Al-Ahram Hebdo, Monde Arabe | Décrispation de plus en plus improbable
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 Semaine du 19 au 25 mars 2008, numéro 706

 

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Monde Arabe

Liban. Depuis le 24 novembre dernier, le pays peine à faire élire un nouveau chef d’Etat. Sans élection avant le prochain sommet arabe, celui-ci risque fort d’aller à l’échec. 

Décrispation de plus en plus improbable 

« Le Liban prendra-t-il part au prochain sommet arabe ? », « Pourra-t-on espérer un dénouement assez prochain de la crise au Liban ? », « La Syrie prendra-t-elle un pas positif à même de rassurer les Arabes et répondre à leurs inquiétudes ? ». Toute une kyrielle de questions auxquelles la réponse est au moins pour le moment à la négative. En effet, plus la date du sommet arabe s’approche, plus le scepticisme concernant sa réussite augmente et plus les pressions sur la Syrie accroissent, la crise libanaise jetant son ombre sur cette réunion. Et si la Syrie a adressé jeudi une invitation au premier ministre libanais Fouad Siniora pour le sommet arabe, dans une tentative de calmer le jeu avec certaines capitales arabes, comme Riyad et Le Caire, qui ont laissé entendre qu’elles boycotteraient la rencontre si le Liban en était exclu, le doute reste de mise quant à cette participation. Le leader druze Walid Joumblatt, l’un des piliers de la majorité anti-syrienne au Liban, s’est vite dit opposé à la participation de son pays au sommet arabe, prévu les 29 et 30 mars à Damas.

« Les ministres qui me représentent au gouvernement vont voter contre une participation du Liban au sommet », a dit M. Joumblatt, selon des extraits d’une interview à la chaîne libanaise Future News TV, diffusés dimanche. Selon des sources ministérielles, il suffit que deux voix votent contre la participation libanaise pour que cette dernière n’ait pas lieu.

« Nous n’irons pas à Damas ni n’accepterons les ordres du régime syrien », a dit le leader druze qui s’en est pris à la politique syrienne accusée d’être derrière des assassinats de dirigeants politiques libanais. Ce que Damas nie. La majorité soutient également que Damas déstabilise le Liban en vue d’y regagner son influence.

Raison pour laquelle la coalition au pouvoir au Liban, qui a célébré vendredi le troisième anniversaire de « la Révolution du Cèdre », qui a abouti en 2005 au retrait des troupes syriennes du Liban, a réaffirmé son refus de l’ingérence de Damas, accusé de bloquer l’élection d’un président libanais. « Damas doit cesser de traiter avec le Liban comme s’il s’agissait d’un département syrien », a déclaré Farès Souaid, l’un des ténors de la coalition, lors d’un congrès intitulé « Printemps 2008 », devant près de 2 500 personnes réunies dans un centre d’exposition au cœur de Beyrouth.

 

Missions de médiation

C’est dans ce contexte qu’une délégation de parlementaires arabes est arrivée dimanche au Liban pour tenter de débloquer la crise politique qui paralyse le pays depuis plusieurs mois. « Nous, dans le monde arabe, sommes inquiets des profonds désaccords au Liban ainsi que de l’état de la sécurité », a déclaré le chef de la délégation, Mohammed Jassem Al-Saqr, à son arrivée à l’Aéroport de Beyrouth. « Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour la réconciliation nationale au Liban », a-t-il assuré. « Nous soutenons l’initiative de la Ligue arabe. Nous ne lançons pas de nouvelle initiative mais nous proposons quelques idées », a dit M. Saqr. « Si la situation nécessite que nous allions en Syrie, nous le ferons », a ajouté le chef de la délégation parlementaire arabe.

Parallèlement à cette visite, le porte-parole de la politique extérieure de l’Union européenne, Javier Solana, a appelé dimanche à accentuer la pression sur la Syrie pour permettre l’élection en mars d’un président au Liban, sans laquelle le pays pourrait être plongé dans une « crise dramatique ».

Mais au moment où tous les regards sont détournés vers le Liban, le régime syrien a opté pour inviter officiellement l’Iran à un sommet qui est censé ne regrouper que les Arabes. Bien plus, Téhéran a accepté l’invitation et a déclaré qu’il y prendrait part comme il lui est arrivé d’assister à la dernière réunion du CCG. Ne s’agit-il là d’une volonté de renforcer l’axe Damas-Téhéran principal allié du Hezbollah et de délivrer un message dont la teneur est : « Nous sommes là et nous y restons » ?

Rania Adel

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