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 Semaine du 12 au 18 mars 2008, numéro 705

 

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Economie

Privatisation. En dépit d’une forte opposition de l’opinion publique, la Banque Centrale d’Egypte a choisi 5 banques étrangères pour l’achat des 67 % de la Banque du Caire.

Acheteurs non gratta

Une banque parmi les 5 étrangères choisies pour entrer dans la course remportera prochainement la transaction de la Banque du Caire. Une réalité difficile à avaler par l’opinion publique. « Le gouvernement pourrait bien attendre la conclusion de la fusion de la CIB avec la banque Arab African International. Ce serait une entité égyptienne capable d’acheter la part publique mise en vente de la Banque du Caire », s’insurge Ismaïl Hassan, président de la Banque Misr Iran, en réaction au choix de la liste restreinte de 5 banques étrangères par la BCE. L’ancien gouverneur de la Banque centrale explique de plus que la CIB était à la tête des candidats intéressés par l’acquisition de la banque numéro trois du pays. Or, l’exclusion de banques nationales de la course dévoile une tendance gouvernementale à vendre cette banque à des poids lourds financiers internationaux. Le gouvernement se frotte déjà les mains à l’idée de la grosse recette que dégagera cette transaction qui va au-delà des 2,5 milliards de dollars. La liste renferme la banque britannique Standard Chartered PLC, une banque saoudienne Samba Financial Group, la banque grecque National Bank of Greece, la banque émiratie Dubai Masherqbank et un consortium qui unit la banque saoudienne Arab National Bank et la jordanienne Arab Bank Group. Le feu vert est donc donné aux concurrents d’effectuer des examens financiers et techniques de la Banque du Caire afin de présenter leurs offres d’achat finales. Le gouvernement espère conclure la vente avant la fin d’avril prochain.

Pour sa part, Hatem Sadeq, PDG de la banque libanaise Audi, ex-président d’Arab Bank, l’un des candidats à l’achat, a salué le choix de la BCE, les cinq bénéficient de grandes capitalisations et d’un grand réseau d’agences. Selon lui, « deux banques sont plus aptes à remporter la transaction, la National Bank of Greece et la Samba Financial Group ».

NBG se caractérise par une forte position financière, avec 90 millions d’euros d’actif dans le sud-est de l’Europe. Elle appartient à un pays membre de l‘UE, soutenue par un réseau de 571 agences et dispose d’un nombre de 9 millions de dépôts bancaires. Elle a récemment acquis la banque turque Finansbank et Vojvodjanska Banka en Serbie et elle est échangée dans les Bourses d’Athènes et de New York. Quant à la seconde, Samba, elle est gérée par la banque américaine Citigroup dont elle détient 23 %. Elle est considérée la plus grande entité bancaire dans la région après sa fusion avec la banque United Saudi Bank et possède une capitalisation de 24 milliards de dollars.

Or, depuis l’annonce de vente de la Banque du Caire, l’opinion publique grince des dents. Depuis deux semaines, le député parlementaire indépendant, Moustapha Bakri, avait déposé une interpellation revendiquant la remise de la vente jusqu’à ce qu’il y ait sur le marché une banque égyptienne privée capable de remporter la transaction. « Par la conclusion de cette transaction, la part des banques étrangères s’élèvera à 63 % du marché », souligne Moustapha Bakri, qui estime que les deux banques publiques qui restent sous la tutelle du public (les deux premières banques sur le marché) auront à lutter contre des géants internationaux pour préserver leurs places.

Ainsi, une question de taille s’impose : le gouvernement égyptien a-t-il bien calculé l’impact de cette vente sur le secteur bancaire égyptien ou bien a pris par la hâte d’en collecter les recettes, de quoi endiguer un déficit budgétaire énorme ?

Dahlia Réda

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