Al-Ahram Hebdo, Egypte | La déception des anciens
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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 26 mars au 1er avril 2008, numéro 707

 

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Egypte

Municipales. Les démissions se multiplient au sein du PND à la suite de l’annonce des candidats investis. Le parti minimise la portée de ce « mécontentement ».

La déception des anciens

Le choix des candidats du Parti National Démocrate (PND, au pouvoir) pour les élections législatives prévues le 8 avril a suscité l’animosité de beaucoup de membres du parti qui n’ont pas été investis. Une série de démissions, estimées à plus d’un millier de membres, ont été annoncées, un chiffre contesté par les responsables de ce parti qui minimisent l’importance de ce mouvement de sécession, d’autant plus que le PND revendique quelque deux millions d’adhérents.

D’habitude, la démission n’est qu’une mesure tactique permettant aux démissionnaires de se présenter aux élections en tant qu’indépendants, avant de rejoindre le parti à nouveau en cas de réussite. Or, cette fois, le parti a fait exprès d’annoncer les noms des candidats investis au jour même de la clôture de la réception des candidatures, coupant ainsi le chemin aux exclus.

Les membres démissionnaires accusent les dirigeants locaux du parti d’avoir « ignoré » les cadres pour choisir parmi leurs parents ou acolytes. Mais le responsable des inscriptions au parti, Magued Al-Cherbini, souligne que le parti a choisi ses candidats parmi plus de 83 000 membres. « C’est très normal que sur ce nombre, 30 000 se retrouvent déçus ». Il a assuré que la nouvelle politique du parti consistait à choisir les candidats aux élections à travers un vote interne au niveau des municipalités, et non en les nommant. « Ce qui est arrivé est un résultat normal de cette nouvelle expérience », a-t-il ajouté.

« C’est la loi de l’évolution et du changement, le parti doit injecter un nouveau sang dans ses rangs, et les jeunes doivent y avoir leur place ... A un moment donné, il faut intervenir délicatement pour dire à certains : assez … Il est temps de donner la chance aux autres », a de son côté commenté le secrétaire général du parti, Safouat Al-Chérif. Des sources officielles affirment que les listes des candidats proposés ont subi une modification qui a touché plus de 60 % des candidats au Caire, et 100 % dans certaines circonscriptions.

Par ailleurs, les négociations vont bon train avec 15 députés à l’Assemblée du peuple qui ont brandi leur démission, en signe de protestations contre le mécanisme de choix des candidats, injuste selon eux envers les activistes les plus dévoués. Certains ont retiré leur démission à l’issue d’une réunion avec le responsable des sélections et homme d’affaires, Ahmad Ezz, alors que d’autres se sont contentés de « suspendre » leur affiliation au parti. « Nous étions mécontents parce que certains symboles du parti ne figuraient pas sur les listes des candidats », affirme le député PND, Hussein Awad. « Mais après notre réunion avec M. Ezz, nous avons découvert que les élections internes étaient correctes et finalement nous avons été convaincus qu’un candidat ne devrait pas être nommé s’il ne bénéficiait pas d’une popularité suffisante », ajoute Awad qui a retiré sa démission.

« Certes, le parti fait face à des troubles, mais cela n’aurait aucun effet sur les résultats des élections, vu l’absence de toute concurrence », estime l’analyste Amr Al-Choubaki, du Centre d’Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram. « Le PND compte sur l’appareil étatique, les gens ont l’habitude de voter pour ses candidats, ceux-ci sont plus capables de leur offrir les services dont ils ont besoin dans leur quotidien », ajoute Al-Choubaki.

Le PND monopolise ces élections sans véritable enjeu, notamment après l’invalidation des candidatures des Frères musulmans, principale force d’opposition. Face à ces 50 000 candidats, les autres partis de l’opposition laïque disputent ces élections avec à peine quelques centaines de candidats chacun.

Chérif Albert

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