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 Semaine du 27 Février au 4 Mars, numéro 703

 

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Voyages

Tourisme. L’Egypte a lancé une initiative de contact direct pour attirer les touristes syriens et jordaniens et régler leurs problèmes.

Opération de charme en direction
de Damas et Amman

Plus de 100 000 Syriens ont visité l’Egypte en 2007, un chiffre insuffisant si l’on prend en considération les fortes relations qui existent entre les deux peuples depuis l’union de 1958, cette éphémère République arabe unie qui, même après sa disparition, n’a pas compromis ces liens étroits. C’est pour cela que l’Association de la promotion du tourisme (ETA) a organisé pour la première fois un convoi qui s’est rendu en Syrie pour promouvoir le tourisme en provenance de ce pays. En fait, les statistiques de 2007 indiquent que le taux de croissance du tourisme arabe en Syrie a atteint environ plus de 20 %. En fait, cette hausse n’est pas imprévue. « C’est grâce aux convois de promotion envoyés au cours des quatre dernières années dans sept pays arabes que l’on a témoigné de cette hausse », affirme Amr Al-Ezabi, président de l’Organisation de la promotion touristique. Le procédé s’étant avéré efficace, les convois vont se rendre d’ici fin mai vers d’autres pays, la Libye, le Koweït, Bahreïn et les Emirats arabes unis. « C’est un excellent moyen de promotion touristique, d’autant plus qu’il s’agit de pays proches de la région, dont le nombre de citoyens n’est pas très grand. La preuve est palpable, puisque le nombre de touristes arabes se rendant en Egypte s’accroît d’un an à un autre », souligne Khaled Khalil, expert de tourisme arabe. De plus, c’était la première fois qu’un convoi égyptien se rende en Syrie. « C’est en fait un pays qui nous exporte un nombre très modeste de touristes, alors qu’avec un peu de promotion, on pourra non seulement doubler mais même tripler ce chiffre en une très courte durée, surtout que les relations de fraternité entre les deux peuples sont autant anciennes que profondes », reprend-il. En fait, ces convois constituent une approche directe et permettent de mieux connaître les différents centres d’intérêt du touriste syrien et plus généralement du touriste arabe. Cette initiative est basée sur le contact direct entre les touristes et les responsables du tourisme, les représentants des hôtels, des douanes, du contrôle des passeports, des visas et des tour-opérateurs, bref tous ceux qui traitent avec le touriste et qui désirent visiter l’Egypte. « Lors des convois qui ont eu lieu les années précédentes, on a pu régler beaucoup de problèmes qu’affrontaient les touristes arabes, comme les complications dans les procédures dans les aéroports et les ports, le caractère flou des prix des hôtels et autres », explique Amr Al-Ezabi, président de l’ETA. Selon lui, la délégation égyptienne a cette année organisé son voyage plus tôt que d’habitude parce que les études faites de la part des experts du ministère sur ce marché ont assuré que la plupart des Syriens ne sont pas assez aisés et doivent faire des épargnes avant de décider leur voyage. Pour ce, il fallait commencer la promotion tôt pour profiter tout de suite de la prochaine saison.

« Le touriste syrien a un goût diversifié. Il jouit de la mer à Charm Al-Cheikh, il aime visiter les trésors pharaoniques de Louqsor et prendre une croisière pour Assouan. Il n’est pas du tout comme les autres touristes arabes qui ne cherchent que Le Caire et ses boîtes de nuit », explique Gassan Qallach, propriétaire d’une agence de voyages qui travaille sur le marché égyptien. C’est ce que confirme Fouda Fouda, agent de voyage égyptien qui travaille avec le marché syrien il y a plus de 15 ans. « L’Egypte doit attirer plus de touristes syriens parce qu’ils ne causent aucun problème et respectent tout le programme des offres touristiques sur lequel il se sont mis d’accord avec l’agence de voyages, ce qui est ainsi plus lucratif, plus confortable et plus sûr pour le touriste lui-même ». Pour sa part, Nashaat Sanadiki, président de l’Association des agences de voyages syriennes, estime que le nombre de Syriens qui se rendent en Egypte est restreint parce qu’ils ne sont pas bien informés des différents atouts du tourisme égyptien et ils ne connaissent que les Pyramides et le Nil.

« Je pense que ce convoi est intervenu à temps, il a même beaucoup tardé pour faire connaître aux Syriens les faces diversifiées de l’Egypte comme destination de premier rang », a-t-il repris.

Un autre point qui a été débattu lors d’une réunion avec le conseil de l’Association des agences de voyages syriennes, c’est le manque des vols réguliers directs Damas – Charm Al-Cheikh. Pourtant, un nombre considérable de touristes syriens optent pour Charm pour y passer leurs vacances. Ahmad Hassan, PDG de la société d’aviation Express, a assuré que la compagnie Express va installer très prochainement au moins trois vols directs entre Damas et Charm Al-Cheikh.

 

Les Jordaniens ont aussi leurs problèmes

Bien que les Jordaniens viennent beaucoup plus en Egypte que les Syriens, ceux-ci confrontent des problèmes, mais d’un autre genre que ceux qu’ont les Syriens. En fait, plus de 180 000 Jordaniens viennent passer leurs vacances en Egypte. « Le mauvais traitement que confrontent les touristes jordaniens sur les frontières au port de Taba est devenu pour eux insupportable. Le touriste arabe vient toujours en second rang après l’européen et l’américain. Pourtant, c’est le Jordanien qui est exempté d’un visa d’entrée en Egypte. Bien que ce nouveau port a beaucoup facilité le passage entre l’Egypte et la Jordanie, le comportement des policiers sur la frontière reste un obstacle qui peut bien empêcher beaucoup de Jordaniens d’entreprendre de nouveau l’expérience mésaventureuse », se plaint Darwich Eweida, propriétaire d’une agence de voyages jordanienne. Ce n’est pas seulement la mauvaise organisation du port de Taba qui irrite les touristes provenant de la Jordanie, mais aussi beaucoup de tour-opérateurs jordaniens ont soulevé les problèmes du port de Noweiba qui est dans un état déplorable et qui ne convient pas avec le grand développement touristique de l’Egypte. Pour sa part, Amr Al-Ezabi a déclaré qu’il y a déjà un projet de réaménagement prévu de ce port qui souffre à cause des pèlerins qui l’utilisent au cours de l’année. Quant à Haïdar Ziadat, président de l’Association des agences de voyages en Jordanie, il estime que le problème qui a surgi dernièrement et qui a des effets négatifs sur le tourisme en Egypte, c’est le Overbooking (surréservation) dans les hôtels. « Parfois, l’agence réserve par exemple dix chambres un mois à l’avance et l’on est surpris, juste deux ou trois jours avant les voyages, avec un avertissement des hôtels égyptiens que le nombre de chambres qui nous avaient été réservées a été réduit à trois ou quatre chambres, ce qui met l’agence jordanienne dans un grand embarras et elle est obligée de payer des amendes aux clients. Si cela se répète, l’agence risque de fermer complètement ses portes. C’est un problème dangereux qui pourrait dissuader les agences jordaniennes de travailler sur le marché égyptien », assure-t-il. A cet égard, Chérif Ahmad, conseiller juridique du ministre du Tourisme, répond qu’il doit y avoir un contact direct avec les responsables au ministère égyptien du Tourisme à travers une ligne rouge qui existe effectivement. Une fois les autorités averties des transgressions des hôtels ou autres établissements touristiques, la punition est sévère et arrive jusqu’à la clôture de l’établissement et l’annulation de son licence.

Le tourisme interarabe

Le touriste arabe peut-il un jour visiter les Pyramides, l’ancienne Damas et Pétra dans un seul voyage bien organisé ? C’est en fait la question qui a été posée lors du convoi qui vise en premier à promouvoir le tourisme entre les trois pays arabes. Mais les obstacles qui entravent la réalisation d’un tel programme sont majeurs, dont le problème de communication qui réside dans la géographie du monde arabe où les déserts abondent. En Europe, les touristes peuvent facilement se déplacer en voiture ou même en vélo. « En outre, le manque de moyens de transport comme les trains à grande vitesse qui relient les différents pays européens et la culture du peuple arabe qui rêve toujours du plus loin et surtout de l’Europe et d’Amérique entravent le développement du tourisme interarabe », explique Maha Al-Khatib, ministre jordanienne du Tourisme. Mais les responsables officiels ont malgré tout lancé le ballon dans la cour des secteurs privés à qui incombe la tâche de créer des programmes réalisables qui traversent les trois pays.

Dalia Farouk

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Coullises

— La cérémonie organisée pour célébrer le convoi à Damas a été remise de deux heures afin que les spectateurs puissent suivre le match final de la Coupe d’Afrique des nations entre l’Egypte et le Cameroun.

— Pour la première fois, un grand écran a été placé à l’intérieur de l’Opéra pour que les organisateurs, les participants et les invités puissent suivre la finale.

— Après la victoire, le convoi s’est transformé en une manifestation dans laquelle tous les Syriens ont approuvé leur amour profond pour l’Egypte. Cette affection s’est avérée bien claire quand ils criaient avec les Egyptiens : « Vive l’Egypte, vive l’Egypte ».

— Dans le cadre de ces festivités, le chanteur Hani Chaker a animé une soirée à l’Opéra « La maison d’Al-Assad pour les arts et la culture », où il a eu un grand succès, surtout parmi les jeunes.

— La troupe de danse folklorique égyptienne Réda a donné deux séances, une à Damas et l’autre à Amman.

— La séance des derviches tourneurs donnée par un danseur de la troupe Réda a remporté beaucoup de succès parmi les spectateurs.

— La soirée organisée pour célébrer le convoi à Amman s’est tenue au palais royal de la culture au centre-ville. C’est le chanteur Medhat Saleh qui l’a animée.

 

 

 




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