Al-Ahram Hebdo, Opinion | Morsi Attalla, Une accusation erronée
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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 26 mars au 1er avril 2008, numéro 707

 

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Opinion

Une accusation erronée

Morsi Attalla 

Ce ne sont pas uniquement les Arabes et les Palestiniens qu’il faut surnommer « les rois des occasions perdues ». Le fait de prétendre qu’ils sont les seuls à manquer les nombreuses occasions qui leur ont été offertes afin de régler le problème palestinien est injuste. Les Israéliens assument la même part de responsabilité. Cependant, personne ne les en a blâmés ou critiqués à l’ombre de leurs nombreux acquis et des victoires tactiques qui leur ont probablement permis d’annexer davantage de territoires. En dépit de cela, ils n’ont jamais pu rêver de la sécurité qui est en fin de compte l’objectif et la visée du projet sioniste. Si nous ne faisons que pleurer au nom de l’autocritique et du blâme pour les occasions perdues au niveau de la décision du partage de 1947 en passant par les trois fameuses négations arabes, les non à la réconciliation, aux négociations et à la reconnaissance. Pour finir avec l’actuelle impasse de la division aiguë dans les rangs palestiniens, qui est une division sur le dossier du règlement plus qu’elle n’est un partage entre Gaza et Ramallah.

Nous devons nous rappeler également qu’Israël a refusé pendant de longues années de reconnaître l’existence du peuple palestinien, voire de traiter avec l’OLP et son chef Yasser Arafat. Jusqu’à ce qu’Ytzhak Rabin ait réalisé, alors qu’il occupait le siège de premier ministre, que l’intérêt d’Israël lui dictait de revenir sur son célèbre dicton « Nous ne rencontrerons pas l’OLP et son chef Yasser Arafat sauf dans les arènes de la guerre ». C’est à ce stade qu’ont démarré les négociations secrètes d’Oslo qui se sont soldées par les célèbres accords d’Oslo conclus entre Israël et l’OLP en 1993.

En réalité, Rabin, le premier ministre en 1992, était à l’opposé de celui de 1988, alors ministre de la Défense qui adoptait la théorie de tuer dans l’œuf la première Intifada palestinienne. Ensuite, il a commis sa plus grande erreur, conformément à ses aveux, lorsqu’il a voulu affaiblir et marginaliser le mouvement Fatah en essayant d’amadouer le courant islamiste à Gaza en vertu d’un marché selon lequel Israël fermerait les yeux sur la montée du courant islamiste qui était plus modéré que le Fatah.

La fameuse rencontre a eu lieu en 1988, réunissant Rabin et 4 personnalités appartenant au courant islamiste à Gaza, dont Dr Mahmoud Al-Zahar, l’éminent commandant du mouvement Hamas. Israël a besoin d’un homme courageux de la carrure de Rabin. Sinon le scénario des occasions perdues se répétera. La preuve en est l’erreur commise par Israël avec le Hezbollah, qu’il a décidé de ne pas reconnaître, ce qui a eu pour conséquence son raffermissement qui se reproduira avec le Hamas. Bien que Tel-Aviv négocie avec ce dernier indirectement afin de libérer le soldat israélien prisonnier Gilad Shalit.

Les Etats-Unis ont eux aussi leur part de responsabilité dans les occasions manquées, mais d’une autre manière. Ce sont eux qui ont insisté pour la tenue des élections palestiniennes en 2006, ont contraint Abou-Mazen à accepter leur décision et ont fait peu de cas de son point de vue : celui-ci estimait qu’il valait mieux les reporter d’un ou de deux ans. Le résultat a alors été la victoire du Hamas. C’est également Washington, pour des calculs qui la concernent, qui a précipité la tenue de la conférence d’Annapolis pour la paix, fin 2007. Elle a fait l’oreille sourde aux conseils appelant à ajourner la conférence jusqu’à ce que les Frères en Cisjordanie et à Gaza renouent leurs liens. D’autant plus que les événements ont affirmé qu’Abou-Mazen n’avait pas la capacité de négocier, ni de calmer le Hamas et Israël. Dans ce contexte, je voudrais dire que de nombreuses voix ont commencé à s’élever au sein d’Israël appelant à un réexamen sérieux de la situation face aux dangers découlant de l’intransigeance israélienne. Les Israéliens se sont rendus compte que cette intransigeance et cet extrémisme dans les positions ont amené les Arabes à changer les règles du jeu. Aujourd’hui, il n’y a plus de guerres régulières, elles ont été remplacées en l’occurrence par des opérations de dérangement et d’agacement, sapant le rêve de sécurité recherché par les rêveurs de la terre promise.

L’Histoire nous dit que les leaderships sont nés en temps de crises. Les plus sages et plus avisés sont ceux qui retiennent très tôt que les armes ne tracent pas à elles seules l’Histoire des nations et des peuples. L’Histoire étant en fin de compte celle de la liberté et de l’indépendance de tous et non pas d’une partie aux dépens des autres.

 

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