Une semaine toute en flammes
C’est à croire qu’un pyromane a fait le tour du Caire. En
l’espace de quelques jours, au moins quatre incendies ont eu
lieu dans trois zones différentes de la capitale. Le premier
et plus grand s’est déclaré dimanche à 8h du matin lorsque
les habitants d’Al-Azhar ont vu
des flammes progresser sur le toit d’un dépôt situé à
proximité de la mosquée du sultan
Al-Achraq. Les flammes se sont rapidement étendues
aux autres magasins. Les ruelles étroites d’Al-Azhar
n’ont pas facilité le travail des pompiers qui ont mis
beaucoup de temps pour maîtriser l’incendie. Bilan : 3
maisons détruites, 22 boutiques et 18 dépôts entièrement
brûlés, et 15 familles sans abri. La panique s’est emparée
des habitants, car la plupart des maisons dans ce quartier
populaire sont en bois. Deux autres incendies ont eu lieu
dans le quartier de Boulaq et au
Palais de justice situé rue du 26 Juillet. Ils n’ont fait
que peu de dégâts. A Bab
Al-Louq, les flammes se sont
emparées de l’étage supérieur du grand marché, détruisant
tout l’étage comprenant des ateliers de cuir. 27 autopompes
se sont rendues sur les lieux pour l’extinction du feu et
éviter que les flammes ne se propagent
au reste de ce marché centenaire, à l’architecture
caractéristique. Fait commun entre les incendies : ils
auraient tous été provoqués par des courts circuits, selon
les premiers éléments de l’enquête, ce qui alimente des
interrogations sur l’état du matériel électrique. « Bien que
la loi interdise aux commerçants et aux institutions
d’installer du matériel sans l’autorisation de la défense
civile, la plupart des commerçants ont recours à un matériel
de mauvaise qualité », explique un responsable de la défense
civile. Et d’expliquer que les risques d’incendies
augmentent par temps de chaleur à cause notamment de l’usage
des climatiseurs qui accentuent la pression sur les
installations. « L’Egypte a été traversée cette semaine par
une vague de chaleur, ce qui accentue les risques », assure
le responsable, expliquant que 1 % seulement du coût d’un
magasin suffit pour le sécuriser totalement contre les
incendies. Ce qui ne représente rien, selon lui, comparé aux
dégâts. Outre la mauvaise qualité des fils électriques,
l’absence de matériel anti-incendie est à déplorer. La
plupart des commerces ne sont pas équipés d’extincteurs.
L’un des commerçants sinistrés de la rue
Al-Azhar explique l’autre face
du problème. « La défense civile n’a jamais effectué de
contrôle sur les commerces du quartier ». La responsabilité
est partagée entre les commerçants et la défense civile.
Marianne Youssef