Al-Ahram Hebdo, Economie | A la recherche d’une dynamique indispensable
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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 5 au 11 Mars 2008, numéro 704

 

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Economie

Marchés Emergents. Le sixième Forum des pays émergents qui vient de se tenir au Caire s’est penché sur les défis qu’affrontent les marchés financiers dans ces Etats, notamment en Egypte. 

A la recherche d’une dynamique indispensable 

Dans une conjoncture de ralentissement mondial, il est fort espéré que la croissance des marchés émergents en Asie et au Proche-Orient pourra en alléger les conséquences. Espoir qui n’est guère à portée, selon le sixième Forum des marchés émergents, tenu au Caire les 24 et 25, et parrainé par la Fédération internationale des Bourses de valeurs. « L’accroissement du taux d’inflation menace les marchés des pays émergents, le ralentissement économique sera inévitable notamment si la croissance américaine régresse à 0 % », estime Galil Tarif, le président de la Bourse d’Amman.

Mahmoud Mohieddine, ministre égyptien de l’Investissement, déclare que la hausse du taux d’inflation est devenue le défi menaçant le plus la croissance des Bourses des pays émergents et notamment celle égyptienne. Mais pour Alaa Al-Sabae, PDG de la banque d’investissement Beltone Financials, « l’Egypte reste pour quelques temps protégée par l’afflux des capitaux provenant des marchés de l’Extrême-Orient. Ceci en plus des nouveaux comptes américains qui ont été ouverts dans la Bourse égyptienne, enregistrant une hausse dans l’indice Case 30 de 51,3 % en 2007 ». Mais Mohieddine souligne que quand même, « ces turbulences internationales ont mené à réduire les prévisions du taux de croissance égyptienne annuelle de 8 à 7 % pendant 2008 ». Et d’ajouter que le gouvernement tente de freiner l’inflation ascendante par la baisse du déficit budgétaire et le développement de la politique monétaire.

La taille réduite est une autre faille des marchés émergents. En fait, une bourse idéale doit être à grande liquidité, à actions variées et à laquelle un grand nombre d’investisseurs s’intéressent. Tarif souligne à cet égard que la faible valeur des échanges est considérée comme un des défis les plus importants face à la croissance des Bourses de la région : la valeur totale des échanges dans les Bourses des pays émergents a atteint 1 400 milliards de dollars. « Chiffre négligeable si on le compare à ceux des échanges des marchés développés ». Dans le même contexte, Yusli Mohamed Yusoff, PDG de la Bourse de la Malaisie, croit qu’il faut introduire des produits financiers variés. Et de préciser : « Les produits que présentent les marchés émergents n’attirent pas la grande masse de la clientèle internationale ».

A cet égard, Magued Chawqi, président de la Bourse du Caire, s’est félicité d’introduire prochainement un nouveau genre de fonds d’investissement, dont la composition des actions est identique à celle de l’indice Case 30, ce qui facilite aux investisseurs de suivre de près la performance. « L’objectif est d’augmenter la moyenne quotidienne de la valeur des échanges à plus d’un milliard de L.E. », déclare-t-il.

Les marchés émergents souffrent aussi du peu de nombre de sociétés cotées en Bourse : « Il faut émettre d’autres sociétés opérant dans de nouveaux secteurs, notamment ceux qui manquent dans la Bourse et qui sont demandés par les investisseurs étrangers à l’exemple du secteur logistique qui produit une valeur ajoutée non seulement pour la Bourse mais pour l’ensemble de l’économie du pays », explique-t-il à l’Hebdo. Yusoff estime également que ces marchés ont besoin principalement d’introduire des produits boursiers à l’exemple des contrats à terme et des dérivés. « Pourvu que les marchés soient bien équipés afin de pouvoir assimiler les risques qui en résultent », exprime-t-il. A savoir la présence d’institutions financières géantes jouant le rôle de teneur de marché ainsi qu’une base de législations. Dans ce cadre, L’Inde donne l’exemple par son expérience qui remonte à plus de dix ans. « Elle a commencé par élaborer les législations et les bases organisant le marché des dérivés et des contrats à terme. Ainsi c’est depuis cinq ans que le marché indien a prouvé une maturité gardant un niveau propice de liquidité », renchérit-il. De son côté, Magued Chawqi, a déclaré lors de la conférence que l’an 2009 verra l’introduction de ce genre de produits à terme sur le marché égyptien. Mesure saluée par Yusoff qui s’est déclaré prêt à coopérer avec les Bourses du Caire et d’Alexandrie dans ce domaine.

Reste la base de législation appropriée. Là, vient en tête la propriété de l’entité même. La Bourse en Egypte appartient à l’Etat. Or, en terme de surveillance et de transparence, il vaut mieux que la Bourse soit une propriété « publique », c’est-à-dire qu’une base importante de particuliers détienne les actions. Ce concept est très important chez les investisseurs étrangers, voulant ainsi par leurs participations au capital boursier avoir des garanties de transparence. « L’idée déjà conçue en 2003 a été réfutée par la majorité des acteurs du marché. C’est une décision stratégique que personne ne peut trancher que le gouvernement même », se défend Chawqi.

Bref, il est demandé aux Bourses émergentes de devenir des Bourses mûres en un clin d’œil, pour pouvoir bien assimiler le rôle du salvateur de l’économie mondiale. Le sauront-ils dans un délai si étroit ?

Dahlia Réda

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