Festival de Créativité Artistique.
A travers les œuvres de 10 pionniers aux styles variés,
c’est autant leur histoire que celle de leur pays que l’on
retrouve au Salon d’Egypte.
Chroniques de vie
P
romener
le regard, rêver, passer d’une toile à l’autre pour examiner
la différence des styles et des sujets exposés ... Le
commissaire du Salon d’Egypte, Ihab Al-Labbane, également
directeur de la galerie Ofoq, a cherché cet effet
contemplatif.
La galerie accueille les œuvres de 10 pionniers âgés de plus
de 60 ans, ayant marqué chacun à sa façon l’histoire de
l’art en Egypte. A savoir : Zeinab Al-Séguini, Al-Ghoul
Ahmad, Helmi Al-Touni, Ahmad Fouad Sélim, Gamil Chafiq,
Farouq Chéhata, Moustapha Abdel-Moeti, Farghali Abdel-Hafiz,
Moustapha Al-Razzaz et Ahmad Nawar. L’an dernier, lors du
1er Festival des arts plastiques, les plus de 70 ans ont été
à l’honneur. Mais leurs œuvres avaient mal été agencées au
palais Al-Amir Taz, dans le Vieux-Caire.
Cette année, un espace spécial est réservé à chaque artiste
évoquant l’évolution de son parcours jusqu’à ses créations
les plus récentes. Les styles varient, allant de l’abstrait
dans les œuvres d’Ahmad Fouad Sélim, Moustapha Al-Razzaz,
Farouq Chéhata, Moustapaha Abdel-Moeti et Ahmad Nawar, au
genre plus symbolique de Gamil Chafiq avec ses motifs
préférés (poissons, chats, nus), passant par les femmes plus
naïves de Zeinab Al-Séguini. L’on retrouve aussi des «
icônes » qui nous transposent la patine des siècles, comme
c’est le cas avec Helmi Al-Touni qui choisit de rendre
hommage à l’art copte : la fougue et la fierté du cheval de
Saint Georges, etc. Le plus remarquable dans le Salon d’Egypte,
c’est la diversité, laquelle donne lieu à une sorte de
complémentarité. « L’agencement des œuvres repose sur le
contraste. De quoi garantir une meilleure observation ou
mise en relief », souligne Al-Labbane, ajoutant qu’à cette
occasion, un catalogue regroupant des commentaires du
critique Hani Aboul-Hassan est disponible à la galerie.
Celui-ci peut servir de guide au visiteur, étant loin des
formes classiques en « CV et
photos-passeport ». « Recourir à un jeune critique est une
manière de s’éloigner des textes répétitifs, favorisant une
vision plus fraîche. Le catalogue n’est qu’un moyen de
relater le parcours de ces pionniers, un témoignage pour les
générations à venir », conclut Al-Labbane.