Le Proche-Orient dans l’impasse
Morsi Attalla
Il
semblerait que la crise actuelle que vit le Proche-Orient
soit la plus dangereuse connue depuis des années. Il
semblerait également que cette crise pourrait être un
tournant décisif dans l’histoire et le destin de la région.
En effet, cette crise n’est pas une simple attaque
israélienne ou une campagne de vengeance contre les
Palestiniens du secteur de Gaza. Cette crise annonce les
prémices d’une catastrophe dont personne ne peut prédire les
conséquences.
Il est également question d’un défi énorme dont la source
essentielle est l’absence de politiques sages et
raisonnables.
Nous sommes effectivement face à un jeu régional et
international contre lequel le prédisent Moubarak a maintes
fois mis le monde en garde afin d’éviter de tomber dans des
pièges pouvant causer l’explosion de la région. Il est
également question de calculs compliqués avec des intentions
différentes chez les différentes parties, ce qui met le
monde face à des choix difficiles.
Il faut tout de même avouer qu’Israël est le premier
coupable et le premier responsable de la situation actuelle,
puisque qu’il mène la région vers un précipice dangereux
avec son occupation des territoires arabes et de ses
agressions continues. Les Israéliens devaient savoir que le
blocus imposé à Gaza, la démolition de ses villages et de
ses camps ainsi que la poursuite des assassinats ne peuvent
lui garantir la sécurité, laquelle ne se réalisera qu’avec
l’arrêt de l’occupation.
La crise a également connu des dimensions nouvelles et très
dangereuses. Car nous entendons dire qu’elle ne sert que
l’Iran qui pourrait certainement profiter d’une guerre
globale, puisque seraient détournés loin de lui les regards
de Washington. Or, pour être juste, rien ne prouve la
responsabilité de l’Iran en ce qui concerne les événements
actuels dans la région. Mais si cette responsabilité est
prouvée, de nombreuses interrogations seront soulevées, à
savoir qui fait la pluie et le beau temps avec Israël ? Et
pour le compte de qui sont lancés les missiles Qassam ?
D’autre part, il existe une grande différence entre le fait
que l’Egypte assume, avec contentement et conviction, ses
responsabilités face à la cause palestinienne, et le fait
que certains pensent que le grand cœur de l’Egypte puisse
mener à des dépassements qui touchent à sa souveraineté et
menacent sa sécurité nationale. En effet, des incidents
regrettables ont eu lieu au cours des derniers jours au
point de passage de Rafah, accompagnés de certaines voix
irresponsables qui pensent que la tolérance de l’Egypte est
sans limite et qu’il est possible que les frontières
égyptiennes soient franchies par des éléments armés menaçant
la sécurité du pays.
L’Egypte est volontairement restée en retrait du jeu des
conflits interpalestiniens et l’incompréhensible conflit
entre le Hamas et le Fatah. Elle est aujourd’hui appelée à
se dresser avec force face à ceux qui tentent de nuire à sa
position en tentant d’exploiter, non sans vices, la relation
connue entre la confrérie interdite en Egypte et le Hamas
sous blocus !