Al-Ahram Hebdo,Monde | Mainmise des Conservateurs
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 Semaine du 19 au 25 mars 2008, numéro 706

 

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Iran. Les Iraniens ont voté massivement lors du premier tour des législatives en faveur du Parti conservateur au détriment des Réformateurs, confortant ainsi son pouvoir.

Mainmise des Conservateurs

En attendant l’élection présidentielle de 2009, les Iraniens ont voté pour le premier tour des élections législatives destinées à élire les 290 députés du Parlement monocaméral, pour quatre ans. Un deuxième tour doit se tenir à une date encore non précisée, entre le 13 et le 27 avril. Selon le ministère de l’Intérieur qui a annoncé les premiers résultats, la principale liste conservatrice, le Front uni, affiliée au parti « le doux parfum de servir » du président Mahmoud Ahmadinejad, a remporté au moins 163 sièges, alors que la Coalition des réformateurs ambitionne de briguer au moins 20 % des sièges.

La circonscription de Téhéran où la compétition a été très dense entre les Conservateurs et les Réformateurs semble tout aussi donner l’avantage aux Conservateurs qui ont éliminé dès ce premier tour les principaux candidats de la Coalition.

Compte tenu de ces premiers résultats, les Conservateurs devraient maintenir leur position majoritaire au Parlement.

 Si pour beaucoup le scrutin était joué d’avance du fait de l’élimination de plus de 2 000 candidats, en majorité des Réformateurs, ces derniers ont néanmoins enregistré de bons scores dans les villes où ils étaient autorisés à se présenter.

Un grand nombre de candidatures des Réformateurs avait été rejeté par le Conseil des gardiens de la Constitution en raison de leur soi-disant insuffisante fidélité aux principes de l’islam ou encore à la Révolution islamique de 1979. Environ 7 600 candidatures avaient été recensées mais finalement 4 500 ont été retenues par ce conseil composé de religieux et de juristes chargé du respect de la Constitution et de l’islam.

Près de la moitié des sièges remportés par les Conservateurs correspondent à des circonscriptions où les Réformateurs n’étaient pas représentés.

Très souvent marginalisés et parfois même accusés de s’allier à des pays occidentaux, la trentaine de partis des Réformateurs ne semblent pas pour autant se résigner. Le représentant de ces partis « alternatifs », l’ancien président iranien, Mohammad Khatami, tente petit à petit de se repositionner dans la course aux prochaines élections présidentielles de 2009 profitant ainsi des critiques à l’égard de la politique économique de l’actuel président iranien Mahmoud Ahmadinejad. En effet, les inégalités et l’inflation se sont faites de plus en plus ressentir en Iran depuis ces dernières années alors que M. Ahmadinejad avait promis de « ramener le pétrole à leur table ».

Entre fervents partisans de la Révolution islamique, notamment ceux qui soutiennent la politique très conservatrice de Mahmoud Ahmadinejad, nationalistes engagés et ceux qui ont une approche plus rationnelle quant aux relations avec les Occidentaux, les Conservateurs apparaissent aujourd’hui divisés politiquement et présentent des intérêts divergents.

L’UE sceptique

Ces élections ont en revanche enregistré un taux de participation très important. Environ 44 millions d’électeurs, âgés de 18 ans et plus, étaient appelés à se rendre aux urnes vendredi pour renouveler le Parlement. Avec un taux ayant atteint plus de 65 %, ces élections législatives ont fortement marqué une différence avec les élections précédentes et notamment celles de 2004 où la participation avait enregistré un des taux les plus bas avec 51,2 %, alors que le plus élevé avait atteint 71 % en 1996.

Ce taux est d’autant plus remarquable, car ces élections ont été privées de campagne électorale classique.

Cette forte participation est considérée comme un message d’unité nationale par le président iranien destiné aux Occidentaux, qu’il estime hostiles au régime. En effet, l’Union européenne s’est interrogée sur leur légitimité laissant apparaître une profonde inquiétude quant aux conséquences qu’il pourrait y avoir dans le pays. La présidence slovène de l’UE a exprimé dimanche « sa profonde préoccupation devant le fait que les procédures électorales dans la République islamique d’Iran ont été au-dessous des standards internationaux ». Le ministère iranien des Affaires étrangères a aussitôt condamné ce jugement le qualifiant d’« inacceptable ».

Pour Téhéran, l’essentiel est que cette victoire a non seulement prouvé la confiance donnée aux partis conservateurs mais aussi permis de mesurer l’influence du président Mahmoud Ahmadinejad, alors que les prochaines élections présidentielles auront lieu l’année prochaine.

Lynda Kartout

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