Al-Ahram Hebdo, Voyages | Le chant de la sirene
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 Semaine du 19 au 25 mars 2008, numéro 706

 

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Voyages

Plongée. Alexandrie sert aussi de destination pour les amateurs des fonds sous-marins. 

Le chant de la sirène 

Lors de la dernière décennie, Alexandrie est devenue un centre d’attraction pour le tourisme de plongée sous-marine. Mais la plongée à Alexandrie diffère particulièrement de celle de la mer Rouge. Si celle de la mer Rouge permet au plongeur de découvrir les rares récifs et les poissons multicolores, à Alexandrie les choses sont différentes. Il s’agit en fait de la plongée archéologique qui convient aux touristes et aux spécialistes en l’archéologie sous-marine.

Grâce aux fouilles sous-marines, menées d’abord par Kamel Aboul-Saadate (pionnier de la plongée sous-marine à Alexandrie), et ensuite par Jean-Yves Empereur, dans le port Est (ou le quartier royal de la ville ancienne), ou aussi de Franck Goddio, les amateurs de plongée sous-marine pourront ainsi admirer les ruines d’une ère légendaire de l’Egypte gréco-romaine.

En 332 av. J.-C., Alexandre Le Grand fonda une ville sur la rive sud de la Méditerranée. Cette cité est devenue, par la suite, la métropole du monde hellénistique avec ses palais superbes, sa bibliothèque majestueuse et son phare merveilleux. En 310 av. J.-C., c’est la bataille d’Actium. La flotte de Marc Antoine et de Cléopâtre s’écrasa par celle d’Octave. Antoine se suicida et Cléopâtre le suivit. Ensuite, de forts séismes successifs frappèrent la ville qui fit naufrage avec tous ses trésors. Ce sont quelques scènes de l’histoire d’Alexandrie gréco-romaine et hellénistique. Des vestiges de toute cette période, dont les ruines du palais de Cléopâtre et du quartier royal, se trouvent encore sous la mer d’Alexandrie.

Achraf Sabri, propriétaire d’un centre de plongée à Nice, en France, a eu l’idée, il y a huit ans, de créer dans sa ville natale, Alexandrie, le centre de plongée Alexandra Dive pour faire valoir non seulement les atouts archéologiques de la ville, mais aussi la possibilité de plongée sous-marine exceptionnelle. « Nous avons actuellement une cinquantaine de sites submergés qui se trouvent tout au long de la côte jusqu’à Salloum, sur la frontière libyenne. Le succès réalisé au port Est d’Alexandrie a donné lieu à la création d’autres centres : Héracléion et Canope à Abouqir, deux villes gréco-romaines sur la Côte-Nord à Marsa Matrouh, sans oublier les vestiges de la flotte de Bonaparte au large de l’île de Nelson à Abouqir », explique Achraf Sabri. Les plongeurs pourront explorer les épaves de navires antiques ainsi que des bâtiments de guerre et d’avions militaires coulés surtout pendant la deuxième guerre mondiale (1939-1945) ou suite à des naufrages. Ces épaves se trouvent tant dans la Méditerranée que la mer Rouge. Pourtant, les plus célèbres et les plus connues sont celles de la mer Rouge. Les épaves de la Méditerranée se distinguent par le fait qu’elles appartiennent à plusieurs époques. Il y a des navires de l’antiquité et d’autres qui sont plus récents. La plongée pour explorer des épaves semble être un rêve pour les amateurs : celui de visiter des navires naguère pleins de vie, aujourd’hui habités seulement par des poissons et des plantes. Chacun s’imagine l’histoire du bateau naufragé comme un film qui se déroule devant ses yeux, et la curiosité et le mystère prennent plus d’importance lorsqu’il s’agit d’un galion plein d’or par exemple, dans ce cas chacun va s’imaginer qu’il va trouver un trésor perdu.

L’accès à ces lieux sera facile avec la présence de trois aéroports construits récemment dans la région, à Marsa Matrouh, Siwa et Alamein. Le centre Alexandra Dive, au port Est, a réussi à attirer à peu près un million de touristes par an, de plusieurs nationalités. On peut citer entre autres les Américains, les Italiens, les Japonais, les Australiens, les Anglais et surtout les Français.

 

Entraves bureaucratiques

Cependant, il semble que ce succès ne plaît pas aux responsables. L’idée de la fondation de ce centre a été entravée pendant deux ans par plusieurs difficultés. Il fallait d’abord obtenir les autorisations nécessaires demandées du gouvernorat d’Alexandrie et la Marine. Il fallait aussi préserver les lieux de fouilles sous-marines d’un vandalisme éventuel. C’est sous la surveillance du Conseil Suprême des Antiquités (CSA) que ces plongées ont lieu. « Les plongeurs doivent être accompagnés par un ou deux inspecteurs du CSA pour assurer la sécurité des pièces ensevelies sous la mer », explique Alaa Mahrous, directeur du département des antiquités sous-marines d’Alexandrie. Le propriétaire d’Alexandra Dive voit de sa part que les responsables au gouvernorat d’Alexandrie ainsi que ceux du CSA entravent les activités de ce centre. Quoi qu’il en soit, le CSA ne fait que son devoir de préservation. Il faudrait trouver le bon équilibre.

Amira Samir

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