Al-Ahram Hebdo, Afrique | Une organisation paralysée
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 6 au 12 février 2008, numéro 700

 

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Afrique

Union Africaine. L’organisation panafricaine est plongée dans une série de crises complexes. Le 10e sommet récemment tenu à Addis-Abeba s’est clos avec de bien maigres propositions de mesures à prendre.

Une organisation paralysée

Tiraillés entre crises politiques meurtrières dans plusieurs pays du continent, les élections internes et les thèmes essentiels, les membres de l’Union Africaine (UA) ne savent plus où donner de la tête. Alors que le continent déborde de crises, il semblait ainsi presque dérisoire que le thème essentiel du 10e sommet de l’UA, qui s’est achevé le 2 février à Addis-Abeba, soit « l’industrialisation et le développement de l’Afrique ». « Il ne faut pas en rester au stade des incantations. L’UA doit dresser une feuille de route pour permettre aux pays de sérier leurs exportations, voir ce qu’en font les pays qui les achètent et les transforment et réussir à réaliser en Afrique cette transformation pour capter la plus-value », a ainsi estimé le président sénégalais Abdoulaye Wade. Mais ne fallait-il pas plutôt commencer par régler les multiples conflits qui déchirent l’Afrique ? La liste des sujets à discuter entre Africains demeure toujours longue.

Du coup, le sommet s’est contenté de mesures d’organisation concrètes et limitées. Sur le plan interne, les Etats membres de l’UA ont désigné le ministre gabonais des Affaires étrangères Jean Ping, président de la Commission de l’UA pour succéder à Alpha Oumar Konaré qui préside la Commission depuis 2003 et qui souhaitait quitter son poste. Ping est un homme de confiance de Omar Bongo Ondimba, doyen des chefs d’Etat du continent et fréquent médiateur des crises qui le secouent. Représentant la région d’Afrique centrale, M. Ping a été élu au premier tour de scrutin. Cette élection est intervenue après l’étude d’un rapport très critique sur le fonctionnement de la Commission de l’UA, organe exécutif de l’organisation, et la gestion de l’institution. « La priorité pour lui, c’est de continuer de travailler pour la création d’un gouvernement de l’Union comme étape à la création des Etats-Unis d’Afrique », a insisté Konaré. Ce dernier avait annoncé son départ de longue date, mais il avait été repoussé en raison des débats internes à l’UA sur la constitution des « Etats-Unis d’Afrique et du gouvernement de l’Union » et la réforme des institutions. Konaré avait souligné la nécessité de renforcer les pouvoirs de la Commission et notamment de son président. « Il est important que notre organisation, encore jeune, se renforce et tire les leçons des quatre années passées. Le président de la Commission doit avoir une réelle autorité pour mener un vrai travail d’équipe et asseoir une meilleure gouvernance », avait-il lancé. D’autre part, les chefs d’Etat et de gouvernements ont désigné le Kényan Erastus Mwencha, secrétaire exécutif du Marché commun des Etats d’Afrique australe et de l’Est (COMUSA), à la vice-présidence. Quant au nouveau président de l’UA, le président tanzanien, Jakaya Kikwete, a été nommé après avoir été élu à la présidence tournante de l’organisation. Le nouveau président de l’UA a affirmé que l’Afrique ne devait pas s’adresser à l’étranger mais prendre elle-même la responsabilité de son avenir, « qui est entre ses mains. Nous devons d’abord et avant tout compter sur nous-mêmes et pas sur le reste du monde, même si nos partenaires sont prêts à nous aider », a ajouté le président. La présidence tournante de l’UA devait revenir cette année à un pays d’Afrique de l’Est, mais le Soudan avait aussi posé sa candidature. Les pays de la région avaient écarté le Soudan, lui préférant la Tanzanie. En 2006 déjà, la perspective d’une présidence soudanaise avait provoqué un tollé, Khartoum étant accusé par des organisations humanitaires et une partie de la communauté internationale d’envenimer la crise dans la province soudanaise du Darfour. Dans le chapitre des crises et des violences, les deux nouvelles crises majeures sur le continent, les crises politiques meurtrières au Kenya et au Tchad, occupaient la part de lion dans les pourparlers des membres de L’UA. Cette dernière a désigné de nouveaux médiateurs pour sauver les deux pays. Le président nouvellement élu de la commission de l’UA, Jean Ping s’est déclaré « très inquiet » de la situation au Tchad et a rappelé que son organisation n’acceptait pas « de changements de gouvernement anticonstitutionnels ». Le sommet a souligné la nécessité du déploiement d’une opération de maintien de la paix des Nations-Unies en Somalie pour prendre le relais de l’Amisom et appuyer la stabilisation à long terme et la reconstruction post-conflit de la Somalie. Le communiqué final de l’UA a appelé ses Etats membres à « apporter tout l’appui nécessaire au gouvernement comorien dans ses efforts visant à rétablir au plus vite l’autorité de l’Union des Comores à Anjouan ».

Maha Salem

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