Al-Ahram Hebdo,Arts | Le ballet des métamorphoses 
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 Semaine du 16 au 22 avril 2008, numéro 710

 

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Arts

Danse. Le Lac des Cygnes, joyau du répertoire de la musique classique, sera donné par l’Académie de ballet et théâtre du Bolchoï de Biélorussie, à l’Opéra du Caire et d’Alexandrie.  

Le ballet des métamorphoses  

Odette, jeune princesse qui, pour avoir refusé la main d’un puissant sorcier, se voit jeter un sort. Celle-ci se transforme en cygne le jour et retrouve son aspect humain la nuit. Ce maléfice doit empêcher quiconque de tomber amoureux d’elle. Découvrant le secret de la princesse, lors d’une rencontre au bord du lac, le prince Siegfried tombe éperdument amoureux et jure de la délivrer de son sortilège. Ce conte de fée que raconte le ballet Le Lac des Cygnes a inspiré au compositeur russe Tchaïkovski l’un de ses chefs-d’œuvre immortels. Car sa musique, trop novatrice pour être appréciée à sa juste valeur à la fin du XIXe siècle, reste une motivation majeure pour de multiples chorégraphes.

Sujet à des métamorphoses chorégraphiques successives, la version classique du Lac des Cygnes qui sera donnée au Caire et à Alexandrie, par le Bolchoï de Biélorussie, sous la direction artistique de Valenti Yelizariev (depuis 1973), est le résultat d’un travail chorégraphique analogue et successif des Russes Alexander Gorsky (1871-1924) et Asaf Messerer (1903-1992). Tous les deux se sont en effet inspirés de la version originale des chorégraphes français et russe Marius Petipa (1822-1910) et Lev Ivanov (1834-1901).

Créé en 1877, au théâtre du Bolchoï de Moscou, le ballet néo-romantique Le Lac des Cygnes a vu le jour sous de mauvais auspices, à cause d’une chorégraphie « insignifiante » de Julius Reisinger. Il a fallu attendre alors l’intervention des chorégraphes Petipa et Ivanov pour que ce ballet remanié en 1895 au théâtre Mariinski de Saint-Pétersbourg puisse atteindre la notoriété qu’on lui connaît aujourd’hui.

Malheureusement, à l’époque, le public, peu habitué à une musique si « symphonique » pour les ballets, ne comprit pas la richesse de la partition de Tchaïkovski. Pour Petipa, comme c’était écrit dans ses Mémoires, il était impossible d’admettre que la musique de Tchaïkovski fut mauvaise. A son sens, les problèmes de l’œuvre ne pouvaient venir que de la mise en scène et de la chorégraphie. Il raconte en effet avoir pris en charge de modifier la chorégraphie du ballet, avec une nouvelle partition, riche en tensions dramatiques, par le chef d’orchestre italien Riccardo Drigo (1846-1930) du Théâtre Mariinsky. Avec Petipa, Le Lac des Cygnes a réussi à remédier au problème d’accord entre symphonie et action, dans un ballet qui harmonise musique à chorégraphie, basée essentiellement sur le sens de « la beauté des ballerines russes, incarnées dans la peau des cygnes ».

Suivant les mêmes démarches de leurs maîtres, Alexander Gorsky et Asaf Messerer, qui ont introduit leurs propres projections sur l’histoire du ballet, ont préféré préserver à la fin du Lac des Cygnes son côté optimiste, telle la version originelle de Petipa et Ivanov, que son côté pessimiste, traité dans d’autres versions. Ils ont alors opté pour une fin où l’amour de Siegfried et Odette triomphe de la trahison. Une manière de développer l’art de l’intrigue romantique, par une chorégraphie qui alterne le grand ballet, autour d’une distribution nombreuse, forte, symétrique et expressive, où la virtuosité des figurants met en valeur des solistes brillants.

Leur chorégraphie qui fixe le déroulement des « pas de deux » et porte davantage d’attention à la prima ballerina, notamment durant le grand pas de l’Acte III en improvisant trente-deux fouettés en tournant. C’est l’une des caractéristiques de la chorégraphie géniale de Petipa, qui demeure depuis lors dans toutes les chorégraphies classiques du Lac des Cygnes.

Conforme à la structure du ballet romantique, les 4 actes qui seront présentés alternent le réel, « divertissement coloré » (actes I et III), et l’imaginaire constitué par le lac blanc (actes II et IV).Ce ballet romantique constitue encore aujourd’hui la base du répertoire des grandes compagnies classiques du monde.

Névine Lameï

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Le 18 avril, à 18h et 20h.

Les 19 et 20 avril, à 20h, dans la grande salle de l’Opéra du Caire.

Les 22 et 23 avril, à 20h, au théâtre Sayed Darwich, à Alexandrie.

 




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