Al-Ahram Hebdo,Environnement | Cure de jouvence 
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 Semaine du 19 au 25 mars 2008, numéro 706

 

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Environnement

Taxi du Caire. Un projet du ministère de l’Environnement permet aux chauffeurs de remplacer leur véhicule hors d’âge et polluant par un neuf roulant au gaz naturel.  

Cure de jouvence  

Ils sont des dizaines de milliers de taxis, précisément 148 000, qui émettent chaque jour leur fumée d’échappement dans la capitale égyptienne. Ces voitures, souvent âgées de 30 à 40 ans, constituent en plus, en raison de leur lenteur et de leurs pannes fréquentes, une entrave à la circulation. « Sur le pont du 6 Octobre, toutes les 10 minutes, un vieux taxi tombe en panne et est à l’origine d’un embouteillage. Pire encore, ces véhicules aux pots d’échappement défaillants rejettent des fumées blanches, parfois noires, qui à leur tour asphyxient les occupants des véhicules d’alentour », assure Ahmad Aboul-Séoud, responsable du secteur de la qualité de l’air au sein de l’Agence Egyptienne pour les Affaires de l’Environnement (AEAE).

C’est pourquoi le ministre d’Etat pour les Affaires de l’environnement, Magued Georges, a décidé de lancer un projet national visant à résoudre une partie du problème de la pollution en facilitant l’achat de nouveaux taxis fonctionnant au gaz naturel (GNV). La priorité sera accordée aux remplacements de modèles antérieurs à 1970. « Nous avons décidé de commencer par les taxis, car ils sont parmi les sources de pollution les plus graves au Caire. Ils roulent entre 8 et 10 heures par jour. Donc, la pollution qu’ils occasionnent est importante. Il suffit de savoir qu’en général, les pots d’échappement des véhicules sont responsables de 26 % de la pollution de l’air en Egypte », avoue Aboul-Séoud.

En effet, ce projet, dont la première phase a été lancée en 2007, est le fruit d’une coopération entre le ministère des Finances (contribution de 5 millions de L.E.), celui de l’Environnement (5 millions de L.E.) et la Banque nationale pour le développement et il vise à remplacer graduellement les anciens taxis par d’autres neufs. « Lors du lancement du projet, nous avons reçu 2 000 demandes en deux semaines, mais nous étions obligés de commencer par un nombre limité », précise Aboul-Séoud. Durant la première phase, 100 taxis de modèle antérieur à 1970 ont été retirés de la circulation. A travers la seconde phase, qui a commencé en septembre 2007, 1 000 autres taxis ont été mis hors service. Ainsi, un nombre total de 1 100 taxis a-t-il été remplacé en une seule année.

 

Prêt de 15 000 L.E.

Pour bénéficier de ce projet, il faut d’abord présenter au ministère de l’Environnement un certificat signé de la Direction de la circulation prouvant l’état délabré du véhicule ; chaque chauffeur ayant l’intention de remplacer son ancien taxi pourra recevoir un prêt de 15 000 L.E. pour acheter une nouvelle voiture. Abdel-Qader Ragab, chauffeur de taxi, et un des premiers bénéficiaires de l’initiative, explique le déroulement des démarches : « Une fois les 15 000 livres égyptiennes reçues, j’ai versé 11 750 à la Banque Nasser, 5 000 au concessionnaire de voitures, 850 L.E. pour l’assurance tous risques de la voiture. Il me reste 750 L.E. à payer tous les mois pendant six ans et sans intérêt ». Emad Hanna, un autre chauffeur de taxi, souligne de son côté les économies permises par un fonctionnement au gaz naturel : « Un véhicule neuf roulant au GNV est non seulement plus propre, mais permet aussi de faire des économies d’argent. Si je roule 200 km par jour, cela me coûte 42 L.E. d’essence, contre 12 L.E. de GNV ». Concernant l’aspect extérieur, les nouveaux taxis gardent les mêmes couleurs noires et blanches. Ils sont, de plus, équipés d’un compteur électronique qui doit délivrer au client une facture de la course effectuée. Le gouvernorat entend par la suite généraliser l’usage de ce genre de compteurs.

Ce projet, qui s’inspire de l’exemple de plusieurs pays comme le Canada, fait ainsi d’une pierre trois coups : réduction du problème de la circulation, économie d’énergie et réduction de la pollution de l’air du Caire. Le ministère de l’Environnement espère remplacer 40 571 taxis antérieurs à 1980. 2 033 tonnes d’oxyde de nitrogène, 20 000 tonnes de dioxyde de carbone par an ne seraient plus, de la sorte, émis dans l’atmosphère cairote.

Manar Attiya

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