’équipe souffre d’une grande lacune, la
faiblesse de son banc de touche »
Al-Ahram Hebdo : Après un excellent parcours lors des matchs
aller du championnat, qui a conduit Petrojet à la première
place durant plusieurs journées, Petrojet recule à la 6e
place. Comment expliquez-vous cette dégringolade ?
Alaa Ibrahim :
Cette dégringolade était prévue. Il est vrai qu’on a réalisé
un excellent premier tour. Mais il ne faut pas oublier que
cette saison est la deuxième de l’équipe en première
division. Et la majorité des joueurs de l’équipe ne possède
pas encore l’expérience nécessaire de maintenir leur rythme
tout au long du championnat. De même, l’équipe souffre d’une
grande lacune, à savoir la faiblesse de son banc de touche.
L’équipe ne possède pas de remplaçants à la hauteur des
titulaires. Ce qui était clair dans les derniers matchs, où
l’équipe a beaucoup souffert de l’absence de certains
titulaires pour des raisons différentes, notamment les
blessures et les suspensions. Et les remplaçants n’ont pas
réussi à combler le vide laissé par l’absence des
titulaires. Par ailleurs, après notre excellente performance
lors du premier tour, les clubs ont constaté notre puissance
et ils sont devenus plus féroces contre nous. Ce qui n’était
pas le cas dans le premier tour.
— Malgré ce manque d’effectifs, le club n’a pas beaucoup
profité du dernier mercato, ne recrutant qu’un seul joueur,
à savoir l’attaquant Tamer Adel. Ne trouvez-vous pas cela
étrange de la part d’un club qui possède les moyens
financiers nécessaires pour faire un bon recrutement ?
— Cela concerne l’administration du club et je ne suis pas
autorisé à juger ses décisions. Mais il faut préciser que le
recrutement des bons joueurs dans le mercato est une mission
très difficile. Le marché des
joueurs en Egypte est assez pauvre et le nombre de joueurs
talentueux est très limité. En conséquence, les clubs
préfèrent conserver leurs stars et n’acceptent le transfert
de ces joueurs que sous les pressions de grands clubs tels
Ahli et Zamalek, comme dans le cas de Mahmoud Samir, le
milieu de Tersana, et Hani Al-Egueizi, l’attaquant de
Baladiyet Al-Mahalla, qui ont été transférés à Ahli en
janvier dernier.
En tant que club qui rivalise pour le sommet du championnat,
on a besoin de recruter des joueurs du calibre de Samir et
Al-Egueizi. Mais, il est très difficile de convaincre un
joueur qui possède une offre de transfert pour Ahli de
rejoindre Petrojet ...
— Mokhtar Mokhtar, le directeur technique de l’équipe, a
critiqué les négociations des grands clubs avec ces joueurs
et a fait porter la responsabilité du recul de l’équipe à
ces négociations. Etes-vous du même avis ?
— Oui, il a complètement raison. Les négociations des grands
clubs avec nos joueurs et surtout le trio Ossama Mohamad,
Walid Soliman et Ahmad Chaabane, ont beaucoup affecté la
concentration des joueurs qui sont apparus complètement
déconcentrés durant les entraînements et les rencontres. On
peut faire une comparaison entre la performance de ces
joueurs lors du premier tour et celle du second tour, la
différence est flagrante. Mais à mon avis, ces joueurs ne
sont pas fautifs. Ils étaient la proie des pressions.
Evoluer dans les rangs d’Ahli et de Zamalek est le rêve de
n’importe quel joueur égyptien. Moi même, j’ai subi la même
pression quand j’étais joueur à Minya, et je ne pourrai pas
décrire ma joie quand Ahli a exprimé son désir de me
recruter.
Mais je demande à ces clubs de respecter les contrats des
joueurs et d’arrêter leurs négociations tant que ces joueurs
sont sous contrat avec Petrojet. D’autant plus que
l’administration du club a déclaré qu’elle n’a aucunement
l’intention de vendre aucun joueur.
Propos recueillis par
Mohamad Mosselhi
|
|