Iraq.
L’Iraq est l’un des principaux enjeux des présidentielles
américaines : Obama et Hillary affrontent un McCain à la
tendance ultra-Bush.
Les présidentiables rodent leurs discours
5
ans de guerre, l’Iraq est devenu le lieu d’un conflit civil,
d’un déchirement social, d’une détérioration de
l’infrastructure, d’une diaspora pour les Iraqiens. Pour les
Américains, ce pays est une des cartes utilisées par chacun
des candidats présidentiels pour se mettre en avant.
L’électeur américain a tant souffert de cette guerre, avec
des pertes matérielles et humaines considérables — bien
qu’insignifiantes par rapport à celles des Iraqiens — qu’il
devrait voter pour le candidat qui serait porteur de
solution. Ainsi les trois présidentiables, tous sénateurs,
ont-ils puisé et rodé des arguments de campagne électorale
lors des auditions au Sénat, qui ont déterminé la politique
à venir au sujet de l’Iraq, du moins celle à suivre jusqu’à
la fin du mandat de George W. Bush. En 5 ans, 4 000
Américains sont tombés dans le champ de bataille et près de
500 milliards de dollars ont été engloutis.
Dans ce ballet à trois, McCain a été plus royaliste que le
roi Bush : Il a insisté sur la nécessité de maintenir les
troupes américaines jusqu’à la victoire. Il défend la
stratégie du locataire actuel de la Maison Blanche. «
Promettre le retrait de nos forces d’Iraq, quels que soient
les conséquences calamiteuses pour le peuple iraqien, nos
intérêts les plus vitaux et l’avenir du Moyen-Orient, est le
comble de l’irresponsabilité. C’est une faillite du
politique », a-t-il fait valoir. Retirer les troupes
américaines précipitamment reviendrait, selon lui, à
abandonner la bataille face à Al-Qaëda. Voire, l’envoi de
troupes supplémentaires est en quelque sorte la clef de son
programme en Iraq.
Une prise de position qui lui a valu des accusations par ses
deux adversaires Barack et Clinton. Barack assure que McCain
avait tort sur la guerre depuis le début, il a tort
d’appeler à consacrer plus de ressources, alors que les
Américains se débattent, et a tort de soutenir l’occupation,
pour une durée indéterminée, d’un pays qui doit assumer sa
propre responsabilité.
Contre-arguments
Obama
trouve de plus que McCain n’a pas présenté de stratégie
montrant comment la guerre en Iraq renforçait la sécurité
des Américains. Obama a expliqué les raisons de ses
critiques : « C’est une faillite du politique que de
soutenir une occupation sans date limite de l’Iraq qui n’a
pas réussi à inciter les dirigeants iraqiens à se
réconcilier, a fortement éprouvé notre armée, fait peser un
poids sur les familles de nos militaires, a amoindri notre
capacité de conduire le monde et réduit la sécurité du
peuple américain ».
Hillary Clinton, pour sa part, va dans ses critiques contre
McCain accuser ceux qui voteraient pour le candidat
républicain de signer un chèque en blanc pour 4 autres
années de politique Bush-Cheney-McCain. Elle ajoute : « Il
est temps de finir cette guerre aussi rapidement, avec
autant de responsabilité et aussi sûrement que possible ».
Elle promet de retirer l’armée dans un délai d’un ou deux
ans. Son plan s’organise en trois phases : ramener les
troupes à la maison, stabiliser la région et remplacer la
force militaire par une initiative diplomatique pour engager
la communauté internationale à assurer le futur de l’Iraq
et, notamment, faire pression sur les pays voisins de l’Iraq
pour ne pas inciter à la violence entre les communautés du
pays.
La
première phase étant,
elle
l’affiche, la plus importante.
Comme Hillary Clinton, Barack Obama s’oppose à l’envoi de
renforts supplémentaires. Il commencera dès le début de son
mandat à rapatrier les troupes américaines pour qu’il n’en
reste plus au bout de 16 mois. Il est exclu pour lui que les
Etats-Unis gardent une base permanente en Iraq. Mais s’il
est prouvé qu’Al-Qaëda tente de s’implanter en Iraq, il
maintiendra un contingent américain dans la région pour
mener des attaques ciblées. Obama compte aussi sécuriser les
frontières iraqiennes en lançant un « effort diplomatique »
à l’égard de la Syrie et de l’Iran. Le fait que tous deux
promettent de retirer l’armée américaine d’Iraq dans un
délai d’un an ou deux, ne signifie pas qu’il n’existe pas
des échanges d’accusation. Obama critique Hillary pour avoir
voté en 2002 pour l’entrée des Etats-Unis en guerre en Iraq
et il a ajouté que par cette attitude, elle a contribué à
laisser Bush commettre une erreur préjudiciable à la
sécurité des Etats-Unis. Et d’ailleurs il est allé plus loin
en précisant qu’il inviterait l’Iran et la Syrie à une
réunion internationale des pays de la région, pour régler le
problème de l’Iraq. « La présence de l’Iran et de la Syrie à
la table des négociations est importante », a souligné Obama.
Ce n’est pas la première fois que Barack Obama parle du
dialogue avec l’Iran, ce qui lui a coûté les vives critiques
des extrémistes et des opportunistes, dont le candidat
républicain à la Maison Blanche, John McCain, ou de sa
rivale démocrate, Hillary Clinton. Obama a, de son côté,
critiqué John McCain et Hillary Clinton pour le projet de
garder une partie des forces militaires américaines en Iraq.
Tout compte fait, c’est le flou artistique et un nouveau
Viêt-nam pour les Américains.
Mavie
Maher