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Football.
A la surprise générale, Essam Al-Hadari, gardien de but
international d’Ahli, a quitté son club pour rejoindre la
formation suisse de FC Sion, s’appuyant sur une clause
libératoire dans les s tatuts
de la FIFA.
La grande évasion
De « Danse, Hadari » et « Vive la grande muraille » à «
Chasser le traître » et « A bas l’ingrat ! ». En moins de 24
heures, le gardien de but international d’Ahli, Essam
Al-Hadari, est passé de rang de dieu vivant à un diable
maudit des supporters Rouges. Hadari a disputé son dernier
match avec Ahli contre Masri, 1-0, mercredi dernier, pour
prendre secrètement l’avion au matin du jeudi et aller
rejoindre la formation suisse de FC Sion, laissant les
dirigeants du club et tous les observateurs dans un état de
choc. « Nous avons appris la nouvelle le matin, et après
avoir effectué des appels, nous nous sommes assurés de son
authenticité. Hadari est parti pour la Suisse. Nous allons
prendre toutes les mesures légales pour protéger les droits
du club », a déclaré Hossam Al-Badri, l’entraîneur adjoint
et directeur de la section foot dans un communiqué officiel.
Ahli a en effet réclamé à la Fédération Egyptienne de
Football (FEF) de ne pas envoyer la licence du joueur à la
Fédération suisse sous prétexte qu’il est sous contrat avec
le club et qu’il n’a pas eu d’autorisation pour accomplir le
transfert. Les dirigeants cairotes ont aussi décidé de
hausser le ton en faisant appel devant la Fédération
Internationale de Football (FIFA) à l’encontre du joueur
mais aussi du club suisse. « La situation s’est compliquée
et a pris une tournure que je n’ai pas pu maîtriser. Hadari
a une telle personnalité qu’il peut lui-même décider de son
avenir. Je sais quel statut il a là-bas. C’est comme si
j’avais emmené un pharaon, le Sphinx ou l’une des Pyramides
», a déclaré le président du club de FC Sion, Christian
Constantin, au quotidien Le Matin.
L’affaire a fait couler beaucoup d’encre dans la presse
égyptienne et le débat est grand ouvert entre les pour et
les contre. « J’ai passé 12 ans à Ahli, ma grande maison.
Mais mon rêve de toujours c’était de tenter une expérience
en Europe. J’ai maintenant 35 ans et je n’aurai pas beaucoup
d’autres occasions. Pour moi, FC Sion n’est qu’une première
étape et j’espère pouvoir ensuite rebondir dans d’autres
grands clubs », s’est justifié le meilleur gardien de la
Coupe d’Afrique des nations 2006 et 2008, qui a été qualifié
de « Buffon d’Afrique » par la presse suisse. « Nous n’avons
jamais bloqué le transfert de nos joueurs, mais nous avons
toujours tenu à ce qu’ils aient des offres convenables pour
eux et pour nous aussi. Et là, Hadari n’a pris en compte que
son seul intérêt et a causé de grands dommages à Ahli », a
déclaré Adli Al-Qii, directeur du département de marketing
d’Ahli. Le champion égyptien avait déjà refusé une offre de
400 000 dollars de la part de FC Sion en raison de la
modestie de la somme.
Le départ de Hadari accule aussi les dirigeants du club dans
une impasse, puisqu’ils ne peuvent pas recruter un autre
gardien après la fin du mercato d’hiver, qui s’est clos le
31 janvier dernier. « L’affaire est grave et il faudrait
qu’on adopte une position stricte, sinon ce sera le chaos
total et tous les joueurs d’Egypte quitteront leurs clubs »,
ajoute Al-Qii.
La Grande Muraille, comme il aime être surnommé, a décidé de
quitter Ahli, bien qu’il soit encore sous contrat, en se
fondant sur l’article 17 du règlement de la FIFA et son
commentaire concernant le Règlement du statut et du
transfert des joueurs. Cet article énonce les raisons de la
rupture unilatérale des contrats et les sanctions
conséquentes, à savoir une suspension qui varierait entre
quatre et six mois outre une pénalité qui sera fixée au cas
par cas. « La résiliation dans les trois premières années
d’un contrat signé avant le 28e anniversaire du joueur
entraîne, outre le paiement d’une indemnité financière, des
sanctions sportives. Pour les contrats signés après le 28e
anniversaire du joueur, les mêmes principes s’appliquent
mais uniquement en cas de résiliation au cours des deux
premières années ». Le cas a fait beaucoup d’échos en Europe
en 2006 lorsque le débat fut grand ouvert avec l’affaire
Webster (voir encadré). Tous les clubs alors ont préféré
renouveler les contrats de leurs grandes vedettes afin
d’éviter le risque et de préserver la stabilité de l’équipe.
Mais selon les dirigeants d’Ahli, la décision de Hadari n’a
pas de fondements, car ce dernier a signé un nouveau contrat
de trois ans et demi en janvier 2007 et donc n’a pas franchi
les délais stipulés. Le gardien international a en tout cas
déclaré qu’il ne voulait pas entrer dans un bras de fer avec
Ahli.
Affaire
à suivre ... .
Karim
Farouk |