Football.
L’administration de Zamalek a reporté temporairement le
limogeage de Ruud Krol, le directeur technique de l’équipe,
en se contentant de remercier son adjoint Aymane Mansour.
La carte de la semi-continuité
Zamalek reste fidèle à son habitude de modifier, en cours de
saison, le cadre technique de son équipe de football. En
effet, après la victoire difficile de l’équipe 1-0 contre
Baladiyet Al-Mahalla, équipe de queue de classement, samedi
au Caire, le conseil d’administration du club a décidé de
remercier Aymane Mansour, l’adjoint de Ruud Krol, le
directeur technique néerlandais de l’équipe. Zamalek a nommé
à sa place Mohamad Helmi, ancien directeur technique de
Baladiyet Al-Mahalla.
La décision reflète l’agitation au sein du club, depuis la
reprise du championnat. Dans sa première apparition après la
CAN, l’équipe a subi une défaite 0-1 contre Ismaïli lors
d’un match comptant pour la 16e journée. Une défaite qui a
déchaîné la colère contre Krol. Ce n’est pas cette défaite
contre une puissante équipe comme celle d’Ismaïli, laquelle
jouait à domicile, qui est pas grave, mais c’est en fait la
performance très modeste de l’équipe qui pose problème.
Suite à cette rencontre, des voix se sont élevées au sein de
l’administration du club réclamant le limogeage de Krol et
son cadre technique. D’autres ont critiqué la faible
capacité des joueurs et ont demandé des sanctions contre les
joueurs qui, selon elles, ne méritent pas de porter le
maillot blanc. Face à ces pressions, Mamdouh Abbass, le
président du club, a pris la décision étonnante de limoger
Aymane Mansour suite à la rencontre contre Baladiyet
Al-Mahalla. « Je suis très surpris de la décision de
l’administration du club. Cette dernière a subitement
réalisé que je suis à l’origine des nombreux problèmes
techniques et administratifs qui ont empêché l’équipe de
remporter des titres ces 4 dernières saisons », déclare avec
ironie Mansour.
Les faiblesses restent les mêmes
Un seul homme peut-il porter le chapeau de la débâcle
actuelle de Zamalek ? Si Aymane Mansour et Ruud Krul ne
convainquent pas, il faut aussi dire que depuis le titre de
2004, sept entraîneurs se sont succédé à la tête du cadre
technique de l’équipe. Cela a commencé avec l’arrivée de
l’Allemand Dragoslav Stepanovic qui a dirigé l’équipe
pendant 3 mois, avant que le Brésilien Carlos Roberto Capral,
grâce à qui les Blancs avaient remporté le titre national en
2003, revienne une nouvelle fois aux commandes. Ce dernier
n’est resté que 5 mois avant de céder sa place à l’Allemand
Théo Bucker, limogé après le premier match de l’équipe en
championnat. Farouq Gaafar a ensuite remplacé Bucker pendant
3 mois avant de subir le même sort que son prédécesseur.
Puis le Portugais Manuel Cajuda a pris l’équipe en charge
pour une saison avant d’être remercié pour insuffisance de
résultats. Le célèbre technicien français Henri Michel a
alors été appelé pour redresser la barre. Mais durant son
mandat qui a duré 6 mois, il n’a pas réussi à faire mieux
que ses prédécesseurs et a quitté précipitamment l’Egypte
avant le début de cette saison. Secoué par ce départ,
l’administration de Zamalek a nommé Ruud Krol, ancien
directeur technique de Zamalek et de la sélection nationale
dans les années 1990.
Malgré la succession de ces entraîneurs, les faiblesses de
l’équipe restent les mêmes : une défense fragile, un milieu
de terrain absent et une attaque inefficace, isolée, sans
aucun soutien du milieu de terrain. Le jeu collectif de
l’équipe est complètement absent et ses victoires sont dues
en grande partie aux efforts individuels des joueurs et non
à un travail technique sur le terrain. « Ma mission sera
très difficile. L’équipe a besoin de beaucoup travailler sur
le plan technique, ce qui sera très difficile avec la
succession des matchs. Franchement, l’équipe est dans une
situation très compliquée actuellement. Mais je suis un fils
du club, je ferai mon maximum pour la remettre sur les rails
», confie Mohamad Helmi, le nouvel entraîneur de l’équipe.
Même si Helmi est nommé adjoint de Krol, selon des sources
au sein du club, le nouvel entraîneur se voit doté de larges
prérogatives techniques, ce qui risque de provoquer certains
accrochages avec le directeur technique. Des troubles qui
arriveraient à quelques jours du match contre Esmant Al-Suez,
le 6 mars prochain, pour les quarts de finale de la Coupe d’Egypte,
seul objectif du club après son échec en championnat. Mais
les supporters ne sont pas très optimistes sur la capacité
de leur équipe, et ils ont raison.
Mohamad Mosselhi