Al-Ahram Hebdo, Economie | La soif de titres attendra
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 16 au 22 avril 2008, numéro 710

 

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Economie

Bourse Egyptienne. Est-elle prête à de nouvelles émissions publiques ? La réponse est oui, selon la 2e conférence sur les marchés financiers organisée par le quotidien Al-Mal. Mais le gouvernement veut temporiser.  

La soif de titres attendra 

Le surplus de liquidité sur le marché est à l’affût du lancement de titres et en attendant, le prix des actions des petites sociétés grimpe. Mais la Bourse égyptienne est-elle vraiment prête au lancement de nouveaux titres financiers ? La question est plus que jamais à l’ordre du jour et a été soulevée lors de la deuxième conférence des marchés financiers, organisée les 12 et 13 avril au Caire, par le quotidien égyptien Al-Mal (l’argent). Même si le gouvernement ne semble pas prêt à étancher immédiatement la soif du marché.

Ainsi, la date du lancement du la part publique de la banque d’Alexandrie (15 %) est remise au troisième trimestre 2008. « Cette émission, reportée depuis un an, aura lieu après le lancement de la part publique de la Banque du Caire. Et ce, à condition que les résultats de la banque lors des 9 premiers mois de l’année soient satisfaisants et se reflètent sur la valeur de l’action au moment du lancement, sinon elle sera reportée à la fin de l’année », a annoncé le président de la Banque d’Alexandrie, Mahmoud Abdel-Latif, à l’issue de la conférence. La liste des privatisations à venir comprend aussi l’émission de 10 à 20 % de la société d’assurances Misr en Bourse, une décision qui devrait être prise en mai prochain mais le gouvernement l’a reportée sine die.

Abdel-Latif est un participant parmi d’autres assurant que la période actuelle est propice au lancement de nouveaux titres financiers en raison d’abord de la hausse des liquidités dans le pays. « Aujourd’hui, la valeur quotidienne des échanges dépasse les 2 milliards de L.E. contre 30-40 millions de L.E. il y a 4 ans. Le flux de liquidité sur le marché est énorme et absorbé malheureusement par les actions des petites sociétés. Les cours de ces dernières ne cessent de gonfler, alors que leurs performances restent modestes. Et ce, à cause de l’absence de nouveaux titres financiers », explique Eloui Taymour, directeur général de la société de courtage Pharos, en donnant l’exemple de l’action de la société Al-Arabiya pour l’égrenage du coton, qui est passée de 12 à 24 L.E. en 15 mois. Opinion partagée par Essam Khalifa, directeur du fonds d’investissement Al-Ahli, qui assure que « d’habitude, les sociétés lancent des nouveaux titres quand le marché chute pour le rafraîchir, mais il est nécessaire de prendre cette décision maintenant pour absorber les liquidités présentes », opine-t-il.

En fait, la hausse des liquidités concerne aussi les marchés arabes. « Les pays du Golfe possèdent d’importants surplus, provenant de la hausse des cours du pétrole, et cherchent des opportunités d’investissements », explique Achraf Salmane, directeur du département d’investissement chez Arab Africain Bank (AAB). Il estime nécessaire que l’Egypte exploite ces flux en lançant en Bourse davantage d’actions : « Le secteur du fret des cargos pourrait par exemple tirer profit de la situation actuelle », estime-t-il. Achraf souligne que le marché égyptien compte parmi les meilleures destinations pour les capitaux : « La profitabilité de l’action en Egypte est la meilleure par rapport aux autres marchés émergents. Le ratio cours/bénéfice en Egypte est le troisième après le Maroc et l’Inde selon l’indice Morgan Stanley. Ce qui marque la baisse du niveau de risques. De même, la fluctuation des profits en Egypte est inférieure à d’autres marchés émergents tels ceux de Dubaï et Bahreïn ». 

Eviter les erreurs commises

Les participants à la conférence n’en ont pas moins insisté sur l’importance du rôle des régulateurs et des banques d’investissements dans la promotion des nouvelles émissions pour éviter les erreurs commises lors du lancement d’une partie du capital de Telecom Egypt, il y a 3 ans. La société a vu son action fléchir juste après l’offre publique initiale de 20 % de ses actions, car les petits investisseurs recherchaient des gains rapides. Ainsi, la spéculation a entraîné des pertes subites : « L’Organisme du marché financier doit donc appliquer une législation selon laquelle l’investisseur doit conserver ses actions pendant au moins trois mois. Cela mettra fin à la spéculation et à la chute des cours », dit Hani Tawfiq, le directeur exécutif de la société de courtage holding Naïm. Et d’avertir que l’organisme doit de même renforcer son contrôle sur l’activité des banques d’investissements, en citant l’exemple de EFG-Hermes « qui a surévalué le prix de l’action de Telecom Egypt à 14,8 L.E. pour réaliser des bénéfices entre la valeur nominale de l’action (12 L.E.) et le prix du lancement ». Bref, avant l’émission de nouveaux titres, le marché doit faire preuve de plus de discipline.

Gilane Magdi

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