Alain Robbe-Grillet : « J’ai
abandonné l’écriture du roman »
Mohamed Salmawy
Cinq ans de défaites
Salama A. Salama
Une accusation erronée
Morsi Attalla
Une
crise de sommet ou une crise d’unité ?
Wahid Abdel-Méguid
Edito
Bilan
L’Iraq est entré jeudi dans sa 6e
année de guerre. Le président George W. Bush parle toujours de « victoire »,
alors que les factions iraqiennes peinent à parvenir à une entente politique
propre à enrayer les violences. Si la guerre a mis fin à près d’un quart de
siècle d’une brutale dictature et éliminé Saddam Hussein, les promesses de
stabilité et de prospérité faites aux Iraqiens sont restées largement
insatisfaites.
La violence a diminué au cours des
derniers mois, notamment à Bagdad, mais la capitale est encore le théâtre
d’attentats sanglants, où les victimes civiles se comptent par dizaines.
L’armée américaine, qui maintient un contingent de près de 160 000 soldats et
qui a perdu près de 4 000 hommes, est presque quotidiennement visée par des
attaques audacieuses.
La relative accalmie est attribuée
à l’envoi de renforts américains dès février 2007, et à une stratégie de
mobilisation, moyennant finance, de groupes d’insurgés sunnites et à une trêve
unilatérale de la principale milice chiite. Cette baisse de la violence est
fragile, et le nombre de civils iraqiens tués — qui se chiffre à au moins 80
000 depuis cinq ans — est reparti à la hausse au début de 2008, après une
décrue continue fin 2007.
Seule à même de consolider les
gains en matière de sécurité, la réconciliation entre factions politiques se
fait attendre. La conférence de réconciliation tenue la semaine dernière, et
boycottée par les principaux partis sunnites qui se considèrent défavorisés, a
souligné le fossé qui reste à combler. Même des formations chiites puissantes,
comme le mouvement du chef radical Moqtada Sadr, se disent marginalisées par un
gouvernement accusé de favoritisme.
Dans d’autres domaines, les
progrès se font encore largement attendre, pour ce conflit qui a déjà coûté
quelque 500 milliards de dollars et érodé la crédibilité des Etats-Unis au
Moyen-Orient. La relance de l’économie, souci primordial des 25 millions
d’Iraqiens après la sécurité, est en panne. Les services publics comme l’eau et
l’électricité n’ont pas été rétablis, des quartiers entiers de Bagdad sont
encore totalement privés de courant. Et les appels du gouvernement pour que les
millions d’Iraqiens ayant fui leur pays reviennent contribuer à son redémarrage
ont eu peu d’écho.