Le Salon du livre de Turin
défie les Arabes
Mohamed Salmawy
Duperie
Salama A. Salama
Deux mandats d’échecs
Morsi Attalla
Lire entre les lignes
Nawla Darwiche
Edito
Dans l’expectative
La
situation sécuritaire et humanitaire s’est considérablement détériorée ces
derniers jours au Darfour occidental, jetant des milliers de réfugiés sur la
route de l’exode. Cette dégradation tient au fait que les forces régulières
tchadiennes et les rebelles darfouris du Mouvement pour la justice et l’égalité
(JEM) ont lancé plusieurs attaques en territoire soudanais. L’armée soudanaise
a dit avoir lancé une opération de « nettoyage » afin d’ouvrir un couloir
humanitaire et d’éliminer des insurgés du Darfour et des rebelles tchadiens
qu’elle accuse d’attaquer les civils. Il s’agit de la deuxième opération en
quelques semaines contre le JEM au Darfour, région de l’ouest du Soudan en
proie à une guerre civile depuis maintenant cinq ans. Aux attaques des insurgés
dans l’ouest du Darfour, les militaires soudanais ont répondu par des frappes
aériennes qui ont fait des milliers de déplacés parmi les civils, dont beaucoup
ont gagné le Tchad voisin. Selon le Haut-Commissariat des Nations-Unies pour
les Réfugiés (HCR), les bombardements aériens de l’armée ont poussé au moins 10
000 personnes à fuir au Tchad ce mois-ci. Depuis le début de la guerre civile
en 2003, plus de 200 000 réfugiés du Darfour ont gagné le Tchad. Selon l’Onu,
57 000 civils ont fui leur foyer depuis la relance des combats fin 2007 entre
Khartoum et le JEM.
La
force de paix conjointe de l’Onu et de l’Union africaine au Darfour (Minuad),
lancée en janvier, a fait savoir qu’elle n’avait pas les moyens d’intervenir
pour empêcher les violences car elle n’a reçu à ce jour qu’une petite partie de
ses effectifs prévus. Seuls 9 126 éléments de la force mixte s’étaient déployés
jusqu’ici au Darfour, sur un total prévu d’environ 26 000. Les doutes sur la
composition de la Minuad persistent, alors que le président soudanais Omar
Hassan Al-Béchir a déclaré n’accepter que des contingents africains. Khartoum a
récusé des unités logistiques scandinaves et se montre réticente à l’arrivée de
soldats thaïlandais et népalais. Le ministre soudanais des Affaires étrangères,
Deng Alor, est néanmoins revenu sur cette position en déclarant que des
contingents non africains pourraient faire partie de la Minuad. De même, sur
les 24 hélicoptères de transport et de combat nécessaires, seule l’Ethiopie a apporté
cinq appareils, les autres pays se montrant peu pressés à l’idée de fournir ces
équipements.
Le
conflit au Darfour a déjà fait 200 000 morts et 2,5 millions de déplacés depuis
2003. Khartoum conteste le nombre de morts, parlant de seulement 9 000 victimes
dans cette zone, dont la population attend toujours une accélération du
déploiement de la force hybride et un règlement rapide du conflit. Leur
attente devrait bien durer.