Al-Ahram Hebdo, Dossier | Danger tous azimuts
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 Semaine du 26 mars au 1er avril 2008, numéro 707

 

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Dossier

Accidents de la Route. Nids-de-poule, mauvais goudronnage, obscurité, l’autoroute ouest de la Haute-Egypte, malgré sa réfection, reste dangereuse et maintient sa réputation de chemin sanglant.  

Danger tous azimuts 

3 555 km. C’est la longueur de l’autoroute de l’ouest Le Caire-Haute-Egypte, intitulée la route la plus sanglante en Egypte. A 15 minutes de la place Rimaya, à Guiza, commence ce chemin qui paraît d’entrée de jeu très calme, désert et bien goudronné. Mais cette atmosphère plus ou moins féerique ne dure pas longtemps. Au kilo 25 à peine, un microbus est renversé. Une dizaine de personnes sont regroupées et aident à sortir les victimes par les vitres du véhicule. Cris, bruit et clameurs. C’est le désordre en attendant l’ambulance. Grâce à Dieu, il n’y a pas de morts. Juste cinq blessés. Le désarroi règne. Mais aussi pour ces passagers, c’est du déjà-vu. « C’est vrai que la route est devenue plus sûre lorsqu’elle a été divisée en deux voies, l’une pour l’aller, l’autre pour le retour. Mais le problème est qu’elle est mal asphaltée », se plaint Sedqi Abdel-Hafez, chauffeur du véhicule, une fois évacué, sain et sauf en dehors de quelques égratignures. Un agent qui fait la ronde arrive à bord de son motocycle. Il semble rassuré ? Il n’y a pas de blessés graves. Et puis, cet accident n’est pas le premier du genre. Ça ne l’étonne donc pas. « Avant de créer l’autre voie, les voitures se heurtaient, aujourd’hui, elles se renversent. C’est un défaut dans la voie. Je me demande comment les responsables ont accepté que la route leur soit remise dans cet état ? ». La foule s’est dissipée. Les passagers, un peu étourdis, se soutenant un peu ont pris un autre véhicule et poursuivi leur chemin. Rien de grave donc. On n’a même pas vu l’ambulance arriver. La vie continue. Tout au long du chemin, des plaques qui mettent en garde contre les excès de vitesse, surveillés par des radars, semblent invisibles pour les chauffeurs. Tous conduisent à une grande vitesse. Les conducteurs semblent ne pas guère tenir compte de ces consignes. Les véhicules de toutes marques, dimensions et poids roulent à tombeau ouvert et nous dépassent. Notre chauffeur a décidé de faire de même et accéléré jusqu’à 120 km/heure, alors que la vitesse réglementaire est de 90 km/h maximum, pour vérifier la présence de radars, surtout qu’on n’a pas rencontré le moindre barrage routier. Mais hop voilà. Un policier embusqué entre deux barils longeant la route à la hauteur du village de Gezra, appareil en main, nous a détectés. Quelques mètres plus tard, c’est un barrage et le permis a été retiré ? Un piège ? Seules les voitures privées ont été sanctionnées ? Les camions et microbus l’ont franchi sains et saufs. Ils étaient simplement au courant des lieux d’installation du radar. Donc, c’est une fausse surveillance.

A Wasta, toujours sur la même route, un camion-remorque transportant des blocs de pierres est renversé. Des bris de vitres partout, les pierres aussi. Un autre véhicule du même type est arrêté à côté sans la moindre égratignure. Une femme est à côté du poids lourd renversé cachant son visage. « Mon mari, c’est le camionneur. Il a été surpris par l’autre sorti brusquement sur la route, en tentant de l’éviter, il s’est renversé ». Les deux chauffeurs sont allés au poste de police pour établir un procès-verbal. En fait, c’est toujours la route et son asphaltage qui semblent être accusés.

Les accidents se suivent et se ressemblent sur les 180 km parcourus jusqu’à l’approche de Minya. Un camion gisant par terre. Que s’est-il passé ? « Je roulais à la vitesse normale, mais c’est un nid-de-poule dans un virage qui m’a fait basculer. Ils sont très nombreux, tout au long du chemin je dirais et très dangereux notamment pour les poids lourds », se défend le camionneur. Pour lui, les responsables lorsqu’ils prennent réception d’une route, ils la testent avec des véhicules privés et non des camions.

Bien qu’il s’agisse d’une nouvelle route devant être plus sûre, elle semble plus ou moins défectueuse. Il y a moins de morts, il est vrai, puisqu’il n’y a plus de collision, mais ce sont les véhicules qui sont endommagés. Les usagers se débrouillent parfois seuls pour se protéger. Des maçons sont là en train de construire un mur à la lisière de la chaussée, à la hauteur du village de Qasr Al-Bassel. Il y a un virage aigu et à côté un fossé très profond, on dirait un cimetière pour les voitures. Le plus beau, c’est qu’il est tout près d’un poste ambulancier du Croissant-Rouge. Un exemple type des problèmes de sécurité routière. Une autoroute venant d’être inaugurée il y a deux mois et qui a besoin d’importants travaux de réfection. Son entretien aussi laisse à désirer. Et que dire de la nuit ? Il n’y a aucun poteau d’éclairage. Un défaut corrigé par un autre défaut pour que la route maintienne son surnom.

Chérine Abdel-Azim

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