Priorité au social
Morsi Attalla
A
mon avis, il est grand temps de placer le dossier social,
avec toutes les ressources économiques qui lui font défaut,
au centre de l’agenda national de travail. Nous devons être
pleinement conscients que le degré de croissance sociale est
le moteur essentiel du processus de transfert démocratique
que nous vivons aujourd’hui.
C’est dans ce contexte qu’émerge la nécessité d’instaurer
une entente nationale entre toutes les forces politiques sur
le dossier social, qu’il faut impérativement éloigner du
tumulte politique et partisan. D’autant plus que ce dossier,
dans son importance, dépasse de loin tout jeu de lutte
politique. La démocratie que nos rêves caressent depuis
longtemps ne peut être obtenue en appliquant aveuglement les
critères du libéralisme occidental. Car c’est la solidité et
la force de la structure sociale qui déterminent la forme et
le genre de celle-ci et qui garantissent sa résistance, son
enracinement et sa capacité à survivre et à faire face à
toutes les tempêtes.
Je voudrais dire clairement que la croissance sociale est
une nécessité et priorité absolue. Cependant, elle dépend en
grande partie de notre capacité à reformuler nos programmes
économiques tout en étant armés de la flexibilité qui nous
permettrait d’instrumentaliser de manière correcte les
ressources et notre potentiel dans le sens du développement
global. Plus particulièrement le développement agricole qui
a besoin de nos ressources, surtout à l’heure où les
investissements étrangers ne comptent pas le développement
agricole parmi leurs priorités.
Nous devons dès maintenant redémarrer. Il faut un nouveau
début sérieux et juste pour déterminer les grandes lignes
des moyens et mécanismes garantissant l’application du
contenu du programme du président Moubarak en ce qui
concerne le dossier social. Cette application doit se faire
selon un programme temporel bien déterminé et clair.
S’il est vrai que nous faisons partie d’un climat mondial
qui connaît une hausse vertigineuse des prix, en
particulier, nous devons faire en sorte d’éviter les maux
qui résultent de la mondialisation économique et sociale par
un agencement intelligent et adapté de nos problèmes. Un
agencement similaire à celui par le biais duquel nous avons
accompli la réforme économique avec de moindres fardeaux
sociaux dans les années 1980 et 90 du siècle dernier.
Nous devons prouver notre capacité à dépasser ce contexte
exceptionnel que la nouvelle donne mondiale nous a imposé.
D’une part, il est indispensable de reposer sur un esprit
capable de lire le langage contemporain et d’autre part, il
faut être vigilant pour ne pas tomber dans le piège de la
déprime et du désespoir.
L’Egypte est capable, vu ses expériences passées de crises
et circonstances exceptionnelles, d’assimiler la donne qui
l’entoure. Elle est également à même de garantir sa
stabilité et sa sécurité par l’intermédiaire des politiques
économiques et sociales rationnelles, en plus de cadres
constitutionnels et juridiques adaptés.