Archéologie.
Une exposition exceptionnelle sur l’Egypte des pharaons et
le Mexique préhispanique, inaugurée récemment dans la
capitale mexicaine, met en valeur analogies et différences
entre deux vieilles civilisations.
Isis et le Serpent à plumes
Du
29 février jusqu’au mi-juin 2008, 350 œuvres appartenant à
d’importantes collections égyptiennes et mexicaines ont
enchanté le public mexicain. L’exposition « Isis et le
Serpent à plumes » offre l’occasion de découvrir, pour la
première fois, les analogies et la diversité de deux grandes
civilisations : la civilisation égyptienne qui date de 7 000
ans environ et celle de l’ancien Mexique. Il s’agit donc de
deux expositions parallèles et complémentaires.
Cette exposition majeure met en valeur deux célèbres
symboles de deux civilisations, celle de l’Egypte et celle
du Mexique. Isis est l’un des symboles de la fertilité et de
la connaissance, les plus importantes valeurs dans l’Egypte
des pharaons. Extrêmement populaire associée à Osiris, Isis
incarne les valeurs de la mère universelle et de l’épouse
modèle. Certes, il est question d’égyptologie, mais il est
question aussi du Serpent à plumes, Quetzalcoatl, le symbole
principal du Mexique pré-hispanique, qui représente tout ce
qui est bon et sage. L’histoire de ces deux symboles sera
racontée par les 350 pièces participant à l’exposition qui
ont été réparties dans les salles du Musée national de
l’anthropologie de la capitale Mexico City, dans une
muséographie originale et soignée qui répond à une
proposition académique très sérieuse.
Les collections préhispaniques viennent de nombreux musées
mexicains et des plus remarquables zones archéologiques du
pays, citons entre autres le Musée national de
l’anthropologie de Mexico City, le Musée d’anthropologie de
Xalapa, à Veracruz, le Musée de site Castillo de Teayo à
Veracruz, le Musée de site de Teotihuacan et le Musée
national d’anthropologie Carlos Pellicier Camara de Tabasco.
Les pièces égyptiennes présentées à l‘exposition proviennent
quant à elles de trois musées égyptiens, du Musée du Caire,
du Musée gréco-romain d’Alexandrie et du Musée de Louqsor.
D’autres pièces proviennent aussi de plusieurs zones
archéologiques de l’Egypte, citons celles de Louqsor, de
Karnak, de Dendérah et d’Assouan.
Le président mexicain, Philippe Calderon, a participé à
l’inauguration de l’exposition en compagnie de certains
ministres et de hauts responsables et hommes d’affaires
égyptiens et mexicains. Le président mexicain a exprimé sa
satisfaction, qualifiant d’excellence cette exposition, et a
salué la contribution égyptienne dans le domaine de la
culture. Il a fait remarquer l’importance de cette
présentation qui réunit deux grandes civilisations
millénaires et présente des pièces. Une délégation
égyptienne, présidée par Farouk Hosni, ministre de la
Culture, regroupant Zahi Hawas, secrétaire général du
Conseil suprême des antiquités, ainsi que Mohamad Ghoneim,
coordinateur général du projet du grand musée égyptien, qui
a eu l’occasion de faire la promotion du nouveau musée et
d’essayer de collecter des dons pour accomplir les travaux
de la construction de ce musée, qui renfermera environ 100
000 pièces et dont l’inauguration est prévue en 2011.
L’audience a apprécié l’exposition archéologique égyptienne
la classant en tête de toutes les expositions tenues dans le
monde entier. Le flux des Mexicains à l’exposition a
commencé dès son inauguration. D’ailleurs, la première
édition de l’exposition tenue en 2007, dans une ville au
nord du Mexique, a attiré 500 000 visiteurs.
Selon les experts en l’organisation de telles manifestations
archéologiques, il est prévu que le nombre de visiteurs
durant les quatre mois de sa tenue à la ville de Mexico City
atteindra quelque 600 000 et pourquoi pas un million de
visiteurs. Certes, le colloque qu’a animé, durant la
première semaine de l’inauguration de l’exposition, le Dr
Zahi Hawas, et qui avait comme thème les récentes
découvertes archéologiques en Egypte, a attiré des centaines
de curieux et d’amateurs de l’histoire de l’Egypte ancienne.
L’exposition « Isis y la Serpiente Emplumada » a eu lieu à
la ville de Monterrey, au nord du Mexique en septembre 2007
et jusqu’aux premiers jours de l’année 2008. Celle-ci a eu
un grand succès et a pu attirer plus d’un demi-million de
visiteurs mexicains et non-mexicains.
Cette exposition vient en fait en marge de la célébration du
50e anniversaire des relations diplomatiques entre l’Egypte
et le Mexique. Pour mieux faire connaître leur diversité
culturelle, les deux pays organiseront tout au long de
l’année 2008 divers événements et activités culturelles. «
Isis et le Serpent à plumes » fait partie donc du programme
d’échanges culturels entre le Mexique et l’Egypte en vue de
renforcer les relations entre les deux pays. Outre cette
exposition, Le Caire et Alexandrie accueillent à l’heure
actuelle une exposition mexicaine sur les textiles du
Mexique antique. Une autre exposition a été organisée
l’année dernière au Caire, plus précisément dans les locaux
de l’imposant palais mamelouk du prince Taz, ayant pour
thème les pyramides antiques du Mexique. Ce dernier est en
fait un pays où les gratte-ciel s’élèvent à côté des
pyramides millénaires.
Amira
Samir