Al-Ahram Hebdo, Opinion | L’impasse
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 6 au 12 février 2008, numéro 700

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Opinion
 

L’impasse

Salama A. Salama

Il est tout à fait probable que les autorités égyptiennes ont réussi maintenant à contrôler entièrement les frontières et à prendre les mesures nécessaires pour régler les problèmes au passage de Rafah. Cependant, ces arrangements ne se compléteront que par l’instauration d’un système précis permettant, ne serait-ce que temporairement, aux habitants de Gaza d’obtenir les produits de première nécessité et les aides humanitaires. Ce sont ces mesures qui permettront d’avorter les plans israéliens visant à isoler le secteur de Gaza. Ils permettront aussi d’obliger Israël à respecter les conventions internationales qui le rendent responsable de ce secteur en tant qu’Etat occupant.

Cependant, ceci ne peut se réaliser que si les efforts égyptiens réussissent à convaincre l’autorité nationale et le Hamas de coopérer dans la gestion du passage de Rafah afin de garantir la libre circulation des marchandises et des individus et la sécurité de l’Egypte. Ce problème a surgi avant le début même des discussions auxquelles Le Caire avait appelé, avec le Fatah et le Hamas, séparément, car le président de l’Autorité palestinienne a posé des conditions draconiennes pour rejoindre la table des négociations avec le Hamas. Des conditions qu’il ne pose pas pour négocier avec Israël. Malgré toutes les accusations de complicité adressées au Hamas, le problème en fin de compte n’est pas un différend autour du pouvoir pour contrôler Gaza. Il s’agit plutôt d’un différend sur les conditions du règlement et sur la nature des relations avec Israël. Le Hamas et une grande partie du peuple palestinien sont convaincus de la nécessité d’allier la résistance à l’action politique. Par contre, le clan d’Abou-Mazen et l’Autorité jugent impossible de les associer. Ils sont convaincus que se dresser face à Israël et aux Etats-Unis ne sert à rien sauf à l’approfondissement des souffrances du peuple palestinien et à sa privation de ses droits élémentaires.

C’est là le dilemme historique que de nombreuses parties ne veulent pas reconnaître. En effet, l’ascension au pouvoir du gouvernement élu du Hamas à Gaza est considérée comme un renversement de la légitimité. La légitimité du pouvoir présidé par Abou-Mazen, reconnu par Israël, les Etats-Unis et l’Europe qui le considèrent comme capable d’effectuer les négociations d’Annapolis selon les conditions américaines et israéliennes et qui considèrent le Hamas comme un simple groupuscule terroriste œuvrant contre la paix !

Toutes les tentatives d’entente autour de ce sujet ont échoué entre le Fatah et le Hamas avant et après la chute du gouvernement d’unité nationale. L’accord de La Mecque, qui n’a pas duré longtemps, s’est aussi heurté à ce sujet. Il se peut que les discussions du Caire s’y soient heurtées.

Abou-Mazen insiste pour que l’Autorité palestinienne, la garde présidentielle, gère à elle seule les passages, écartant ainsi totalement le Hamas. C’est d’ailleurs la demande d’Israël et des Etats-Unis. D’autre part, le Hamas refuse catégoriquement d’abandonner le contrôle du passage de Rafah. Face à ce cercle vicieux, l’Egypte ne peut qu’aller de l’avant sur la voie de la sécurisation de ses frontières, même si elle doit coopérer avec le diable.

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah - Chourouq Chimy
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.