Athlétisme.
Avec 14 médailles au total, le continent africain a
enregistré une performance sans précédent lors des Mondiaux
en salle qui se sont achevés le 9
mars à Valence (Espagne). Des résultats de bon augure à
quelques mois des Jeux olympiques de Pékin.
Une course aux JO bien entamée
Avec
6 médailles d’or, 4 d’argent et 4 de bronze, les Africains
ont satisfait leur continent lors des Mondiaux d’athlétisme
en salle qui se sont achevés le 9 mars à Valence (Espagne).
Parmi les grandes nations de la discipline, les Africains
ont prouvé une fois encore qu’ils étaient à la hauteur de la
compétition. Cette année, ils ont décroché un nombre de
médailles d’or plus important que celui des Etats-Unis,
premiers avec 5 médailles d’or, 5 d’argent et 3 de bronze.
C’est toujours l’Ethiopie qui brille avec ses 3 médailles
d’or, une d’argent et 2 de bronze.
La coureuse de fond éthiopienne Meseret Defar a réalisé un
exploit en décrochant son troisième titre consécutif. Defar,
championne olympique et du monde sur 5 000 mètres, a produit
un effort considérable dans le dernier tour pour s’imposer
sur 3 000 mètres en huit minutes 38 secondes et 79 centièmes
devant sa compatriote Meselech Melkamu et la Marocaine
Meriem Alaoui Selsouli. S’ajoute à cela le titre de l’Ethiopien
Deresse Mekonnen sur 1 500 m. D’abord vainqueur en 3’38”23,
l’Ethiopien avait été rapidement disqualifié pour avoir
visité l’extérieur de la piste. Déclassé et « offrant » la
victoire au Kényan Daniel Kipchirchir Komen (3’38”54),
Mekonnen avait immédiatement demandé réclamation. Aux
alentours de 22h30, les commissaires de la course sont
revenus sur leur décision et lui ont rendu sa médaille d’or.
En 3’38”82, Juan Carlos Higuero s’est hissé sur la 3e marche
du podium et a offert à l’Espagne sa première breloque. En
retrait tout au long de la course, le Bahreïni Rashid Ramzi
a déçu en ne se classant qu’à la 5e place (3’40”26). Son
compatriote Tariku Bekele a profité
de l’absence de son frère Kenenisa pour remporter facilement
le 3 000 m. Prenant résolument la tête à trois tours de la
fin pour imposer un sprint en progression, le cadet des
Bekeles a précédé, en 7 min 48 sec 23/100, le Kényan Paul
Kipsiele Koech (7:49.05) et un autre Ethiopien, Abreham
Cherkos (7:49.96). Le Nigérian Olusoji Fasuba a égalé sa
meilleure performance de la saison, en 6.51 secondes sur le
60 mètres, et a décroché sa première médaille d’or dans une
compétition majeure.
La seule déception africaine vient de la part de la
Mozambicaine Maria Mutola qui espérait décrocher sa huitième
médaille d’or sur 800 mètres lors de sa saison d’adieu en
salle, mais elle s’est contentée de la médaille de bronze
laissant l’or à l’Australienne Tamsyn Lewis et l’argent à
l’Ukrainienne Tetiana Petlyuk. La très belle surprise de la
compétition vient quant à elle du Soudanais Abubaker Kaki
Khamis qui a remporté le 800 m messieurs, en améliorant la
meilleure marque mondiale de la saison en 1 min 44
sec 81/100. Le prodige soudanais,
âgé de 18 ans et demi, a devancé l’expérimenté Sud-africain
Mbulaeni Mulaudzi (1:44.91), vice-champion olympique, et le
Bahreïni d’origine kényane Yusuf Saad Kamel (1:45.26). A 18
ans, Abubaker devient le plus jeune champion du monde en
salle. Lors des éliminatoires, sa tactique était claire :
prendre le début et ne rien céder. En finale, il commence la
course en force et réalise les premiers 200 m en 24.92 avec
le vice-champion olympique Mbulaeni Mulaudzi. Le Soudanais
accélère alors son rythme et fait une différence de 2 mètres
à 2 tours de la fin. Il distance le Sud-africain dans les
derniers 300 mètres. « Mon entraîneur m’a demandé d’être le
leader et de courir le plus vite possible, et cette tactique
a bien marché lors de cette course », déclare Kaki.
Avec cette performance, les Africains s’assurent une belle
entrée pour les JO de Pékin, tout en faisant de ces Mondiaux
une étape de préparation avant le grand événement.
Doaa
Badr