Athlétisme.
En se qualifiant aux Jeux olympiques de Pékin 2008 pour les
100 m et 200 m, Amr Ibrahim réalise la meilleure performance
égyptienne dans ces épreuves.
Speedy Ibrahim
A
22 ans, Amr Ibrahim a réalisé un exploit pour lui et pour
l’athlétisme égyptien. Lors des derniers Championnats du
monde en salle, qui se sont achevés le 9 mars à Valence
(Espagne), Amr a disputé les demi-finales du 60 m (ndlr :
aux Mondiaux en salle, le 60 m remplace le 100 m). Et il ne
s’est pas contenté de devenir le premier Egyptien à disputer
une demi-finale du 60 m et terminer 13e de la course qui a
regroupé 64 athlètes, mais a aussi réalisé un record
personnel sur la distance avec 6,69, le qualifiant pour les
Jeux Olympiques (JO) de Pékin 2008. « Il égalise le temps de
10,20 sur le 100 m, et avec ce record Amr décroche son
ticket pour les JO sur le 100 m car le minimum pour la
qualification sur cette distance est 10,28 », déclare Mohsen
Mahgoub, responsable des médias à la Fédération égyptienne.
Ce ticket n’est pas le premier pour le jeune homme, il avait
décroché un premier ticket sur le 200 m lors des
Championnats du monde des universités qui se sont déroulés
en Thaïlande en août dernier, et où il a, outre cette
qualification pour les JO, remporté la médaille d’or en
réalisant un record de 20,74. Quelques jours plus tard, il
confirme ces bons résultats lors des Championnats du monde
d’Osaka, en réalisant un nouveau record égyptien et
personnel sur le 200 m avec un temps de 20,65 et dispute les
quarts de finale des Mondiaux 2007.
Grâce à ces performances, Amr a prouvé que l’Egypte possède
des athlètes talentueux dans ces épreuves qui ont été
longtemps négligées par la Fédération égyptienne, qui
considère les courses de vitesse comme des disciplines
difficiles pour les Egyptiens. Mais en 2007, est venu Amr
Ibrahim, qui a donné un nouveau souffle à l’épreuve. Le 100
m, par exemple, est divisé en 3 : les 30 premiers mètres qui
comportent le starting-block et l’accélération, puis il y a
la distance où la vitesse se stabilise, et enfin les 20
derniers mètres où la vitesse régresse légèrement. A
l’entraînement, le 100 m est divisé en 10 distances et
l’entraîneur doit travailler avec l’athlète sur chacune de
ces distances afin de l’améliorer. « Je connais bien la
difficulté de ces épreuves qui demandent une technique
recherchée et une concentration à 100 %, et je sais qu’il me
reste beaucoup à apprendre afin d’améliorer mon niveau, en
fait j’ai beaucoup de défauts. Mais je suis enthousiaste et
le challenge compense le manque d’expérience », confie Amr
Ibrahim. Avec son entraîneur, Medhat Abdel-Nabi, son niveau
a connu une envolée ces 2 dernières années. « Amr avait un
grand défaut qui a affecté son niveau, un très mauvais
départ. Donc j’ai travaillé avec lui pour améliorer cela et
durant les Mondiaux de Valence, j’ai vu les fruits de ce
travail. Selon les statistiques de la course, Amr a occupé
la 3e place dans les 20 premiers mètres ».
Des débuts fulgurants
Ce dernier a conduit Amr dès ses débuts et l’a aidé à
réaliser ses meilleures performances en 2007 et 2008. « Les
saisons 2007 et 2008 annoncent mon début en tant qu’athlète
professionnel, durant ces saisons j’ai réalisé un grand
progrès au niveau technique », souligne le champion
d’Afrique. Si Amr Ibrahim a attiré l’attention des
responsables des sports depuis 2007, il s’est distingué dès
ses débuts et a aussi attiré l’attention des responsables de
la Fédération égyptienne.
En 2002, le jeune homme commence à pratiquer l’athlétisme
par hasard et enregistre des débuts fulgurants. Connu pour
sa vitesse en course avec ses camarades, Amr participe sous
les couleurs de son école de Damiette à un tournoi scolaire
qui se déroule au Caire. Lors de ce tournoi, ce garçon
inconnu termine 1er du 100 m et bat le record d’Egypte.
Grâce à cette performance, il rejoint immédiatement la
sélection nationale et dispute d’ores et déjà les
Championnats arabes des moins de 20 ans. Sans entraînement
professionnel, il termine 4e du 100 m et remporte la
médaille de bronze du relais 4x100 m. En 2003, il commence à
pratiquer l’athlétisme de façon plus professionnelle et
rejoint le club Ahli pour s’entraîner avec Medhat Abdel-Nabi,
qui le suit au club et à la sélection. « Le président de la
Fédération égyptienne, Achraf Békir, a décidé que je devais
continuer à entraîner Amr en sélection », confie Medhat
Abdel-Nabi.
En 2003, ce coureur égyptien qui n’a joui d’aucune bonne
préparation occupe la 1re place mondiale des moins de 18
ans. « A cette époque, je savais que j’étais un bon athlète
et que j’étais capable de réaliser de grandes choses »,
avoue le jeune homme. Grâce à ce classement mondial, le
Comité olympique international lui offre un stage de
préparation en 2004 aux Etats-Unis.
« J’en suis encore à mes débuts, je vise mieux ».
Cette saison, en effet, le calendrier du jeune homme est
surchargé avec des compétitions et des stages de préparation
à l’étranger. Le 30 avril prochain, il doit disputer un
tournoi international en Ethiopie, puis devrait rejoindre un
pays européen pour un stage de 2 mois et demi, durant lequel
il doit disputer plusieurs tournois internationaux afin
d’arriver fin prêt aux JO. « Amr a besoin d’acquérir
beaucoup d’expériences, c’est pourquoi il est très important
pour lui de disputer un bon nombre de compétition d’ici les
JO », affirme son entraîneur.
« En sport, il est impossible de faire des pronostics, je
dispute chaque compétition en pensant à m’améliorer. Cette
saison, j’espère battre les 10 secondes en 100 m et arriver
à réaliser 20,20 ou 20,30 en 200 m ». Mais son rêve le plus
grand reste l’exploit aux JO de Pékin … .
Doaa
Badr