Al-Ahram Hebdo,Invité | Saféyeddine Kharbouch, « Nous mettons les jeunes en contact direct avec les hommes d’affaires »
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 26 mars au 1er avril 2008, numéro 707

 

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Invité

Président du Conseil national des jeunes, Saféyeddine Kharbouch évoque la mission de cet organisme gouvernemental, ses plans pour la sensibilisation politique et la lutte contre le chômage de la jeunesse. 

« Nous mettons les jeunes en contact direct avec les hommes d’affaires » 

Al-ahram hebdo : Qu’a présenté à la jeunesse égyptienne le Centre national des jeunes, depuis sa création en 2005 ?

Saféyeddine Kharbouch : Depuis la création du Conseil à la fin de 2005, on a eu à relever un grand défi, celui du développement des infrastructures dédiées aux activités des jeunes, comme celles des camps et des centres de jeunesse, ainsi que des centres de formation des jeunes dirigeants. Tout cela est, en fait, le noyau de notre travail et vise en premier lieu le développement des capacités des jeunes. En ce qui concerne les camps de jeunesse, on a complètement modernisé le camp d’Abou-Qir à Alexandrie qui était formé de tentes depuis sa construction dans les années cinquante. Maintenant, ce sont des bâtiments très confortables qui peuvent accueillir jusqu’à 900 personnes, avec des salles d’informatique et de gymnastique et une grande salle de conférence. Après ce développement, on a changé le nom de ce camp qui s’appelle maintenant la Ville de jeunesse d’Alexandrie. On vient aussi d’inaugurer des villes de jeunesse à Ras Al-Bar (nord du Delta) et à Hurghada (mer Rouge). Au cours de 2008, nous allons inaugurer les villes de jeunesse de Port-Saïd et de Louqsor.

Quels services offrent ces villes de jeunesse ?

— Ces villes sont polyvalentes. Elles sont en même temps des centres de divertissement et de formation pour beaucoup de jeunes, surtout ceux qui sont d’un niveau social moyen ou même bas. La situation sociale et économique de beaucoup de jeunes ne leur permet pas de passer un séjour au bord de la mer ou de visiter les trésors archéologiques de Louqsor. Ces villes organisent de tels voyages, hébergement et transport inclus, pour un prix qui représente presque 10 % du prix observé sur le marché. Ce n’est pas tout, puisque pendant ces séjours, on organise des colloques et des séminaires au cours desquels les jeunes peuvent rencontrer des responsables, de grands penseurs ou écrivains pour discuter de tous les sujets qui les intéressent ou les préoccupent. Les développements opérés dernièrement dans ces villes ont permis de les utiliser pendant toute l’année et non pas seulement en été, comme auparavant. En outre, on ne pouvait pas jadis recevoir les filles dans les tentes. Aujourd’hui, on organise beaucoup de voyages réservés aux filles dans ces villes.

Y a-t-il des activités particulières réservées aux jeunes filles ?

— Selon la loi du Conseil des jeunes, les activités sont réparties à 40 % pour les filles contre 60 % pour les garçons. En plus, nous avons des centres qui consacrent des jours ou des heures spéciaux aux filles et aux femmes en général surtout celles de la Haute-Egypte. Ces jours permettent aux filles de pratiquer les sports et les activités qu’elles désirent loin du regard des hommes afin qu’elles soient plus à l’aise.

Mais les centres de jeunesse ont souvent souffert de négligence en plus d’être souvent inaptes à offrir les activités et services nécessaires aux jeunes. Qu’en est-il aujourd’hui ?

— Jusqu’à maintenant on a achevé la modernisation de plus de 4 460 centres de jeunesse répartis sur l’ensemble du pays. On a construit plus de 400 nouveaux centres dans des villages qui en étaient longtemps dépourvus. Nous poursuivons le plan de construction de nouveaux centres, conformément aux dernières directives du président Hosni Moubarak qui a insisté sur la nécessité de construire un centre de jeunesse dans tout village dont la population dépasse les 5 000 personnes, afin que les jeunes trouvent partout des endroits où pratiquer leurs activités qu’elles soient sportives, artistiques ou sociales.

D’autre part, on a entamé la construction de 27 cercles pour les jeunes. Ce sont des centres à caractère spécial dont tous les membres seront des jeunes, et qui seront créés dans les grandes villes seulement. Ces cercles seront complètement achevés d’ici 2012.

— Mais ce ne sont pas seulement les édifices qui sont en cause. Il y a aussi le développement des activités de ces centres ...

— C’est vrai. C’est pourquoi nous sommes en train de développer les activités dans les centres. On a ajouté plus de 3 000 bibliothèques aux différents centres de jeunesse. De même, on a muni plus de 1 200 centres de clubs de technologie afin de permettre aux jeunes d’entretenir des contacts avec le monde extérieur, un impératif à l’heure de la globalisation. On a commencé aussi un plan pour l’éclairage et l’aménagement des stades, ainsi que pour la construction de piscines dans les centres de jeunesse des grandes villes, où la demande est forte pour apprendre et pratiquer la natation. A vrai dire, notre but est de former de jeunes champions, comme ce fut le cas avec le gardien de but de la sélection nationale de football, Essam Al-Hadari, qui est sorti du centre de Damiette (nord du Delta) ou avec Abou-Treika, le meneur de jeu de l’équipe nationale, qui a joué le football pour la première fois de sa vie au centre de Nahya dans le quartier de Boulaq, au Caire.

Quel est le rôle joué par le Conseil dans la sensibilisation politique des jeunes ?

— J’ai déjà dit que le Conseil compte parmi ses institutions des centres de formation de jeunes dirigeants ou, en d’autres termes, des centres d’instruction civique qui ont pour but d’encourager les jeunes à prendre une part active à la vie politique en Egypte et ce en leur expliquant par exemple la Constitution égyptienne, la loi sur les partis, le code électoral, etc. C’est en coopération avec l’Unicef que l’on organise des séminaires sur le régime politique égyptien, les droits et les devoirs du citoyen, la citoyenneté et la participation sociale.

Malgré ces efforts, comment expliquez-vous la participation trop faible des jeunes à la vie politique en Egypte ?

— Avant d’être président du Conseil national des jeunes, je suis professeur de sciences politiques et j’estime que la période où les partis politiques ont été interdits en Egypte à la suite de la Révolution de 1952 a négativement influencé la vie politique en Egypte. Les pays qui témoignent d’une vie politique active sont ceux qui disposent de deux ou de plusieurs partis forts. Ceci dit, si les partis égyptiens deviennent aussi importants que le Parti National Démocrate (PND, au pouvoir), on aura sans doute une vie politique plus fertile. Cela arrivera sans doute après la modification de l’article 76 de la Constitution qui a permis la pluralité des candidatures à l’élection présidentielle. Ce qui attirera l’attention des gens sur l’importance de la politique et de leur participation. J’estime aussi que lors des prochaines élections législatives qui auront lieu en 2010, les jeunes auront la main haute dans le choix des représentants du peuple, puisque près d’un million de jeunes se rajoutent chaque an sur les listes électorales.

Quel rôle exerce le Conseil pour faire face au problème du chômage dont souffrent les jeunes ?

— On a signé un protocole avec le Fonds social de développement, suivant lequel les jeunes seront exonérés de présenter de garanties financières lorsqu’ils obtiendront des prêts du Fonds. C’est le Conseil national des jeunes qui va se porter garant pour ces jeunes auprès du Fonds. On a aidé plus de 100 000 jeunes à monter de petits projets. D’autre part, on organise régulièrement des forums de recrutement dans lesquels les hommes d’affaires proposent des offres d’emploi. Nous nous employons à établir des contacts directs entre ces hommes d’affaires et les jeunes. Ces contacts directs ont davantage de crédibilité pour les jeunes, qui ne font pas par exemple très confiance dans les offres d’emploi publiées dans la presse. On est parvenu il y a quelques mois à recruter plus de 600 jeunes pour une compagnie de téléphonie portable avec des salaires satisfaisants.

Propos recueillis par Dalia Farouk

 




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