Al-Ahram Hebdo, Egypte | Paix et coopération énergétique
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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 26 mars au 1er avril 2008, numéro 707

 

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Egypte

Diplomatie. Le président Moubarak a entamé lundi une visite de deux jours à Moscou. Au centre des discussions avec les dirigeants russes : la coopération en matière d’énergie nucléaire civile et la situation au Proche-Orient.

Paix et coopération énergétique

Deux questions principales figuraient à l’ordre du jour de cette visite présidentielle en Russie. Il s’agit de la signature d’un projet d’accord sur la coopération dans le domaine de l’énergie nucléaire et le projet russe d’une conférence internationale sur la paix au Proche-Orient. Le chef de l’Etat, arrivé lundi à Moscou accompagné de plusieurs ministres, a eu des entretiens avec le président nouvellement élu Dmitri Medvedev. Le successeur de Vladimir Poutine, élu le 2 mars, doit prendre ses fonctions le 7 mai. La Russie et l’Egypte ont signé le projet d’accord sur la coopération dans le domaine de l’énergie nucléaire. Le document constituera une base politique sur laquelle reposera la coopération dans le domaine du nucléaire civil entre les deux pays et facilitera la coopération entre les compagnies russes et égyptiennes. En octobre 2007, le chef de l’Etat avait annoncé le lancement du programme de construction de centrales nucléaires en Egypte, qui permettra au pays de satisfaire ses besoins en énergie. « L’Egypte cherche à diversifier ses fournisseurs. C’est une politique générale qui ne concerne pas seulement l’énergie nucléaire. Par exemple l’Egypte a importé 40 %  de son blé au cours des six derniers mois de Russie », explique une source diplomatique ayant requis l’anonymat. Le Caire s’oriente économiquement vers les pays de l’est de l’Europe qui sont bon marché et dont la qualité des produits a connu une nette amélioration. En matière de technologie, Le Caire souhaite mettre à profit la technologie russe en la matière. La première centrale nucléaire égyptienne doit être mise en exploitation dans huit ans. Pour sa part, le ministre de l’Electricité, Hassan Younès, a annoncé plus tôt que son coût atteindrait entre 1,5 et 2 milliards de dollars. « La signature de cet accord entre l’Egypte et la Russie dément les rumeurs de pressions américaines sur l’Egypte pour la détourner de toute coopération nucléaire avec Moscou », déclare la source diplomatique. En fait, la signature de ce document ne signifie pas que la construction de réacteurs nucléaires sera automatiquement confiée à des compagnies russes. Ces compagnies seront choisies au terme d’un appel d’offres international lancé par le gouvernement égyptien à la fin de l’année. Le Caire a jugé préférable de coopérer avec la Russie dans le domaine de l’énergie plutôt qu’avec les Etats-Unis, car Washington avance des conditions rigoureuses notamment quant au contrôle régulier des réacteurs égyptiens. La coopération russo-égyptienne dans le nucléaire civil a été évoquée la semaine dernière lors d’une rencontre au Caire entre le ministre russe de l’Energie et de l’Industrie, Viktor Khristenko, et le président Moubarak. La Russie peut fournir à l’Egypte une expertise pour assurer la formation du personnel des centrales nucléaires et le contrôle de la sécurité et de l’efficacité des installations nucléaires. Le ministre russe a espéré que l’accord permettrait aux sociétés russes d’accéder au marché égyptien. Pour sa part, le ministre égyptien du Commerce extérieur et de l’Industrie, Rachid Mohamad Rachid, a déclaré que l’Egypte lancerait un appel d’offres international pour la réalisation de son programme nucléaire. « Mais le nombre de bons candidats est limité. Ce sont avant tout la Russie et trois ou quatre autres Etats », a-t-il expliqué. Outre la coopération énergétique, l’Egypte table sur un développement des investissements russes. Les groupes pétrolier Loukoïl et gazier Novatek œuvrent déjà sur le sol égyptien. En 2007, les échanges commerciaux russo-égyptiens ont augmenté d’un tiers par rapport à 2006 pour s’élever à 2 milliards de dollars. Côté diplomatie , le processus de paix au Proche-Orient a été au menu des entretiens entre le président Moubarak et les dirigeants russes. La visite du chef de l’Etat intervient à un moment critique où le processus de paix entre Israéliens et Palestiniens est pratiquement gelé et où la situation s’aggrave à Gaza. Ezzat Al-Saïd ambassadeur d’Egypte à Moscou, explique que : « A un tel moment, il est toujours important pour l’Egypte d’avoir des consultations et d’échanger des idées avec la Russie ». En fait, la Russie ambitionne d’organiser une conférence sur le Proche-Orient à Moscou afin de relancer le processus de paix israélo-syrien gelé depuis 2000. « Nous pensons que nos relations avec la Russie continueront à se développer », a déclaré l’ambassadeur. Le projet russe d’une conférence internationale à Moscou a été au centre des entretiens. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a lancé le projet de cette conférence cette semaine lors de ses rencontres avec les dirigeants israéliens. « L’objectif central est d’aider aux négociations en cours pour créer une atmosphère positive qui permettra au processus de paix d’aboutir », a souligné le chef de la diplomatie russe.

Chérif Ahmed

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