Al-Ahram Hebdo, Afrique | Le début de la fin ?
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 Semaine du 26 mars au 1er avril 2008, numéro 707

 

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Afrique

Ouganda. Afin de mettre fin à l’un des plus longs conflits du continent, le gouvernement et les rebelles ougandais devraient signer vendredi prochain un accord de paix définitif.

Le début de la fin ?

Débuté en juillet 2006, les négociations de paix inter-ougandaises à Juba, capitale du Sud-Soudan, ont fini par aboutir. Les différentes parties devraient en effet signer l’accord final de paix cette semaine. Le gouvernement ougandais et la rébellion de l’Armée de résistance du seigneur (LRA) ont reconduit un cessez-le-feu dans cette optique. La signature formelle de l’accord est prévue le 28 mars mais il existe un point de divergence qu’ils négocient encore. Il s’agit des mandats d’arrêts lancés en 2005 contre cinq dirigeants de la LRA, pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, par la Cour Pénale Internationale (CPI), installée à La Haye (Pays-Bas). Cette question constitue un obstacle à la conclusion de l’accord pour l’état-major de cette rébellion qui terrorise depuis 20 ans la population civile dans le nord de l’Ouganda.

Caché dans l’extrême est de la République Démocratique du Congo (RDC), le chef de la LRA, Joseph Kony, a fait du retrait des mandats de la CPI un préalable à la signature de l’accord de paix, tout en indiquant être prêt à affronter un tribunal ougandais traditionnel. Répondant à ces revendications, le président ougandais, Yoweri Museveni, a promis aux responsables de la LRA de leur éviter un procès devant la CPI, à la condition qu’ils signent l’accord de paix définitif. Le gouvernement et la LRA ont signé fin février un accord de désarmement, de démobilisation et de réinsertion sociale des rebelles, dernière étape avant la signature d’un accord de paix définitif. « S’il signe l’accord de paix et revient sous notre juridiction, il relèvera alors de notre responsabilité, et non de celle d’un tiers, y compris de la CPI », a assuré le président Museveni. En effet, un des volets de cet accord prévoit la création d’institutions de justice traditionnelle pour traiter les crimes de moindre importance de la LRA et surtout d’un tribunal spécial, abrité par sa Cour suprême, pour juger les actes les plus graves.

Selon plusieurs analystes, l’armée ougandaise, montrée du doigt pour l’exécution sommaire de civils et le déplacement forcé de centaines de milliers de personnes, pourrait également être poursuivie par la CPI si les leaders de la LRA venaient témoigner devant la cour. « Le président ougandais pourrait, en instituant ce tribunal spécial, garder le contrôle de ces procès et ainsi dissimuler les atrocités du gouvernement. Il est possible que l’Ouganda puisse démontrer à la CPI qu’il est en mesure d’organiser des procès dignes de ce nom, mais Joseph Kony (chef de la LRA) pourrait au final préférer un procès à La Haye, avec une audience publique et une bonne défense », a exprimé à l’AFP Tim Allen, chercheur à la London School of Economics et spécialiste du conflit ougandais. « A La Haye, des éléments à charge peuvent surgir sur les crimes contre l’humanité de l’armée ougandaise qui amèneraient la population à demander des comptes », a ajouté Allen. Pour régler cette question juridique, une solution a été suggérée : organiser un procès en Ouganda sous le contrôle d’observateurs de la CPI. En effet, la LRA dispose depuis des années de bases au Sud-Soudan et a aussi établi des camps dans le nord-est de la RDC, où elle fait de fréquentes incursions depuis septembre 2006. Ce conflit ougandais a fait des dizaines de milliers de morts et provoqué le  déplacement de près de deux millions de personnes.

Maha Salem

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