Al-Ahram Hebdo, Opinion | Priorité au social
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 16 au 22 avril 2008, numéro 710

 

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Opinion
 

Priorité au social

Morsi Attalla

A mon avis, il est grand temps de placer le dossier social, avec toutes les ressources économiques qui lui font défaut, au centre de l’agenda national de travail. Nous devons être pleinement conscients que le degré de croissance sociale est le moteur essentiel du processus de transfert démocratique que nous vivons aujourd’hui.

C’est dans ce contexte qu’émerge la nécessité d’instaurer une entente nationale entre toutes les forces politiques sur le dossier social, qu’il faut impérativement éloigner du tumulte politique et partisan. D’autant plus que ce dossier, dans son importance, dépasse de loin tout jeu de lutte politique. La démocratie que nos rêves caressent depuis longtemps ne peut être obtenue en appliquant aveuglement les critères du libéralisme occidental. Car c’est la solidité et la force de la structure sociale qui déterminent la forme et le genre de celle-ci et qui garantissent sa résistance, son enracinement et sa capacité à survivre et à faire face à toutes les tempêtes.

Je voudrais dire clairement que la croissance sociale est une nécessité et priorité absolue. Cependant, elle dépend en grande partie de notre capacité à reformuler nos programmes économiques tout en étant armés de la flexibilité qui nous permettrait d’instrumentaliser de manière correcte les ressources et notre potentiel dans le sens du développement global. Plus particulièrement le développement agricole qui a besoin de nos ressources, surtout à l’heure où les investissements étrangers ne comptent pas le développement agricole parmi leurs priorités.

Nous devons dès maintenant redémarrer. Il faut un nouveau début sérieux et juste pour déterminer les grandes lignes des moyens et mécanismes garantissant l’application du contenu du programme du président Moubarak en ce qui concerne le dossier social. Cette application doit se faire selon un programme temporel bien déterminé et clair.

S’il est vrai que nous faisons partie d’un climat mondial qui connaît une hausse vertigineuse des prix, en particulier, nous devons faire en sorte d’éviter les maux qui résultent de la mondialisation économique et sociale par un agencement intelligent et adapté de nos problèmes. Un agencement similaire à celui par le biais duquel nous avons accompli la réforme économique avec de moindres fardeaux sociaux dans les années 1980 et 90 du siècle dernier.

Nous devons prouver notre capacité à dépasser ce contexte exceptionnel que la nouvelle donne mondiale nous a imposé. D’une part, il est indispensable de reposer sur un esprit capable de lire le langage contemporain et d’autre part, il faut être vigilant pour ne pas tomber dans le piège de la déprime et du désespoir.

L’Egypte est capable, vu ses expériences passées de crises et circonstances exceptionnelles, d’assimiler la donne qui l’entoure. Elle est également à même de garantir sa stabilité et sa sécurité par l’intermédiaire des politiques économiques et sociales rationnelles, en plus de cadres constitutionnels et juridiques adaptés.

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