Tourisme.
Entretien avec Saadalla Agha
Al-Qalaa, ministre
syrien du Tourisme, qui met en relief la progression de ce
secteur d’activité dans son pays.
« Les Arabes sont les plus nombreux
à se rendre en Syrie »
Al-Ahram
Hebdo : Comment évaluez-vous la saison touristique 2007 en
Syrie ?
Saadalla Agha Al-Qalaa :
Nous avons reçu en 2007 plus de sept millions de touristes,
dont un million et demi sont des visiteurs d’une seule
journée. Cette année, l’Organisation Mondiale du Tourisme
(OMT) a donné des recommandations de compter les résidents
étrangers dans le pays parmi le nombre de touristes. On en
possède un million environ. Quant au revenu du tourisme, il
a atteint 2 milliards 800 millions de dollars, ce qui
constitue à peu près 28 % du PNB de la République syrienne.
— Quels sont les plus grands marchés du tourisme syrien ?
— Nos grands marchés occidentaux sont la Russie, l’Allemagne
et la France. Mais je dois mentionner que les Arabes sont
les plus nombreux à se rendre en touristes en Syrie. Ils
constituent plus de 74 % du mouvement touristique ici. On
reçoit aussi en Syrie plus de 300 000 Iraniens et Turcs par
an.
— Quelles sont les stratégies de promotion touristique que
vous adoptez en Syrie ?
— En fait, l’expérience touristique de la Syrie n’est pas
assez développée. Le ministère du Tourisme n’a été créé
qu’en 1972. Ainsi notre expérience dans ce domaine
n’est-elle pas aussi grande que celle de l’Egypte par
exemple. On n’a pas encore installé des bureaux de
représentation touristique dans les différents pays, mais
l’on a recours à des compagnies privées pour assumer cette
tâche actuellement. Elles nous font la promotion des
différents atouts du tourisme syrien comme le culturel à
Damas et Alep par exemple, le balnéaire à Lattaquié et le
safari à Homs. On sait que ce n’est pas une solution idéale,
puisque l’expérience en matière de promotion s’accumule chez
la société et non pas au ministère, mais elle nous réalise
la rapidité que l’on désire actuellement pour le
développement de cette industrie vitale pour l’économie
nationale. D’ailleurs, depuis deux ans, le secteur pousse
vite grâce à la création du Haut Conseil du tourisme qui
nous a soumis toutes les capacités pour pouvoir développer
le secteur du tourisme.
— Est-ce que vous adoptez le système des convois de
promotion touristique ?
— Certainement, on envoie des convois pour la promotion du
tourisme syrien depuis plus de cinq ans. Pendant la moitié
de l’année dernière, nos convois se sont rendus dans 12 pays
arabes et européens, entre autres l’Espagne, la
Grande-Bretagne, l’Allemagne, les Emirats arabes unis et le
Qatar. C’était très fructueux, puisque le mouvement
touristique en provenance de ces marchés a haussé vers la
fin de l’année avec un taux de 28 %.
— Damas a été déclarée capitale de la culture arabe, comment
allez-vous profiter de ceci dans votre promotion du tourisme
?
— On a commencé déjà à mettre cette information sur toutes
nos brochures de promotion tout en mettant en évidence les
différents aspects culturels et patrimoniaux de Damas, comme
la citadelle de Saladin, la grande mosquée des Omméyades, la
bibliothèque Al-Zahériya et autres. On offre aussi des
facilités aux touristes qui veulent assister aux festivités
de cet événement grandiose. En outre, on célèbre cette année
au mois de juin la commémoration de saint Paul qui est né à
Damas il y a 2000 ans.
— Est-ce qu’il y a une coopération avec le ministère
égyptien du tourisme ?
— Il existe déjà un accord signé en 2006 entre les
ministères du Tourisme des deux pays. Selon le programme
exécutif de cet accord, l’on échange l’expérience avec la
partie égyptienne, surtout au niveau des méthodes de
promotion les plus efficaces. On cherche aussi l’aide des
responsables égyptiens dans les méthodes de recensement du
nombre de touristes selon le système le plus fiable
recommandé par l’OMT qui est connu par le TSA (Tourism
Satellite Account). On cherche aussi avec le secteur privé
dans les deux pays la possibilité de faire un programme de
visite sur lequel figurent les deux pays, l’Egypte puis la
Syrie.
Propos recueillis par Dalia Farouk