Plongée.
Alexandrie sert aussi de destination pour les amateurs des
fonds sous-marins.
Le chant de la sirène
Lors
de la dernière décennie, Alexandrie est devenue un centre
d’attraction pour le tourisme de plongée sous-marine. Mais
la plongée à Alexandrie diffère particulièrement de celle de
la mer Rouge. Si celle de la mer Rouge permet au plongeur de
découvrir les rares récifs et les poissons multicolores, à
Alexandrie les choses sont différentes. Il s’agit en fait de
la plongée archéologique qui convient aux touristes et aux
spécialistes en l’archéologie sous-marine.
Grâce aux fouilles sous-marines, menées d’abord par Kamel
Aboul-Saadate (pionnier de la plongée sous-marine à
Alexandrie), et ensuite par Jean-Yves Empereur, dans le port
Est (ou le quartier royal de la ville ancienne), ou aussi de
Franck Goddio, les amateurs de plongée sous-marine pourront
ainsi admirer les ruines d’une ère légendaire de l’Egypte
gréco-romaine.
En 332 av. J.-C., Alexandre Le Grand fonda une ville sur la
rive sud de la Méditerranée. Cette cité est devenue, par la
suite, la métropole du monde hellénistique avec ses palais
superbes, sa bibliothèque majestueuse et son phare
merveilleux. En 310 av. J.-C., c’est la bataille d’Actium.
La flotte de Marc Antoine et de Cléopâtre s’écrasa par celle
d’Octave. Antoine se suicida et Cléopâtre le suivit.
Ensuite, de forts séismes successifs frappèrent la ville qui
fit naufrage avec tous ses trésors. Ce sont quelques scènes
de l’histoire d’Alexandrie gréco-romaine et hellénistique.
Des vestiges de toute cette période, dont les ruines du
palais de Cléopâtre et du quartier royal, se trouvent encore
sous la mer d’Alexandrie.
Achraf
Sabri, propriétaire d’un centre de plongée à Nice, en
France, a eu l’idée, il y a huit ans, de créer dans sa ville
natale, Alexandrie, le centre de plongée Alexandra Dive pour
faire valoir non seulement les atouts archéologiques de la
ville, mais aussi la possibilité de plongée sous-marine
exceptionnelle. « Nous avons actuellement une cinquantaine
de sites submergés qui se trouvent tout au long de la côte
jusqu’à Salloum, sur la frontière libyenne. Le succès
réalisé au port Est d’Alexandrie a donné lieu à la création
d’autres centres : Héracléion et Canope à Abouqir, deux
villes gréco-romaines sur la Côte-Nord à Marsa Matrouh, sans
oublier les vestiges de la flotte de Bonaparte au large de
l’île de Nelson à Abouqir », explique Achraf Sabri. Les
plongeurs pourront explorer les épaves de navires antiques
ainsi que des bâtiments de guerre et d’avions militaires
coulés surtout pendant la deuxième guerre mondiale
(1939-1945) ou suite à des naufrages. Ces épaves se trouvent
tant dans la Méditerranée que la mer Rouge. Pourtant, les
plus célèbres et les plus connues sont celles de la mer
Rouge. Les épaves de la Méditerranée se distinguent par le
fait qu’elles appartiennent à plusieurs époques. Il y a des
navires de l’antiquité et d’autres qui sont plus récents. La
plongée pour explorer des épaves semble être un rêve pour
les amateurs : celui de visiter des navires naguère pleins
de vie, aujourd’hui habités seulement par des poissons et
des plantes. Chacun s’imagine l’histoire du bateau naufragé
comme un film qui se déroule devant ses yeux, et la
curiosité et le mystère prennent plus d’importance lorsqu’il
s’agit d’un galion plein d’or par exemple, dans ce cas
chacun va s’imaginer qu’il va trouver un trésor perdu.
L’accès à ces lieux sera facile avec la présence de trois
aéroports construits récemment dans la région, à Marsa
Matrouh, Siwa et Alamein. Le centre Alexandra Dive, au port
Est, a réussi à attirer à peu près un million de touristes
par an, de plusieurs nationalités. On peut citer entre
autres les Américains, les Italiens, les Japonais, les
Australiens, les Anglais et surtout les Français.
Entraves bureaucratiques
Cependant, il semble que ce succès ne plaît pas aux
responsables. L’idée de la fondation de ce centre a été
entravée pendant deux ans par plusieurs difficultés. Il
fallait d’abord obtenir les autorisations nécessaires
demandées du gouvernorat d’Alexandrie et la Marine. Il
fallait aussi préserver les lieux de fouilles sous-marines
d’un vandalisme éventuel. C’est sous la surveillance du
Conseil Suprême des Antiquités (CSA) que ces plongées ont
lieu. « Les plongeurs doivent être accompagnés par un ou
deux inspecteurs du CSA pour assurer la sécurité des pièces
ensevelies sous la mer », explique Alaa Mahrous, directeur
du département des antiquités sous-marines d’Alexandrie. Le
propriétaire d’Alexandra Dive voit de sa part que les
responsables au gouvernorat d’Alexandrie ainsi que ceux du
CSA entravent les activités de ce centre. Quoi qu’il en
soit, le CSA ne fait que son devoir de préservation.
Il
faudrait trouver le bon équilibre.
Amira
Samir