Al-Ahram Hebdo, Idées | La logique d’un conflit 
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 12 au 18 mars 2008, numéro 705

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Idées

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Idées

Colloque. Invité au Salon Mohamad Auda, Abdel-Wahab Al-Messeiri, spécialiste du sionisme, est revenu sur les fondements théoriques de ce mouvement et les enjeux géo-stratégiques actuels.  

La logique d’un conflit  

Au moment où la bande de Gaza est tout entière embrasée par un « holocauste », selon les termes du vice-ministre israélien de la Défense, qui n’est autre chose que l’incarnation de la barbarie en pleine civilisation, le Salon Mohamad Auda, organisé le mercredi 5 mars au Syndicat des journalistes, s’est attaché à présenter une approche approfondie du conflit arabo-israélien. Une approche consistant à expliquer les visées du projet sioniste et sa conception du rôle politique de l’Etat d’Israël au niveau international. Le colloque a été animé par Abdel-Wahab Al-Messeiri, auteur de la fameuse encyclopédie sur Le Judaïsme dans le monde, universitaire de renom menant depuis trente ans des études concernant la société et la politique israélienne, ainsi que par le professeur Mohamad Hicham, spécialiste de littérature anglaise, mais aussi du projet sioniste.

Al-Messeiri est revenu sur les origines du conflit arabo-israélien, sur les premières vagues d’immigration vers la Palestine de juifs fuyant les pogroms et l’antisémitisme politique en Europe. Dans ce contexte, Théodor Herzl, fondateur du mouvement sioniste, obtient le soutien des dirigeants politiques des grandes puissances européennes. Un soutien qu’Al-Messeiri explique par deux types de réponses. La première est que les avancées militaires de Mohamad Ali avaient effrayé Londres. Pour Al-Messeiri, une Egypte moderne et puissante militairement, projetant sa puissance vers l’Est était une grave menace pour l’Occident. Sur un autre plan, Al-Messeiri a également fait remarquer qu’à la fin du XIXe siècle, La Question d’Orient agitait toute la scène internationale, autour du partage de l’Empire ottoman par le colonialisme européen. C’est dans ce contexte, qu’a été édictée la déclaration Balfour, le 2 novembre 1917. Et l’Etat d’Israël fut créé en 1948, géographiquement situé, entre l’aile asiatique du monde arabe et son aile africaine. Cette position géographique d’Israël visait essentiellement à contenir, endiguer l’Egypte et finalement l’empêcher de projeter sa puissance vers l’Est comme l’aurait souhaité Nasser un peu plus tard.

Historiquement, « le sionisme était et demeure un instrument de puissance de l’impérialisme occidental qui règne sur les richesses pétrolières, les territoires et les voies maritimes du monde arabe », explique Al-Messeiri. C’est ce qui fait « sa raison d’être, sa justification politique sur la carte mondiale, et la source même de sa force et de sa brutalité excessive ». Sans condamnation internationale aucune.

Le second intervenant, Mohamad Hicham, a développé son analyse, toujours dans une perspective établissant un rapport très étroit entre le sionisme et l’hégémonie américaine en soulignant que « depuis 2004 et jusqu’à Annapolis, le discours politique américain ne parle plus que de la judaïcité d’Israël, niant ainsi et catégoriquement le droit des Arabes à Jérusalem-Est et le droit des Palestiniens au retour ». C’est en quelque sorte une nouvelle déclaration Balfour, mais faite cette fois-ci par George W. Bush. En fait, Israéliens et Américains sont profondément inquiets de la croissance démographique des Palestiniens dans les territoires occupés.

« Et alors ? ». C’est ainsi que s’est soudainement exprimée une personne de l’auditoire du Syndicat des journalistes : « Que faire ? ». Dans sa réponse, Al-Messeiri insiste sur le fait que l’on aurait tort de penser que l’Occident agit conformément aux vertus de la raison comme voudrait bien le croire le président palestinien Abou-Mazen. En fait, l’Occident est plutôt matérialiste que rationnel. Par conséquent, « la résistance armée contre l’occupant israélien est une capacité de nuisance aux intérêts occidentaux et c’est dans cette nuisance que réside le règlement du conflit, parallèlement aux négociations ».

Un point de vue qui ne fait pas l’unanimité dans le débat en cours actuellement sur les voies de sortie de la crise. Une seule chose est sûre : la priorité devrait être plutôt accordée à une vie digne pour les Palestiniens.

Khaled Abdel-Azim

Retour au sommaire

 

La liberté des médias au Forum pour la réforme arabe

 

A l’heure où les gouvernements arabes s’apprêtent à mettre en place la charte récemment approuvée par les ministres arabes de l’Information, destinée à « régir le travail des médias », comment envisager l’exercice de cette activité à la lumière des restrictions croissantes ? Cette question a dominé les débats de la cinquième édition du Forum pour la réforme arabe, qui a réuni, du 2 au 4 mars à la Bibliothèque d’Alexandrie, près de 400 représentants des médias, ONG et de presque toutes les tendances idéologiques actuelles de la rue arabe, autour du thème : « Les Médias, la démocratie et la responsabilité sociale ». Cette charte a été refusée par la quasi unanimité des participants dès la séance d’ouverture. « Comment exercer le travail médiatique, alors que les chefs d’Etat sont protégés par leur immunité et veulent être épargnés de toute critique ? », s’est demandé le Libanais Jehad Al-Khazen, doyen des journalistes arabes.

Tout au long de ces deux jours, il a été question de sujets tels que : les médias entre liberté et responsabilité, le rôle des médias dans l’instauration des pratiques démocratiques ou le rôle émergent des médias électroniques. De beaux titres, mais par où commencer, alors que le monde arabe se caractérise essentiellement par l’absence de libertés fondamentales ? L’état des lieux est triste : l’ensemble des pays arabes se retrouvent aujourd’hui très bas (entre les 85e et 162e positions) dans les rapports internationaux mesurant le respect de la liberté d’expression. « On nous demande de nous concentrer sur la notion de responsabilité, alors que nous n’avons pas encore éprouvé de liberté. On oublie que responsabilité et liberté sont le revers d’une même médaille », estime un des participants. En ce qui concerne le rôle des médias dans l’instauration de la démocratie, il est question encore une fois de l’élargissement de l’espace accordé aux libertés. Car, comme l’a bien exprimé l’une des participantes, l’état de la liberté d’expression dans une société est le pouls à travers lequel on mesure « sa santé », son éloignement ou sa proximité des principes de la démocratie. Une belle manière de rappeler qu’il ne peut être question de démocratie sans  liberté.

Randa Achmawi

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah - Chourouq Chimy
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.