Al-Ahram Hebdo,Dossier | Les présidentiables rodent leurs discours
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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 16 au 22 avril 2008, numéro 710

 

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Dossier

Iraq. L’Iraq est l’un des principaux enjeux des présidentielles américaines : Obama et Hillary affrontent un McCain à la tendance ultra-Bush.

Les présidentiables rodent leurs discours

5 ans de guerre, l’Iraq est devenu le lieu d’un conflit civil, d’un déchirement social, d’une détérioration de l’infrastructure, d’une diaspora pour les Iraqiens. Pour les Américains, ce pays est une des cartes utilisées par chacun des candidats présidentiels pour se mettre en avant. L’électeur américain a tant souffert de cette guerre, avec des pertes matérielles et humaines considérables — bien qu’insignifiantes par rapport à celles des Iraqiens — qu’il devrait voter pour le candidat qui serait porteur de solution. Ainsi les trois présidentiables, tous sénateurs, ont-ils puisé et rodé des arguments de campagne électorale lors des auditions au Sénat, qui ont déterminé la politique à venir au sujet de l’Iraq, du moins celle à suivre jusqu’à la fin du mandat de George W. Bush. En 5 ans, 4 000 Américains sont tombés dans le champ de bataille et près de 500 milliards de dollars ont été engloutis.

Dans ce ballet à trois, McCain a été plus royaliste que le roi Bush : Il a insisté sur la nécessité de maintenir les troupes américaines jusqu’à la victoire. Il défend la stratégie du locataire actuel de la Maison Blanche. « Promettre le retrait de nos forces d’Iraq, quels que soient les conséquences calamiteuses pour le peuple iraqien, nos intérêts les plus vitaux et l’avenir du Moyen-Orient, est le comble de l’irresponsabilité. C’est une faillite du politique », a-t-il fait valoir. Retirer les troupes américaines précipitamment reviendrait, selon lui, à abandonner la bataille face à Al-Qaëda. Voire, l’envoi de troupes supplémentaires est en quelque sorte la clef de son programme en Iraq.

Une prise de position qui lui a valu des accusations par ses deux adversaires Barack et Clinton. Barack assure que McCain avait tort sur la guerre depuis le début, il a tort d’appeler à consacrer plus de ressources, alors que les Américains se débattent, et a tort de soutenir l’occupation, pour une durée indéterminée, d’un pays qui doit assumer sa propre responsabilité.

Contre-arguments

Obama trouve de plus que McCain n’a pas présenté de stratégie montrant comment la guerre en Iraq renforçait la sécurité des Américains. Obama a expliqué les raisons de ses critiques : « C’est une faillite du politique que de soutenir une occupation sans date limite de l’Iraq qui n’a pas réussi à inciter les dirigeants iraqiens à se réconcilier, a fortement éprouvé notre armée, fait peser un poids sur les familles de nos militaires, a amoindri notre capacité de conduire le monde et réduit la sécurité du peuple américain ».

Hillary Clinton, pour sa part, va dans ses critiques contre McCain accuser ceux qui voteraient pour le candidat républicain de signer un chèque en blanc pour 4 autres années de politique Bush-Cheney-McCain. Elle ajoute : « Il est temps de finir cette guerre aussi rapidement, avec autant de responsabilité et aussi sûrement que possible ». Elle promet de retirer l’armée dans un délai d’un ou deux ans. Son plan s’organise en trois phases : ramener les troupes à la maison, stabiliser la région et remplacer la force militaire par une initiative diplomatique pour engager la communauté internationale à assurer le futur de l’Iraq et, notamment, faire pression sur les pays voisins de l’Iraq pour ne pas inciter à la violence entre les communautés du pays. La première phase étant, elle l’affiche, la plus importante.

Comme Hillary Clinton, Barack Obama s’oppose à l’envoi de renforts supplémentaires. Il commencera dès le début de son mandat à rapatrier les troupes américaines pour qu’il n’en reste plus au bout de 16 mois. Il est exclu pour lui que les Etats-Unis gardent une base permanente en Iraq. Mais s’il est prouvé qu’Al-Qaëda tente de s’implanter en Iraq, il maintiendra un contingent américain dans la région pour mener des attaques ciblées. Obama compte aussi sécuriser les frontières iraqiennes en lançant un « effort diplomatique » à l’égard de la Syrie et de l’Iran. Le fait que tous deux promettent de retirer l’armée américaine d’Iraq dans un délai d’un an ou deux, ne signifie pas qu’il n’existe pas des échanges d’accusation. Obama critique Hillary pour avoir voté en 2002 pour l’entrée des Etats-Unis en guerre en Iraq et il a ajouté que par cette attitude, elle a contribué à laisser Bush commettre une erreur préjudiciable à la sécurité des Etats-Unis. Et d’ailleurs il est allé plus loin en précisant qu’il inviterait l’Iran et la Syrie à une réunion internationale des pays de la région, pour régler le problème de l’Iraq. « La présence de l’Iran et de la Syrie à la table des négociations est importante », a souligné Obama. Ce n’est pas la première fois que Barack Obama parle du dialogue avec l’Iran, ce qui lui a coûté les vives critiques des extrémistes et des opportunistes, dont le candidat républicain à la Maison Blanche, John McCain, ou de sa rivale démocrate, Hillary Clinton. Obama a, de son côté, critiqué John McCain et Hillary Clinton pour le projet de garder une partie des forces militaires américaines en Iraq.

Tout compte fait, c’est le flou artistique et un nouveau Viêt-nam pour les Américains.

Mavie Maher

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