Taxi du Caire.
Un projet du ministère de l’Environnement permet aux
chauffeurs de remplacer leur véhicule hors d’âge et polluant
par un neuf roulant au gaz naturel.
Cure de jouvence
Ils
sont des dizaines de milliers de taxis, précisément 148 000,
qui émettent chaque jour leur fumée d’échappement dans la
capitale égyptienne. Ces voitures, souvent âgées de 30 à 40
ans, constituent en plus, en raison de leur lenteur et de
leurs pannes fréquentes, une entrave à la circulation. « Sur
le pont du 6 Octobre, toutes les 10 minutes, un vieux taxi
tombe en panne et est à l’origine d’un embouteillage. Pire
encore, ces véhicules aux pots d’échappement défaillants
rejettent des fumées blanches, parfois noires, qui à leur
tour asphyxient les occupants des véhicules d’alentour »,
assure Ahmad Aboul-Séoud, responsable du secteur de la
qualité de l’air au sein de l’Agence Egyptienne pour les
Affaires de l’Environnement (AEAE).
C’est pourquoi le ministre d’Etat pour les Affaires de
l’environnement, Magued Georges, a décidé de lancer un
projet national visant à résoudre une partie du problème de
la pollution en facilitant l’achat de nouveaux taxis
fonctionnant au gaz naturel (GNV). La priorité sera accordée
aux remplacements de modèles antérieurs à 1970. « Nous avons
décidé de commencer par les taxis, car ils sont parmi les
sources de pollution les plus graves au Caire. Ils roulent
entre 8 et 10 heures par jour. Donc, la pollution qu’ils
occasionnent est importante. Il suffit de savoir qu’en
général, les pots d’échappement des véhicules sont
responsables de 26 % de la pollution de l’air en Egypte »,
avoue Aboul-Séoud.
En effet, ce projet, dont la première phase a été lancée en
2007, est le fruit d’une coopération entre le ministère des
Finances (contribution de 5 millions de L.E.), celui de
l’Environnement (5 millions de L.E.) et la Banque nationale
pour le développement et il vise à remplacer graduellement
les anciens taxis par d’autres neufs. « Lors du lancement du
projet, nous avons reçu 2 000 demandes en deux semaines,
mais nous étions obligés de commencer par un nombre limité
», précise Aboul-Séoud. Durant la première phase, 100 taxis
de modèle antérieur à 1970 ont été retirés de la
circulation. A travers la seconde phase, qui a commencé en
septembre 2007, 1 000 autres taxis ont été mis hors service.
Ainsi, un nombre total de 1 100 taxis a-t-il été remplacé en
une seule année.
Prêt de 15 000 L.E.
Pour bénéficier de ce projet, il faut d’abord présenter au
ministère de l’Environnement un certificat signé de la
Direction de la circulation prouvant l’état délabré du
véhicule ; chaque chauffeur ayant l’intention de remplacer
son ancien taxi pourra recevoir un prêt de 15 000 L.E. pour
acheter une nouvelle voiture. Abdel-Qader Ragab, chauffeur
de taxi, et un des premiers bénéficiaires de l’initiative,
explique le déroulement des démarches : « Une fois les 15
000 livres égyptiennes reçues, j’ai versé 11 750 à la Banque
Nasser, 5 000 au concessionnaire de voitures, 850 L.E. pour
l’assurance tous risques de la voiture. Il me reste 750 L.E.
à payer tous les mois pendant six ans et sans intérêt ».
Emad Hanna, un autre chauffeur de taxi, souligne de son côté
les économies permises par un fonctionnement au gaz naturel
: « Un véhicule neuf roulant au GNV est non seulement plus
propre, mais permet aussi de faire des économies d’argent.
Si je roule 200 km par jour, cela me coûte 42 L.E.
d’essence, contre 12 L.E. de GNV ». Concernant l’aspect
extérieur, les nouveaux taxis gardent les mêmes couleurs
noires et blanches. Ils sont, de plus, équipés d’un compteur
électronique qui doit délivrer au client une facture de la
course effectuée. Le gouvernorat entend par la suite
généraliser l’usage de ce genre de compteurs.
Ce projet, qui s’inspire de l’exemple de plusieurs pays
comme le Canada, fait ainsi d’une pierre trois coups :
réduction du problème de la circulation, économie d’énergie
et réduction de la pollution de l’air du Caire. Le ministère
de l’Environnement espère remplacer 40 571 taxis antérieurs
à 1980. 2 033 tonnes d’oxyde de nitrogène, 20 000 tonnes de
dioxyde de carbone par an ne seraient plus, de la sorte,
émis dans l’atmosphère cairote.
Manar
Attiya