Taxis.
Emprunter un taxi dans une métropole comme Le Caire peut
être un véritable calvaire, comme en témoigne ce récit.
Faire du surplace au lieu d’avancer
La circulation place Tahrir est très mauvaise. La longue
file de véhicules avance à pas de tortue. Pour se rendre à
Mohandessine, quartier situé seulement à environ deux
kilomètres de Tahrir, la tâche est compliquée à cette heure
de la journée. Plusieurs taxis vides passent devant nous et
refusent de s’arrêter. Au bout d’une vingtaine de minutes,
un taxi décide enfin de s’arrêter. C’est une Fiat 1300 qui
date des années 1960. Si de l’extérieur, le véhicule a un
aspect acceptable, l’intérieur est en revanche dans un état
déplorable. Dès que vous y mettez le pied, un ressort qui
sort d’on ne sait où vous heurte le crâne. Les sièges sont
très élevés et, la tête presque collée au plafond, on se
sent très mal à l’aise. Quant au compteur, il est graisseux
et à moitié cassé. Le chauffeur s’excuse : « Désolé ! Je ne
sais pas pourquoi ces sièges sont si élevés. Le carrossier
qui me les a arrangés est un imbécile ». Il nous demande de
préciser exactement notre destination et se lance aussitôt
en direction de Mohandessine. Le pont semble bloqué et le
chauffeur commence le monologue des plaintes. « On ne peut
plus avancer d’un seul pouce dans ce pays. C’est
insupportable ! », se plaint-il.
A peine quelques mètres parcourus après avoir monté le pont
du 6 Octobre qu’un bruit de cafouillage se fait entendre et
le taxi s’arrête net. Le chauffeur tente de redémarrer, mais
en vain. « Excusez-moi une minute », signale le chauffeur
qui récupère un tournevis dans la boîte à gants et descend
du véhicule pour voir quelles sont les causes de la panne. A
peine ouvre-t-il le capot qu’une odeur de fumée se dégage du
moteur. Quelques minutes passent et le chauffeur est là à
bricoler le moteur. Puis, il revient. « C’est un problème
d’électricité, un fil a lâché », dit-il. Mais l’aventure
n’est pas finie. « Ça prendra quelque temps à réparer. Je ne
vais pas vous retenir. Vous pouvez prendre un autre taxi si
vous voulez », nous affirme le chauffeur. Une vingtaine de
minutes sont déjà passées depuis que le taxi s’est arrêté et
nous nous retrouvons sur le pont du 6 Octobre à chercher un
autre taxi. Quand on prend un taxi au Caire, il faut
vraiment s’attendre à tout.
Marianne Youssef