Al-Ahram Hebdo, Arts | Le suspense comme mot d’ordre
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 26 mars au 1er avril 2008, numéro 707

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Francophonie

  Opinion

  Société

  Arts

  Idées

  Livres

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Arts

Cinéma. Deux nouveaux thrillers en salles, Ghorfa 707 (Chambre n°707) et Charie 18 (Rue n°18), s’affranchissent des grands noms de la comédie. Mais le standard laisse à désirer.

Le suspense comme mot d’ordre

Le succès récent des films policiers a encouragé plusieurs jeunes cinéastes à investir ce genre qui demeure sous-exploité. D’où deux thrillers actuellement en salles.

Regroupant plusieurs jeunes comédiens sans recourir aux stars confirmées, Ghorfa 707 (chambre n°707), écrit par Samira Mohsen et réalisé par Ihab Radi, présente pour la première fois la chanteuse libanaise Rola Saad en tant qu’actrice et Magdi Kamel dans son premier grand rôle, après une veine de seconds rôles. L’intrigue repose sur une histoire d’amour pleine d’embûches, entre Ahmad, professeur à la faculté de médecine et son étudiante Sara. A partir de là, on passe au trafic d’organes, prenant place dans la chambre n°707, celle d’un hôpital cairote. La tyrannie des riches s’oppose à la misère des petites gens, au sein d’une société ravagée par les crises économiques. Le suspense nourri par des aventures rocambolesques fait que l’on prévoit la fin dès le commencement.

Pourtant, le début du film ne s’annonçait pas trop mal, même si la trame s’avère assez conventionnelle, le scénario relève du déjà-vu, les rebondissements tombent à plat et les acteurs pataugent un peu.

La Chambre 707 est une vraie déception pour un public en quête d’œuvres différentes durant cette période « hors saison ». Le film semble réellement manquer d’ambition, se contentant d’être une inspiration hitchcockienne à la sauce teenager.

On y retrouve trop de scènes piochées dans d’autres films, ce qui fait que les événements ne surprennent guère. Malgré la belle image, les essais des acteurs qui ont fait de leur mieux et ceux du réalisateur visant à sauver son œuvre, le film est sans épaisseur dramatique et sans surprises artistiques. Bref, c’est le genre de fiction qui passe vite au petit écran, par l’intermédiaire des chaînes satellites arabes un samedi après-midi et que l’on peut regarder en grignotant sur son canapé.

Le deuxième thriller en question Charie 18 (rue n°18), écrit par Omar Chama et réalisé par Hossam Al-Gohari, s’inspire d’une aventure à la Agatha Kristie.

Aya — interprétée par Donia Samir Ghanem — est témoin de l’assassinat feint de son amie Rawya, interprétée par Mayss Hemdane. C’est Aymane, le frère de cette dernière et le petit copain de la première, qui a mis en scène cette mort fabriquée de toutes pièces pour éviter qu’il soit lui-même tué pour une histoire d’héritage.

Le choix des acteurs parait judicieux : le jeune Ahmad Falawkas (dans le rôle d’Aymane) fait preuve d’être un vrai comédien et non un acteur relevant d’un simple effet de mode. Donia Samir Ghanem, elle aussi, montre que l’époque où elle se contentait d’incarner de simples petits rôles est belle et bien révolue. Sameh Al-Séreiti excelle dans le jeu du vilain et donne l’impression que ce genre de rôle lui va comme un gant.

Derrière un scénario typiquement policier et loin de briller par son originalité, se dissimule une œuvre cinématographique d’une beauté claire portant le style propre du réalisateur.

Le thème du départ n’est pas grandement inédit mais l’œuvre est loin d’être banale. Sur fond de romance des plus ordinaires, se greffent de nombreux éléments aussi surprenants que sophistiqués et le résultat n’en est que plus savoureux. Son véritable atout apparaît au niveau de l’émotion et des expressions qui se dégagent tout au long du film, émotion notamment transmise grâce à la sincérité et à la retenue de l’interprétation des protagonistes. La véritable réussite de ce film se situe également au niveau de la mise en scène, d’une magnificence et d’une élégance saisissantes.

Mention particulière bien méritée à la bande musicale signée Amr Ismaïl, qui a réussi à bien seconder les différentes émotions des personnages en secondant le suspense et le mystère qui était le mot d’ordre dans la majorité de l’œuvre.

En dépit de quelques défauts, il y a quelque chose à découvrir, loin des nouvelles œuvres cinématographiques, basées presque toutes sur le burlesque, pour arracher les rires du public et essayer de plaire.

Le deux drames hitchcockiens Chambre n°707 et Rue n°18 ont voulu puiser dans le genre policier, mais beaucoup reste à faire. Il s’agit là d’un registre à explorer par plein de jeunes talents à la recherche de personnalité.

Yasser Moheb

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah - Chourouq Chimy
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.