La division palestinienne
Morsi Attalla
Il
est vrai que le Hamas adopte des positions fort
intransigeantes et insiste dans de nombreux cas à nager à
contre-courant selon des raisonnements insensés. Cependant,
nous témoignons d’une intransigeance encore plus dangereuse
pratiquée par l’Administration américaine et par le
gouvernement d’Olmert. Cette intransigeance ne se traduit
plus par de simples pratiques tactiques. Elle est devenue le
fait d’une idéologie politique extrémiste !
Avant de parler du mouvement du Hamas et de son expansion
sur la scène palestinienne comme étant l’un des outils de
l’islam politique plus qu’un mouvement de libération
nationale, nous devons parler d’une érosion évidente de la
structure du mouvement du Fatah. Cette érosion a mené au
recul de son rôle et à l’effacement de son efficacité, car
le Fatah s’est bloqué dans l’impossibilité de réaliser un
quelconque succès sur la voie des négociations en tant
qu’alternative à l’Intifada sous l’ère de Yasser Arafat.
Le plus dangereux est qu’il n’existe aucune autre faction
palestinienne capable de remplir le vide politique et de
combler l’énorme fossé résultant du conflit entre les deux
mouvements, le Fatah et le Hamas. En effet, la majorité des
factions palestiniennes n’a ni de grande popularité ni le
même pouvoir dans les milieux palestiniens. Ce sont de
simples décors politiques rongés par la vieillesse et
incapables d’agir ou de se mouvoir. Et cela parce qu’elles
ne détiennent pas les fils du processus politique. De plus,
les idéologies politiques personnelles des directions
palestiniennes dominent ces factions.
Le mouvement national palestinien a grand besoin de marquer
un arrêt. Toutes ses directions doivent s’élever au-dessus
des comptes et des gains personnels pour atteindre le niveau
des sacrifices que présente le peuple palestinien encerclé
par l’atrocité de l’agression israélienne d’une part et par
la disparition de l’union nationale d’autre part.
La cause palestinienne a besoin d’une nouvelle équation
politique qui soit formulée par une coordination de diverses
factions politiques. Ceci implique en premier la suspension
de toutes les surenchères sur la meilleure méthode à suivre
pour réaliser le rêve de l’indépendance et de l’instauration
de l’Etat. Les Palestiniens doivent également dépasser les
énormes divergences dans les visions futuristes à travers
une lecture minutieuse et honnête des paramètres arabes,
régionaux et internationaux. Sans oublier la lecture de la
réalité palestinienne elle-même !
Il est vrai qu’une grande partie de la responsabilité de ce
qui se passe dans les territoires palestiniens et notamment
à Gaza retombe sur Israël en tant que pays occupant exerçant
l’une des plus atroces agressions contre les Palestiniens,
violant toutes les chartes internationales. Cependant, le
peuple palestinien doit lui aussi assumer une partie de la
responsabilité en mettant un terme à la division politique
et au chaos qui règne à Gaza. C’est cet état de chaos qui a
encouragé Condoleezza Rice à déclarer que ce qui se passe à
Gaza est la responsabilité du Hamas seulement, sans faire
aucune allusion aux agressions féroces d’Israël.
Se dresser face aux agressions est une preuve de courage,
c’est vrai. Cependant, prendre des décisions audacieuses et
justes sur la scène palestinienne nécessite un plus grand
courage encore.