Al-Ahram Hebdo,Monde Arabe | Siniora reprend son bâton de pèlerin
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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 16 au 22 avril 2008, numéro 710

 

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Monde Arabe

Liban. Le pays du Cèdre a célébré cette semaine le 33e anniversaire du déclenchement de la guerre civile dans un climat politique tendu, malgré la tournée du premier ministre Fouad Siniora destinée à solliciter l’aide des pays arabes. 

Siniora reprend son bâton de pèlerin 

C’est dans une ambiance de divisions et de sérieux problèmes politiques que les Libanais ont célébré dimanche le 33e anniversaire du déclenchement de la guerre civile, avec les peurs grandissantes que la situation actuelle ne dégénère en un nouveau conflit. En effet, les divisions entre les différentes communautés ne diminuent guère et l’élection du nouveau chef d’Etat est toujours problématique. C’est dans ce contexte très belliqueux que le premier ministre Fouad Siniora a effectué une tournée destinée à solliciter l’aide des pays arabes. Dimanche, M. Siniora est arrivé à Amman pour une courte visite en Jordanie au cours de laquelle il a examiné avec le souverain jordanien l’évolution de la crise politique au Liban, sans président depuis plus de quatre mois. Le roi Abdallah II de Jordanie a saisi l’occasion pour appeler à une solution à la crise libanaise dans les meilleurs délais, craignant des répercussions sur la stabilité et la sécurité du Moyen-Orient. « La Jordanie soutient les efforts du gouvernement libanais pour trouver une issue acceptable à la crise politique du pays. Si la situation actuelle n’évolue pas, cela pourrait avoir des répercussions sur le Liban mais aussi sur la sécurité et la stabilité de toute la région », a déclaré Abdallah II cité par un communiqué du palais royal.

Bien avant la Jordanie, sa tournée l’a conduit aux Emirats arabes unis ainsi qu’en Egypte. Il a profité de ses rencontres avec les responsables égyptiens pour accuser la Syrie « d’être injuste envers le Liban », ajoutant que « nous nous orientons vers la tenue d’une réunion exceptionnelle des ministres arabes des Affaires étrangères pour poser les problèmes en toute franchise afin de parvenir à une solution fraternelle qui puisse préserver les intérêts arabes ». Le président du Conseil a également martelé, en allusion à peine voilée à Nabih Berri, qu’« il appartient au chef de l’Etat de présider le dialogue national et non à une partie biaisée ». M. Siniora a réitéré son appel aux pays arabes de « régler la crise des relations syro-libanaises que nous voudrions excellentes ». Le président du Conseil a une nouvelle fois averti qu’il est inadmissible de prendre le Liban en otage pour extraire une rançon d’un autre pays frère. « Certaines parties considèrent que (la crise libanaise est la conséquence) d’un conflit syro-saoudien. Mais il ne faut pas exploiter ce problème pour engranger des bénéfices politiques. Il y a un problème entre les deux pays frères. Et ce différend doit être résolu par une action arabe rapide et sérieuse », a-t-il souligné. « Toutes les parties sont d’accord sur le principe de formation d’un gouvernement d’union nationale. Mais ce point doit être évoqué au lendemain de l’élection d’un chef de l’Etat, car le scrutin présidentiel ne doit pas être obstrué par des conditions rédhibitoires », a-t-il également souligné en réponse aux questions des journalistes. Lors d’une conférence de presse qu’il a tenue conjointement avec le premier ministre Fouad Siniora, Amr Moussa a souligné pour sa part que « plusieurs pays arabes, dont la Syrie, l’Egypte et l’Arabie saoudite, seront contactés pour faciliter le déroulement de la médiation arabe et le dénouement de la crise libanaise ». « Nous sommes confrontés à une crise grave des relations syro-libanaises. Nous devons assumer une grande responsabilité face à ce problème. Nous sommes tous au courant des motifs qui ont incité certains pays à ne pas prendre part au sommet », a-t-il en outre noté, en réponse aux questions de la presse.

La question est donc la suivante : les efforts arabes peuvent-ils porter un fruit avant la prochaine session parlementaire pour l’élection du président jusqu’alors reportée 17 fois ? L’incertitude est de taille

Rania Adel

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