Al-Ahram Hebdo,Invité | Tareq Kamel
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 Semaine du 19 au 25 mars 2008, numéro 706

 

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Invité

Ministre des Communications et de la Technologie de l’information, Tareq Kamel évoque le plan d’action pour l’établissement d’un gouvernement électronique et la promotion des technologies de l’information.

« L’Egypte est capable d’exporter des services technologiques »

Al-Ahram Hebdo : Les tarifs des services de communication en Egypte restent élevés pour une majorité d’Egyptiens. Comptez-vous y remédier ?

Tareq Kamel : Ceci n’est pas du tout vrai. Commençons par le tarif des communications locales du téléphone fixe à l’intérieur du gouvernorat du Caire par exemple. Ces tarifs sont les moins coûteux au niveau du monde entier pour ce qui est des communications locales. Passons ensuite au tarif des téléphones portables qui est très raisonnable si on le compare à d’autres pays qui enregistrent le même taux de PNB que le nôtre. Troisièmement : la transmission du service Internet gratuit à travers le téléphone fixe (Dial Up), ou bien à travers l’abonnement à l’Internet rapide (ADSL) et dont le tarif d’abonnement a atteint 45 L.E. Il n’en demeure pas moins vrai que les tarifs des communications internationales demeurent toujours élevées, et notamment celles à partir de l’Egypte vers l’étranger. D’ailleurs, une restructuration est en cours d’élaboration au niveau du monde entier. Pour les communications internationales, ou le service Roaming, nous sommes en train de reconsidérer les coûts et tarifs qui vont au-delà de la moyenne mondiale. Nous désirons diminuer les tarifs des services à ce niveau. Mais la restructuration requise nécessite pour qu’elle soit appliquée au moins un ou deux ans, car nous devons prendre en considération les contrats conclus entre les compagnies égyptiennes et les autres acteurs internationaux.

Le plan adopté par le ministère en vue de réduire les tarifs consiste à accorder de nouvelles licences pour les communications, que ce soit pour la téléphonie mobile ou bien le portable. Ceci entraînera sans nul doute une réduction des tarifs des communications internationales à partir ou en provenance de l’étranger sur une plus large envergure.

— Les compagnies de portables en Egypte sont accusées d’exercer des monopoles ? Qu’en est-il ?

— A un moment donné il n’y avait que deux compagnies seulement qui opéraient dans le domaine du portable, à savoir MobiNil et Vodafone qui se partageaient le marché. Mais avec l’entrée en fonction du troisième opérateur et la diminution énorme dans les prix et la multiplication des offres sérieuses proposées à la clientèle, ce n’est plus le cas. Je voudrais mettre l’accent sur le fait qu’il existe une grande différence entre les monopoles et les quotas d’une compagnie au sein du marché. Le marché qui est divisé à 45 % entre les deux grands opérateurs MobiNil et Vodafone et 10 % pour Etisalat est régi par des mécanismes stricts et soumis à la compétition. Et donc il est tout à fait normal que les offres gagnent en abondance accompagnées d’une réduction accrue des prix. Ce qui est dans l’intérêt du citoyen égyptien, notre principal souci.

— Le projet du gouvernement électronique en est toujours aux balbutiements, pourquoi ?

— Il est toujours au stade du développement. Le ministère du Développement administratif accorde un grand intérêt à ce projet qui a attiré le soutien des différents ministères dont celui des télécommunications qui lui apporte son aide à travers l’infrastructure technologique. Cependant, le ralentissement est lié à plusieurs facteurs enchevêtrés, dont la culture du citoyen et sa confiance dans les régimes électroniques et les réseaux de communication, ainsi que la disponibilité des services qui lui sont proposés sur le réseau Internet. De nouvelles générations sont formées pour traiter continuellement avec ce genre de technologie. N’oublions pas de mentionner que le système de paiement en ligne se trouve dorénavant partout en Egypte et fait l’objet d’une expansion.

— La révolution des télécommunications n’a pas atteint la plupart des écoles et des organismes gouvernementaux en Egypte, que faites-vous pour résoudre ce problème ?

— Les organismes gouvernementaux sont inscrits dans le programme du gouvernement électronique que nous avons évoqué. Pour les écoles, j’aimerais mettre la lumière sur une philosophie générale selon laquelle le secteur des télécommunications est plus large et plus global que le ministère. Le secteur comprend le ministère qui définit les politiques, l’organisme régulateur des communications qui assume la responsabilité du processus de régularisation et de contrôle, des multinationales régionales et égyptiennes qui opèrent dans ce domaine, ainsi que des moyennes et petites entreprises.

En réalité je voudrais mettre en lumière un nombre de projets réussis accomplis en coopération avec le ministre de l’Education et celui de l’Enseignement supérieur dont les écoles intelligentes lancées par Dr Ahmad Nazif, le premier ministre, lorsqu’il était en charge du portefeuille des télécommunications.

Il y a un autre projet, celui des 100 écoles parrainées par Suzanne Moubarak, épouse du président. Il est actuellement en voie d’expansion à travers l’Association d’Héliopolis dans d’autres gouvernorats.

— Comment l’Egypte peut-elle devenir productrice et pas seulement consommatrice de produits de la technologie des télécommunications et des informations, comme l’Inde notamment ?

— Tout d’abord, nous ne devons pas oublier que l’Inde est en avance sur l’Egypte dans ce domaine. N’oublions pas non plus que le volume de ses exportations est important. Outre le fait que l’Inde possède les expertises et le personnel qualifié présent aux Etats-Unis et dont le nombre est estimé à des centaines.

Il est vrai que nous importons les composants de la technologie. Mais nous essayons de nous distinguer dans le domaine de l’exportation des services technologiques. En Egypte, nous essayons de promouvoir la société dans son ensemble de manière harmonieuse. L’Egypte est capable d’exporter les services technologiques. Elle a été classée 12e parmi les pays prometteurs dans ce domaine. L’Egypte jouit d’un emplacement géographique exceptionnel, surnommé Time Zone et les câbles internationaux la traversent.

L’Egypte est aussi caractérisée par les cadres humains qui prennent en charge la formation des générations futures pour former un socle capable d’entrer dans la concurrence mondiale. Nous avons un plan que nous exécutons à travers l’Organisme du développement de l’industrie de la technologie des informations en coopération avec les multinationales comme Alcatel-lucent et Orange qui bénéficient du marché égyptien qui est un foyer d’exportation vers les pays voisins depuis déjà 8 ans. En contrepartie, ces compagnies forment les cadres et le personnel égyptiens. L’expérience égyptienne a réussi à attirer davantage de multinationales.

— Comment l’Egypte pourra-t-elle attirer les investissements des multinationales opérant dans le domaine des télécommunications et quelles sont les mesures devant être prises à ce niveau ?

— Les investissements des multinationales dans ce domaine en Egypte sont estimés à environ 1 milliard de dollars par an. Non pas uniquement dans le domaine de l’exportation des services, mais dans celui de la téléphonie fixe, des portables, de l’Internet, et des infrastructures technologiques.

Pour ce qui est de l’exportation, nous avons un plan qui vise d’ici l’an 2010 à porter les exportations des services à 1,1 milliard de dollars. Actuellement, elles sont chiffrées autour des 450 et 500 millions de dollars par an. Mais aussi entraîner le personnel et le former sur le niveau linguistique et technologique. Il s’agit également de proposer une infrastructure de qualité aux multinationales qui viennent en Egypte pour investir dans ce domaine. Il est nécessaire de simplifier les procédures aux compagnies qui viennent investir en Egypte et entretenir un dialogue entre elles et nos différents organismes afin de jeter les fondements du développement de ce secteur.

— Qu’est-ce qui a été fait pour éviter la répétition de la panne survenue au niveau d’un câble sous-marin, qui a privé des milliers d’utilisateurs de l’Internet début février ?

— Les multinationales n’ont toujours pas déterminé la raison derrière la rupture de ces câbles sous-marins. Mais elles se sont contentées de dire dans un premier temps que c’était en raison des mauvaises conditions météorologiques ou d’un accident de bateau. Cependant, elles ont totalement écarté l’éventualité d’un acte terroriste. En ce moment, nous faisons notre possible pour trouver des alternatives aux câbles qui passent par le Canal de Suez et le sud-est asiatique et ce pour éviter de dépendre d’une seule ligne de câbles. Nous essayons simultanément d’orienter les nouveaux investissements vers l’installation de nouveaux câbles maritimes.

Propos recueillis par
Magda Barsoum

 




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