Accidents de la Route.
Le général Chérif Gomaa,
vice-ministre de l’Intérieur, explique l’originalité et les
objectifs de la nouvelle loi sur la circulation. Entretien.
« Dans la nouvelle loi, on a évité toutes les failles de la
législation actuelle »
Al-Ahram Hebdo : Pensez-vous que la nouvelle loi pourra
améliorer la situation surtout que la précédente, datant de
2000, a été accompagnée de la même propagande lors de son
application ?
Chérif Gomaa :
La question est de savoir qui applique la loi de 2000.
Personne. Car chacun cherche un piston pour ne pas payer les
amendes, suite aux infractions. Dans la nouvelle loi, on a
évité toutes les failles de la législation actuelle. Elle
est basée sur un mécanisme qui garantit une application
correcte. C’est-à-dire, par exemple, que ce sont les
chauffeurs des camions, bus, microbus contrevenants, qui
seront punis et non pas le propriétaire du véhicule, comme
c’est le cas actuellement, ce qui donne quasiment de
l’impunité au conducteur qui est dans l’erreur.
— Comment allez-vous pouvoir contrôler cela, surtout
qu’un même véhicule peut être conduit par plusieurs
chauffeurs ?
— Tout d’abord, on a commencé par établir une base de
données comprenant tous les conducteurs. On va obliger les
propriétaires des véhicules de service public, de transport
et autres de savoir exactement qui conduit à chaque
permanence. Et d’après cette base de données, on pourra
repérer les chauffeurs et aussi enregistrer les
contraventions. A la première infraction, le chauffeur sera
averti, à la deuxième son permis de conduire sera
suspendu pour six mois, puis pour un an en cas de récidive
et enfin il sera annulé. Dans ce cas, ce chauffeur devra
suivre des cours dans une auto-école pour apprendre les
règlements et le code avant de passer un nouvel examen.
— Mais la plupart des agents de la circulation, qui sont
de faction dans les rues, ne sont pas capables d’enregistrer
correctement les numéros de voitures ...
— Effectivement, et c’est pour cette raison qu’on va
remplacer ces agents par des caméras électroniques très
sophistiquées qui pourront tout enregistrer. Suite à cet
enregistrement, le chauffeur va être averti de sa
contravention par un SMS sur son portable. Cela dit, les
plaques minéralogiques actuelles ne permettent pas un tel
repérage. Donc on va imposer de nouvelles, toutes
identiques, dans tout le pays à partir du premier août. Les
caméras détecteront le
code-barres qui enregistre toutes les informations
concernant la voiture et le chauffeur. Ces plaques seront
réalisées selon un système très moderne qui empêche de les
falsifier ou qu’elles soient abîmées comme ce qui se passe
avec les plaques actuelles. C’est une méthode de pointe dans
le monde entier.
— La nouvelle loi prévoit-elle des amendes à collecter
sur place ?
— Cela s’appliquera à certaines contraventions. Celles par
exemple sanctionnées d’une amende de 500 à 1 000 L.E. Si le
contrevenant paye tout de suite, il bénéficiera d’une
réduction. Il ne payera que 250 L.E. Mais s’il n’a pas
d’argent sur place, il devra se rendre personnellement dans
un délai de trois jours au Parquet, où il va payer 500 L.E.
Après ces trois jours, s’il ne paye pas, la contravention va
se transformer en un procès et il va payer le maximum. Son
permis va être perforé et à la sixième perforation, il sera
annulé.
— Mais comment le citoyen va-t-il connaître les nouvelles
dispositions ?
— L’application de cette nouvelle loi va être accompagnée
d’une campagne médiatique surtout à la télévision, où on va
faire une série de publicités comme celles du ministère des
Finances au sujet des impôts, qui réalisent un grand succès.
— Donc dans la nouvelle loi, s’agit-il simplement de
durcir les peines ?
— C’est une sorte de moyen fait pour communiquer avec les
conducteurs. Mais on a trouvé qu’on devait travailler en
parallèle avec la jeune génération en demandant au ministère
de l’Education d’ajouter au programme scolaire une matière
initiant au code de la route afin d’enseigner aux élèves dès
le départ ce genre de discipline.
Propos recueillis par Chérine Abdel-Azim