Liban.
Le pays du Cèdre a célébré cette semaine le 33e anniversaire
du déclenchement de la guerre civile dans un climat
politique tendu, malgré la tournée du premier ministre Fouad
Siniora destinée à solliciter l’aide des pays arabes.
Siniora reprend son bâton de pèlerin
C’est dans une ambiance de divisions et de sérieux problèmes
politiques que les Libanais ont célébré dimanche le 33e
anniversaire du déclenchement de la guerre civile, avec les
peurs grandissantes que la situation actuelle ne dégénère en
un nouveau conflit. En effet, les divisions entre les
différentes communautés ne diminuent guère et l’élection du
nouveau chef d’Etat est toujours problématique. C’est dans
ce contexte très belliqueux que le premier ministre Fouad
Siniora a effectué une tournée destinée à solliciter l’aide
des pays arabes. Dimanche, M. Siniora est arrivé à Amman
pour une courte visite en Jordanie au cours de laquelle il a
examiné avec le souverain jordanien l’évolution de la crise
politique au Liban, sans président depuis plus de quatre
mois. Le roi Abdallah II de Jordanie a saisi l’occasion pour
appeler à une solution à la crise libanaise dans les
meilleurs délais, craignant des répercussions sur la
stabilité et la sécurité du Moyen-Orient. « La Jordanie
soutient les efforts du gouvernement libanais pour trouver
une issue acceptable à la crise politique du pays. Si la
situation actuelle n’évolue pas, cela pourrait avoir des
répercussions sur le Liban mais aussi sur la sécurité et la
stabilité de toute la région », a déclaré Abdallah II cité
par un communiqué du palais royal.
Bien avant la Jordanie, sa tournée l’a conduit aux Emirats
arabes unis ainsi qu’en Egypte. Il a profité de ses
rencontres avec les responsables égyptiens pour accuser la
Syrie « d’être injuste envers le Liban », ajoutant que «
nous nous orientons vers la tenue d’une réunion
exceptionnelle des ministres arabes des Affaires étrangères
pour poser les problèmes en toute franchise afin de parvenir
à une solution fraternelle qui puisse préserver les intérêts
arabes ». Le président du Conseil a également martelé, en
allusion à peine voilée à Nabih Berri, qu’« il appartient au
chef de l’Etat de présider le dialogue national et non à une
partie biaisée ». M. Siniora a réitéré son appel aux pays
arabes de « régler la crise des relations syro-libanaises
que nous voudrions excellentes ». Le président du Conseil a
une nouvelle fois averti qu’il
est inadmissible de prendre le Liban en otage pour extraire
une rançon d’un autre pays frère. « Certaines parties
considèrent que (la crise libanaise est la conséquence) d’un
conflit syro-saoudien. Mais il ne faut pas exploiter ce
problème pour engranger des bénéfices politiques. Il y a un
problème entre les deux pays frères. Et ce différend doit
être résolu par une action arabe rapide et sérieuse »,
a-t-il souligné. « Toutes les parties sont d’accord sur le
principe de formation d’un gouvernement d’union nationale.
Mais ce point doit être évoqué au lendemain de l’élection
d’un chef de l’Etat, car le scrutin présidentiel ne doit pas
être obstrué par des conditions rédhibitoires », a-t-il
également souligné en réponse aux questions des
journalistes. Lors d’une conférence de presse qu’il a tenue
conjointement avec le premier ministre Fouad Siniora, Amr
Moussa a souligné pour sa part que « plusieurs pays arabes,
dont la Syrie, l’Egypte et l’Arabie saoudite, seront
contactés pour faciliter le déroulement de la médiation
arabe et le dénouement de la crise libanaise ». « Nous
sommes confrontés à une crise grave des relations
syro-libanaises. Nous devons assumer une grande
responsabilité face à ce problème. Nous sommes tous au
courant des motifs qui ont incité certains pays à ne pas
prendre part au sommet », a-t-il en outre noté, en réponse
aux questions de la presse.
La question est donc la suivante : les efforts arabes
peuvent-ils porter un fruit avant la prochaine session
parlementaire pour l’élection du président jusqu’alors
reportée 17 fois ?
L’incertitude
est
de taille
Rania
Adel