Célébration.
Le 20 mars a été marqué cette année par l’appel aux
francophones du secrétaire général de l’OIF,
Abdou Diouf, à investir les outils numériques.
A la conquête de nouvelles formules
Les francophones ont, le 20 mars, célébré leur langue, trait
d’union entre des centaines de millions de personnes, du
Québec à Séoul, lors d’une journée internationale marquée
par un appel à ne pas laisser l’anglais « coloniser » les
outils numériques. Cette journée constitue tous les ans
l’événement phare de la Francophonie, qui revendique 200
millions de locuteurs dans le monde et fédère 803 millions
de personnes au sein de l’OIF
(Organisation Internationale de la Francophonie).
A Paris, le secrétaire général de l’OIF,
Abdou Diouf, a appelé les francophones à investir
massivement le numérique. « Ce qui se joue à travers la
conquête de ces nouveaux espaces, c’est aussi la conquête
des esprits et de l’imaginaire », a ajouté M. Diouf, en
déplorant « la colonisation » de l’outil numérique par
l’anglais. « La force de frappe de la nouvelle Francophonie
sera celle du numérique », a renchéri le nouveau secrétaire
d’Etat à la Coopération et à la Francophonie, Alain
Joyandet, qui a remplacé
Jean-Marie Bockel, le 18 mars.
Il a présenté le « grand portail numérique de la
Francophonie », qu’il a défini comme un « système
d’information du type Google à
la française », et qui devrait être opérationnel lors du
prochain sommet de la Francophonie à Québec, en automne. «
Ne nous voilons pas la face, nous sommes en état d’urgence :
l’équilibre du monde passe nécessairement par le
plurilinguisme. Or, celui-ci n’est pas garanti », a-t-il
dit.
Sur les cinq continents, des centaines d’initiatives locales
ont marqué l’événement. Les étudiants de la Cité
internationale universitaire de Paris, qui accueille plus de
10 000 résidents de 140
nationalités, étaient invités à participer à un concours en
rédigeant un texte qui intègre les dix mots « apprivoiser,
boussole, jubilatoire, palabre, passerelle, rhizome,
s’attabler, tact, toi, visage ». A Québec, qui va fêter ses
400 ans, les célébrations de la Francophonie avaient débuté
dès le 7 mars pour une « Francofête
» qui dure un mois. Parmi les centaines d’activités prévues,
on notait le concours « J’ajoute un québécisme au
dictionnaire » organisé par
Radio-Canada et qui vise à faire entrer dans les
dictionnaires des « québécismes » d’usage courant.
En Belgique, francophonie et bande dessinée se sont
rejointes. La Maison de la Francité à Bruxelles a choisi le
thème de « Tintin à Québec ». Au Portugal, une Fête de la
Francophonie avec concert et buffet « francophone » a
clôturé mercredi soir deux semaines de festival organisé par
l’Institut franco-portugais de Lisbonne. A Bucarest, un
forum « Innover en Français » a réuni plus de 400
professeurs roumains à Bucarest durant le week-end. Au
Caire, une soirée musicale consacrée à la chanson
francophone actuelle a été donnée au Centre français de
culture et de coopération. Au Maroc, c’était le «
slam » qui était à l’honneur à
Rabat. En Syrie, un récital de poésie « L’Orient et
l’Occident de l’amour » était donné à Damas en français et
en arabe par Marcel Bozonnet et
Hala Omran. Pour la première
fois à Damas, une dictée de la Francophonie, inspirée de la
célèbre dictée du journaliste littéraire Bernard Pivot,
était donnée comme à Marrakech ou à
Vatomandry (Madagascar). Un concours du « meilleur
blog francophone de la jeunesse
» a été lancé à Beyrouth. Des dizaines de manifestations
étaient aussi prévues dans les pays francophones en Afrique,
mais aussi dans certains pays d’Afrique anglophone comme en
Ouganda.