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 Semaine du 26 mars au 1er avril 2008, numéro 707

 

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Egypte

 

Une semaine toute en flammes

C’est à croire qu’un pyromane a fait le tour du Caire. En l’espace de quelques jours, au moins quatre incendies ont eu lieu dans trois zones différentes de la capitale. Le premier et plus grand s’est déclaré dimanche à 8h du matin lorsque les habitants d’Al-Azhar ont vu des flammes progresser sur le toit d’un dépôt situé à proximité de la mosquée du sultan Al-Achraq. Les flammes se sont rapidement étendues aux autres magasins. Les ruelles étroites d’Al-Azhar n’ont pas facilité le travail des pompiers qui ont mis beaucoup de temps pour maîtriser l’incendie. Bilan : 3 maisons détruites, 22 boutiques et 18 dépôts entièrement brûlés, et 15 familles sans abri. La panique s’est emparée des habitants, car la plupart des maisons dans ce quartier populaire sont en bois. Deux autres incendies ont eu lieu dans le quartier de Boulaq et au Palais de justice situé rue du 26 Juillet. Ils n’ont fait que peu de dégâts. A Bab Al-Louq, les flammes se sont emparées de l’étage supérieur du grand marché, détruisant tout l’étage comprenant des ateliers de cuir. 27 autopompes se sont rendues sur les lieux pour l’extinction du feu et éviter que les flammes ne se propagent au reste de ce marché centenaire, à l’architecture caractéristique. Fait commun entre les incendies : ils auraient tous été provoqués par des courts circuits, selon les premiers éléments de l’enquête, ce qui alimente des interrogations sur l’état du matériel électrique. « Bien que la loi interdise aux commerçants et aux institutions d’installer du matériel sans l’autorisation de la défense civile, la plupart des commerçants ont recours à un matériel de mauvaise qualité », explique un responsable de la défense civile. Et d’expliquer que les risques d’incendies augmentent par temps de chaleur à cause notamment de l’usage des climatiseurs qui accentuent la pression sur les installations. « L’Egypte a été traversée cette semaine par une vague de chaleur, ce qui accentue les risques », assure le responsable, expliquant que 1 % seulement du coût d’un magasin suffit pour le sécuriser totalement contre les incendies. Ce qui ne représente rien, selon lui, comparé aux dégâts. Outre la mauvaise qualité des fils électriques, l’absence de matériel anti-incendie est à déplorer. La plupart des commerces ne sont pas équipés d’extincteurs. L’un des commerçants sinistrés de la rue Al-Azhar explique l’autre face du problème. « La défense civile n’a jamais effectué de contrôle sur les commerces du quartier ». La responsabilité est partagée entre les commerçants et la défense civile.

Marianne Youssef

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