Al-Ahram Hebdo,Dossier | Chérif Gomaa, « Dans la nouvelle loi, on a évité toutes les failles de la législation actuelle »
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 26 mars au 1er avril 2008, numéro 707

 

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Dossier

Accidents de la Route. Le général Chérif Gomaa, vice-ministre de l’Intérieur, explique l’originalité et les objectifs de la nouvelle loi sur la circulation. Entretien.

« Dans la nouvelle loi, on a évité toutes les failles de la législation actuelle » 

Al-Ahram Hebdo : Pensez-vous que la nouvelle loi pourra améliorer la situation surtout que la précédente, datant de 2000, a été accompagnée de la même propagande lors de son application ?

Chérif Gomaa : La question est de savoir qui applique la loi de 2000. Personne. Car chacun cherche un piston pour ne pas payer les amendes, suite aux infractions. Dans la nouvelle loi, on a évité toutes les failles de la législation actuelle. Elle est basée sur un mécanisme qui garantit une application correcte. C’est-à-dire, par exemple, que ce sont les chauffeurs des camions, bus, microbus contrevenants, qui seront punis et non pas le propriétaire du véhicule, comme c’est le cas actuellement, ce qui donne quasiment de l’impunité au conducteur qui est dans l’erreur.

Comment allez-vous pouvoir contrôler cela, surtout qu’un même véhicule peut être conduit par plusieurs chauffeurs ?

— Tout d’abord, on a commencé par établir une base de données comprenant tous les conducteurs. On va obliger les propriétaires des véhicules de service public, de transport et autres de savoir exactement qui conduit à chaque permanence. Et d’après cette base de données, on pourra repérer les chauffeurs et aussi enregistrer les contraventions. A la première infraction, le chauffeur sera averti, à la deuxième son  permis de conduire sera suspendu pour six mois, puis pour un an en cas de récidive et enfin il sera annulé. Dans ce cas, ce chauffeur devra suivre des cours dans une auto-école pour apprendre les règlements et le code avant de passer un nouvel examen.

Mais la plupart des agents de la circulation, qui sont de faction dans les rues, ne sont pas capables d’enregistrer correctement les numéros de voitures ...

— Effectivement, et c’est pour cette raison qu’on va remplacer ces agents par des caméras électroniques très sophistiquées qui pourront tout enregistrer. Suite à cet enregistrement, le chauffeur va être averti de sa contravention par un SMS sur son portable. Cela dit, les plaques minéralogiques actuelles ne permettent pas un tel repérage. Donc on va imposer de nouvelles, toutes identiques, dans tout le pays à partir du premier août. Les caméras détecteront le code-barres qui enregistre toutes les informations concernant la voiture et le chauffeur. Ces plaques seront réalisées selon un système très moderne qui empêche de les falsifier ou qu’elles soient abîmées comme ce qui se passe avec les plaques actuelles. C’est une méthode de pointe dans le monde entier.

La nouvelle loi prévoit-elle des amendes à collecter sur place ? 

— Cela s’appliquera à certaines contraventions. Celles par exemple sanctionnées d’une amende de 500 à 1 000 L.E. Si le contrevenant paye tout de suite, il bénéficiera d’une réduction. Il ne payera que 250 L.E. Mais s’il n’a pas d’argent sur place, il devra se rendre personnellement dans un délai de trois jours au Parquet, où il va payer 500 L.E. Après ces trois jours, s’il ne paye pas, la contravention va se transformer en un procès et il va payer le maximum. Son permis va être perforé et à la sixième perforation, il sera annulé.

Mais comment le citoyen va-t-il connaître les nouvelles dispositions ?

— L’application de cette nouvelle loi va être accompagnée d’une campagne médiatique surtout à la télévision, où on va faire une série de publicités comme celles du ministère des Finances au sujet des impôts, qui réalisent un grand succès.

Donc dans la nouvelle loi, s’agit-il simplement de durcir les peines ?

— C’est une sorte de moyen fait pour communiquer avec les conducteurs. Mais on a trouvé qu’on devait travailler en parallèle avec la jeune génération en demandant au ministère de l’Education d’ajouter au programme scolaire une matière initiant au code de la route afin d’enseigner aux élèves dès le départ ce genre de discipline.

Propos recueillis par Chérine Abdel-Azim

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