Al-Ahram Hebdo, Arts | IAM fait vibrer les pyramides !
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 19 au 25 mars 2008, numéro 706

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Idées

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Arts

Musique. Le groupe de rap français IAM a fait pulser le Sphinx vendredi dernier. Képhren, Akhenaton, Shurik’n, Freeman et Imhotep ont présenté un concert exceptionnel sur le plateau de Guiza pour célébrer les 20 ans d’une carrière fulgurante.  

IAM fait vibrer les pyramides ! 

« L’idée de faire un concert au pied des pyramides est partie d’un délire », confie Philippe Fragione, alias Akhenaton, figure de proue du groupe. « Au début de notre carrière, on a lancé l’idée lors d’un show télévisé, et aujourd’hui le rêve prend forme ». Shurik’n, rappeur à la voix sombre et mélodieuse, se rappelle qu’à l’époque « on avait demandé à monsieur Moubarak de nous rapatrier ! », clin d’œil à leurs patronymes. D’ailleurs, comment ces rappeurs pharaonisés ont-ils choisi pareils noms de scène ? « Lors de l’implantation en France du mouvement hip-hop, tous les rappeurs ont choisi des noms à résonance américaine. On voulait déjà se démarquer du phénomène, et c’est par passion pour l’histoire égyptienne, berceau de l’humanité, qu’on s’est affublé de noms de pharaons », explique Akhenaton, avec l’accent griffé cité phocéenne qui les caractérise.

C’est en janvier dernier que les membres du groupe ont pour la première fois foulé le sol égyptien, lors du tournage d’un reportage réalisé par Audrey Estrougo, qui sera diffusé à Cannes en mai prochain. Malek Brahimi, alias Freeman, le troisième larron au micro d’argent, explique que devant les pyramides « on était comme des gamins à Walt Disney », et leur émerveillement a encore grandi lorsque Zahi Hawas leur a donné accès à des salles fermées au public. Ils ont poussé la visite jusqu’à Assouan, Louqsor et Gourna en janvier dernier pour les besoins du reportage, et la beauté des sites historiques n’a pas été l’unique aspect qui les a marqués. « Quand on voit la misère dans les petits villages, et les sourires pourtant si systématiques, on se dit que le mec qui crie à la misère en France alors qu’il vit avec le RMI (Revenu Minimum d’Insertion) n’a pas les pieds sur terre », affirme Freeman. « C’est sûr que cette leçon aura une influence sur nos textes à venir ». Plus politisé, Shurik’n ajoute, avec un grand sourire, qu’« on est venus pour effacer les traces d’un président qui prend des jets privés à 180 000 euros et pour marteler ses principes ! ».

Le groupe a décortiqué un à un les maux qui sclérosent la société française. Cinq albums à ce jour ont pointé du doigt le racisme, la vie dans les cités défavorisées, et les inégalités avec un bagou sans langue de bois. Musicalement parlant, les influences de la musique arabe sont très présentes dans les morceaux d’IAM, qui « sample » volontiers Abdel-Halim Hafez entre autres. « La tradition de la poésie arabe s’inscrit dans les mêmes schémas que le rap, avec des vers sur 12 pieds », précise Akhenaton. « Mais il semble que la musique arabe ait subi les mêmes distorsions que la musique occidentale, trop commerciale ».

Les fans réunis vendredi sous un soleil de plomb, un peu écrasés par les degrés, toisés par le regard impassible du « père de la terreur », ont eu la surprise de voir sur scène Lotfi Bouchnaq et Cheb Khaled. La poésie classique du premier et la voix chaude du second ont confirmé l’engouement du public, déjà sous le charme des musiciens populaires et de l’orchestre national. Après deux heures de flow intensif, le mot de la fin est allé au personnel en grève du Centre culturel français, un mot de soutien et d’espoir.

Louise Sarant

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah - Chourouq Chimy
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.